Le vent souffle sur les tombes (par Gédicus)

« Je n’ai jamais tué d’Allemands. J’ai tué des nazis. » Dans ses propos, rapportés par Robert Guédigian, Arsène Tchakarian, dernier survivant du groupe Manouchian qui vient de mourir, est très clair.

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« Je n’ai jamais tué d’Allemands. J’ai tué des nazis. » Dans ses propos, rapportés par Robert Guédigian, Arsène Tchakarian, dernier survivant du groupe Manouchian qui vient de mourir, est très clair. Les résistants du groupe Manouchian n’ont pas combattu l’Allemagne, ni pour la France, comme l’affirme depuis longtemps la propagande patriotarde, Aragon en tête. Ils ont combattu le fascisme et les nazis.

La nuance n’est pas bénigne pour l’Histoire et aussi pour aujourd’hui où fascisme et nazisme relookés recommençent à se rouler dans les drapeaux nationaux en espérant réinstaurer ainsi la même saloperie.

Les premiers résistants et les plus combatifs étaient des « métèques ». Ça la fout mal pour la mythologie franchouillarde, mais c’est la vérité. Ils ne combattaient pas pour sauvegarder une nation qui les avait plutôt mal traités, mais contre une saloperie planétaire au nom d’un internationalisme prolétarien qui visait à créer une vie meilleure au moyen d’une lutte contre les exploiteurs dont les saigneurs racistes nazis étaient les plus féroces. Et s’il leur arrivait de se référer à la France, c’était celle de la Révolution, de la Commune de Paris, du Front populaire. Pas celle qui méprisait et escroquait  les « étrangers », enfermait dans des camps les Républicains espagnols et les Allemands antifascistes, collaborait joyeusement avec l’occupant et lui refilait les enfants juifs qui seraient exterminés avec leurs parents.

Il est nécessaire de s’en souvenir au moment où la haine contre les « migrants » commence à ressembler à celle contre les juifs, de triste mémoire, et où un nazisme « décomplexé » reprend du poil de la bête immonde et lève de nouveau haut le bras, Sieg Heil, en quête de matraques.

Gédicus (14 août 2018)

 

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