TAXES ET IMPÔTS EN CHANSON... Là aussi la réaction s'exprime!

Ce midi, écoutant France Inter ("radio-macron" pour les intimes) j'eus la surprise d'entendre citer Sardou comme étant un précurseur des Gilets Jaunes... Il s'en prenait, selon ces médiacrâtres, aux "taxes".... Pour Sardou, voir en "fond" d'article!

Voici ce qu'on peut lire ici: https://www.franceinter.fr/culture/des-annees-avant-les-gilets-jaunes-ces-chansons-qui-s-elevaient-contre-les-taxes.

Choix médiatique jouant sur la confusion entre impôts indirects (les taxes) et impôt direct (indispensable au fonctionnement de l'état...)

Je donne l'article dans sa presque totalité... J'y intercalerai (en italiques) mes commentaires.

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"Des années avant les "gilets jaunes", ces chansons qui s'élevaient contre les taxes

de Julien Baldacchino (France Inter)

(...) Protester contre le fisc et les impôts, ou tourner en dérision la pression fiscale, ça ne date pas d'hier. Presque d'aussi loin que la chanson populaire est un moyen d'expression et permet de faire passer des messages, les impôts et L’État sont des cibles fréquentes des chansonniers et des auteurs et compositeurs, en France comme ailleurs. (Dès le début l'arnaque est patente: alors que le titre parle de "taxes", les lignes d'introduction montrent clairement que le fond des chansons qui vont servir d'exemple, elles s'en prennent aux impôts - sous entendu l'impôt direct - et à l'état! Pour Baldacchino ce sont des chanteurs à "message"!)

1861 Gustave Nadaud: "Les impôts" (interprétée ici par Robert Rocca) Dans les années 70, le chansonnier Robert Rocca reprend cette chanson créée plus d'un siècle plus tôt, en 1861, par Gustave Nadaud. "Je n'aime pas qu'on plaisante des impôts, je le défends. D'enrichir notre patrie nous devons être contents, augmentez-les je vous prie, messieurs les représentants", chante-t-il, avant de demander une augmentation... pour tous les autres. (Le lien avec la vidéo n'est pas valide. Je ne puis donc faire des commentaires)

1910 : Paul Lack, "La polka de pauvres contribuables" Aussi connu sous son vrai nom, Lucien Callamand, Paul Lack était avant tout acteur de cinéma muet au début du siècle. Comme le fera Boris Vian quelques années plus tard,il fait des "pauvres contribuables" de "pauvres cons" taillables et corvéables. Déjà, à l'époque, on parle de "vaches à lait" que l'on trait régulièrement "pour faire le beurre du gouvernement". (Ici la confusion entre taxes et impôts est volontairement entretenue. C'est un choix politique!)

La Polka Des Pauvres Contribuables © Paul Lack - Topic

Années 30 : Marty et Montéhus, "L'impôt sur les feignants" Surnommé "Le chansonnier humanitaire", Montéhus était un chansonnier connu pour ses engagements politiques en faveur du peuple. Montéhus en appelle au gouvernement : "La loi qu'il fallait faire, j'vous l'dis, messieurs du Parlement, c'est pas l'impôt sur les salaires, mais c'est l'impôt sur les feignants". Il s'engage en faveur des travailleurs et affirme qu'il faudrait moins les taxer, et taxer plutôt "les feignants" ou "les noceurs". (Ici tout est dit: ce n'est pas l'impôt qui est critiquable mais bel et bien l'impôt sur les "feignants"... Transposé dans le langage moderne on voit bien de quels "feignants" il s'agit: les très riches dont les sommes énormes engrangées grâce aux tranches d'impôt mal réparties servent la spéculation et l'évasion fiscale... Ce sont eux les principaux acteurs de l'appauvrissement du peuple... Ceux sont eux qui planquent leur fric notamment dans le plus fameux "paradis fiscal": la City de Londres. Ce sont eux qui ont financé la campagne électorale de Macron. Ce sont eux qui ont obtenus, en retour de services, le remboursement de l "impôt sur la fortune".)

L'impôt sur les feignants © Montéhus - Topic

1951 : Ralph Willis, "Income Tax Blues" "Income tax", c'est en anglais l'impôt sur le revenu. Et dans ce blues pur jus, Ralph Willis commence par chanter "I've got my income tax this morning, and it's gotta be paid", comprenez "J'ai reçu mes impôts sur le revenu ce matin, et il faut les payer". Et s'en suit une énumération de taxes sur à peu près tout. De quoi avoir le blues, c'est certain. (La manipulation de l'information par Baldacchino de France-Inter est ici manifeste... Le commentaire Income Tax par impôt sur le revenu. Or aux States cet impôt N'A ABSOLUMENT RIEN A VOIR AVEC L'IMPÔT SUR LE REVENU FRANÇAIS. Ici cet impôt porte sur la globalité des revenus, tandis qu'aux États Unis porte sur les différents biens de consommation (comme d'ailleurs l'indiquent la liste des taxe énoncées dans la chanson). En l'occurence ils s'agit donc de taxes INJUSTES au même titre que notre très giscardienne TVA lourde pour le petit et légère pour le riche! Cela n'empêche, il s'agit ici d'un excellent "blues"!)

