Apparence de prosélytisme, prosélytisme de l'apparence

Billet publié à chaud, reproduisant un commentaire que j'ai écrit sur le billet des invités de médiapart "Le Sénat s’acharne contre les mères qui portent un foulard"

Qu'est-ce qui rend prosélyte un comportement  ?


L'intention qui y préside où ce qu'il soumet au regard ?


Être prosélyte est-ce exister de façon visiblement conforme à une idéologie, à une prétention identitaire ou est-ce exiger (ou dans la version soft, souhaiter) l'adhésion d'autrui à cette idéologie ?


Est-il possible à ceux qui considèrent que la laïcité doit être défendue de comprendre qu'on attrape pas une maladie virale devant la photo d'un virus ? 
Que l'effroi devant l'exposition d'une manière d'être, factuellement non intrusive sauf à considérer que toute manifestation de l'existence est menace (ce qui est le cas dans une représentation identitaire de l'être) , est l'expression d'une bêtise crasse ?


De là à considérer le paternalisme ou le maternalisme, enfin bref le parentalisme d'état qui protégerait ses enfants (ça c'est pour citer Macron !) de l'outrage ou de la contagion par l'interdiction faite à ses agents de revêtir l'aspect visuel qui leur correspondrait, sans parler de l'hypocrisie d'une telle démarche (il n'est qu'à voir cet étrange concept d'impartialité objective imposé aux magistrats) , il n'y a qu'un pas que pour ma part je ne serais pas loin de franchir en toute allégresse.
L'interdit est infiniment plus destructeur, pour ce qu'il suscite de réactions en chaîne et de crispations identitaires concurrentes, que l'interpellation du regard par le vivant invitant à la compréhension, à l'apprentissage.
Après, les considérations prétendument humanistes visant à faire le bien d'autrui fut-ce par la contrainte qu'on lui oppose (on croit rêver quand on songe qu'un tel raisonnement puisse être vu comme vertueux), ne sont que l'expression de la férocité à conforter une image satisfaisante de soi, en toute déloyauté, dans une tentative aussi stupide que destructrice par l'acharnement à entraver l'expression vivante libre.

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