Bonne année avec Philippe Herreweghe (par André Bernold)

L’interprétation de Bach a fait, ces 20 dernières années, des progrès comparables à ceux de la physique théorique entre 1900 et 1920.

Philippe Herreweghe Philippe Herreweghe
L’interprétation de Bach a fait, ces 20 dernières années, des progrès comparables à ceux de la physique théorique entre 1900 et 1920. Et ici, Albert Einstein, c’est Philippe Herreweghe, célèbre, mais peu connu, voire méconnu. Les quelques cantates qu’il a données récemment avec son ensemble mouvant de Gand, où se rencontrent les plus belles voix du monde, n’ont tout simplement rien de commun avec rien de ce qui a précédé. Ce n’est pas une révolution silencieuse, c’est la perfection enfin atteinte en tant qu’elle est humainement atteignable. La clarté analytique du contrepoint, la distinction des plans, l’architectonique, la stéréonomie ou -tomie des différents courants sonores étagés dans l’instrumentum et les voix humaines chez Bach atteignent avec Herreweghe et le Collegium Vocale Gent un degré d’évidence inouï, une splendeur dont personne, pas même Bach sans doute, n’a jamais encore été le témoin.

André Bernold
(1er janvier 2021)

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