Income Tax Blues © Ralph Willis - Topic

1966 : Les Beatles, "Taxman" Quand ils publient leur album "Revolver" en 1966, les Beatles sortent tout juste de leur image de groupe à midinettes tout juste capable de faire de jolies chansons d'amour. Quelle surprise, alors, quand cet album s'ouvre sur une chanson ouvertement dirigée contre les politiciens britanniques (le Premier ministre de l'époque, Wilson, et le chef de l'opposition, Heath), et qui parle avant tout... des impôts. "Si tu conduis une voiture je taxe la rue, si tu veux t'asseoir je taxe ton siège, si tu as trop froid je taxe la chaleur et si tu vas faire un tour je taxe tes pieds", dit, en substance, la chanson. (Encore et toujours la confusion voulue et entretenue entre "taxe" et "impôt"... L'une injuste et l'autre simplement nécessaire! Qu'importent "leurs commentaires"! Ici la chanson est bonne et c'est toujours le pied de réécouter les Beatles!)

Taxman (Remastered 2009) © The Beatles - Topic

1978 : Johnny Cash, "After Taxes" Dans sa riche discographie, Johnny Cash a lui aussi évoqué les impôts dans cette chanson où il fait l'inventaire de ce qu'il reste une fois que les impôts sont passés. "Tu peux rêver d'une lune de miel pour deux (...) mais c'est tout ce que tu peux faire, parce qu'une fois qu'Oncle Sam en a fini avec toi, tu peux lui acheter une paire de bas, un peu de poudre pour le nez"... et c'est tout, dit l'un des refrains de la chanson. (Mêmes commentaires que pour la chanson de Ralph Willis ,  pour celle de Jacques Michel et aussi pour les Beatles.... La volonté d'assimiler les impôts français qui n'impactent que les revenus aux taxes (impôts indirects) est vraiment manifeste... Et ce n'est certainement pas innocent! Mais la voix grave de J. Cash est encore et toujours superbe!)

After Taxes © Johnny Cash - Topic

1992 : Les Inconnus, "Rap tout vampire" Le clip de ce tube des Inconnus commence par une vue de l'Elysée sous un ciel rouge. Les trois humoristes se mettent dans la peau de trois vampires, Urssaf, Camcras et Carbalas, et se moquent des impôts français. "Quoi que tu fasses, faut que tu craches, faut que tu paies", rappent-ils. Charles Pasqua, Edith Cresson et même le Président de l'époque François Mitterrand s'y retrouvent eux aussi grimés en vampires. (taxe foncière, taxe immobilière, taxe professionnelle, taxe d'apprentissage, taxes sur le tabac et les alcools, majorations relevées, vignettes et timbres fiscaux, cartes grises, assurances auto, procès verbaux, droits d'immatriculation, taxes sur les carburants, péages, héritages, partages, mariages, concubinages, impôts fiscaux, impôts locaux, impôts directs et indirects, impôts fonciers, impôts sur les grandes fortunes, impôts sur le revenu, Imposition forfaitaire annuelle, contribution sociale de solidarité des sociétés, cotisations sociales, plus-values, cotisation préretraite, actions, SICAV, salaires, bénéfices, droits de succession, etc. Tout y passe dans ce petit chef d’œuvre qui montre  combien les impôts indirects sont de loin les plus fous!)

Les Inconnus - Vampires Impôts (Rap-tout) paroles © TheEvkop

1997 : Michel Sardou, "Mon dernier rêve sera pour toi" Dans cette chanson, Michel Sardou se met dans la peau d'un homme qui reçoit, au petit matin, la visite du fisc et des huissiers. Et ceux-ci ne lui épargnent rien... et ne lui laissent qu'une chose : "son dernier rêve". Pour l'anecdote, sur la version enregistrée en studio, Michel Sardou se paie deux choristes grand luxe : Johnny Hallyday (avant sa petite virée fiscale en Suisse) et Eddy Mitchell. (Je n’ai jamais aimé Sardou réac au possible, partisan de la peine de mort et autres fariboles. Portant je lui reconnais une forme de courage lorsqu’il affirme « Je paye mes impôts en France et je trouve ça normal. Je ne me vois pas dans un paradis fiscal, le cul assis dans le sable à regarder passer les yachts. Je n'ai jamais eu de compte en Suisse. Mais je n'accepte pas que l'on me désigne comme un ennemi sous prétexte que je gagne bien ma vie » Sa chanson qui préfigure celle de Pagny – qui est lui un véritable évadé fiscal – est quelconque. Pour la revendication y’a mieux. )

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