Le crime n'est rien

Ce qui suit est bref, résolument subversif, sans doute plus intuitif qu'étayé, à débattre, à préciser ?

Ce qui suit est bref, résolument subversif, sans doute plus intuitif qu'étayé, à débattre, à préciser ?

Lu sur un fil de commentaires, dans deux interventions successives de deux contributeurs différents,

>Le crime est un fait...
>... quand il y a plainte ET que les preuves des faits sont incontestables ET qu'il en est définitivement jugé ainsi par la justice au terme d'une enquête ET d'un procès.

Le crime est un mot, un label, un fait culturel, une mesure, l'ouverture du droit de vengeance.
C'est l'acte qui est le fait, pas le crime qui est l'idée que l'on se fait de l'acte.
Il n'y a pas de crime sans la loi, et pas de loi sans crime.
Comment passe t-on de l'acte, du fait, au crime ?
Comment passe t-on du crime au crime, comment se fait-il son propre relais ?
Comment ce qui est passé, fini, mort par définition, peut-il être vécu comme insupportable, comme impliquant une réponse, sinon en étant projeté, c'est-à-dire maintenu en vie par la création artificielle et volontaire d'un futur qui n'est rien d'autre qu'une répétition du passé, totalement enfermé dans ce qui n'est plus...?
S'il y a crime, alors il faut y répondre.
Il n'y a qu'une seule réponse possible, une seule réponse existante au crime si on le définit : le crime.
Ce monde que nous avons voulu, le voulons nous encore ?
Tant qu'on n'aura pas compris que le monde ne doit rien et que rien ne lui est dû, qu'un acte est sans retour et sans reproche, le crime perdurera.
Voir cela c'est changer très radicalement de paradigme.
Et c'est maintenant ou jamais

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