"Islamophobie", la méprise ?

Il est donc possible que mon billet vienne paradoxalement cultiver ce qu'il veut mettre en doute et me semble de longue date être les développements éditoriaux par trop envahissants sur Mediapart, d'une méprise. (Risque classique... tant pis.)

J'ai lu l'entretien avec Olivier Le Cour Grandmaison consacré à son dernier livre et suivi de quelques extraits de l'ouvrage, au titre des "bonnes pages".
Et j'ai parcouru les commentaires.

Il est donc possible que mon billet vienne paradoxalement cultiver ce qu'il voudrait dénoncer et me semble de longue date être les développements éditoriaux par trop envahissants sur Mediapart, d'une méprise.
(Risque classique... tant pis.)

Le concept "d'islamophobie" n'a jamais été ma tasse de thé.
Et ce ne sont pas les recherches ou révélations sur ses origines et son histoire qui valent preuves de sa pertinence contemporaine, en contexte.

Pour faire court, je dirais que son usage relève me semble-t-il de la négation involontaire de notre émancipation du religieux.
Autrement dit, qu'au risque d'un brouillage insensé, cet usage (jusqu'à saturation immédiate des espaces médiatiques) revient à remettre au centre du débat public le fait religieux que notre république a eu tant de mal à écarter de la délibération politique.

Et cette "remise au centre" aussi anachronique puisse-t-elle paraître s'articule malheureusement mais parfaitement avec le regain des quêtes identitaires largement partagées par toutes les populations victimes déboussolées des crises et conflits inhérents à la dérive néolibérale. En France comme ailleurs.
On pourrait trouver mieux comme référentiel face à la dictature triomphante du fric et au cynisme de ses valets.
Et les sondages régulièrement publiés relativement à la perception de l'islam en France n'ont rien de rassurant.

En fait toute l'affaire me semble être un "jeu de dupes" offert en spectacle à ses futures victimes et dont les premiers perdants sont d'ores et déjà les "bien pensants de la lutte contre l'islamophobie".

J'entends par "futures victimes" cette immense et invariante majorité silencieuse qui fait les élections et que l'on renvoie implicitement mais si sournoisement à ses "racines chrétienne", cette peste dormante.
Cet habillage culturel "honorable" d'une haine raciale imbécile et millénaire, cultivés (la haine et son habillage) dès les origines (on peut sans doute évoquer le si glorieux Charles Martel et nos monarques croisés à sa suite) pour le seul service des appétits de pouvoir et de richesse des dominants (aujourd'hui comme il y a si longtemps).

La peur, voire la haine de l'islam ne sont me semble-t-il rien d'autre que le cache sexe à nouveau en vogue du bon vieux racisme ressourcé aux déboires d'un colonialisme somme toute très récent et catastrophique du début jusqu'à sa fin. Racisme qu'il convient de dissimuler. Pour l'instant.
Et l'instant risque d'être assez court si les imbéciles qui nous gouvernent le restent.

En conclusion, je me demande donc s'il ne serait pas préférable d'appeler un chat un chat.

Curieux d'avis divergents, j'ai préféré conclure mon titre par un point d'interrogation.
Si vous passez par là, ne vous gênez pas.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.