Tendre férule

Le respect à l'impératif ou la pratique de l'oxymore comme norme.

Voilà  les deux propositions qui sont successivement apparues en grisé , récemment, dans le cadre réservé à la rédaction de commentaire sur médiapart.

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On est prévenu, averti, entre les 5 verbes dont 4 à l'impératif de la première mouture et le couplet sur le respect qu'on doit, ça fleure un peu la liberté conditionnelle, l'intégration à la censure sensément vertueuse...non ?

Le respect à l'impératif ou la pratique de l'oxymore comme norme. Ou l'enraidissement de la pensée façon cadavre ?

Deux remarques pour entamer un éventuel débat.

Les attaques personnelles, entre personnes désignées telles, sont inévitables. Quelle que soit l'intention du rédacteur, il entrera en conflit avec tout lecteur dont le contenu idéologique diffère. Voilà pour le fond. Les insultes sont de l'écume aux lèvres. Paradoxalement plus signifiantes qu'on ne pourrait le croire, elles font partie d'une sincérité, d'un état des lieux de la relation. Hautement moins dommageable à terme que le corsetage de l'expression qui encourage les stratégies mensongères, les vocations de faussaires, en se détournant de tout accès à l'intelligence vive, laquelle agit malgré tout, indifférente par nature à l'autorité.

La tentation de tout circonscrire n'a  t-elle donc pas suffisamment montré sa réalité inepte ?

Au sujet du respect exigible, je fais court. Si je te dois le respect, aucun respect n'est possible entre nous. Ce que tu viens exiger de moi dans la relation est la négation de la relation respectueuse. À moins qu'il ne s'agisse que de "tenir en respect", ce qui, convenons en (?), est une proposition nettement plus armée.

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