« Collectif d’universitaires, nous avons lancé, dès la fin du mois de novembre, une enquête de terrain pour comprendre le mouvement des «gilets jaunes». Nous sommes allés les rencontrer dans différentes régions de France, dans les manifestations et sur les ronds-points. Nous livrons ici les premiers résultats sur les profils et les motivations qui apparaissent derrière les «gilets jaunes».
L’ampleur du mouvement et la rapidité avec laquelle il s’est constitué, en dehors des organisations syndicales et des partis, tout comme ses modes d’action et ses mots d’ordre interpellent. Qui sont les « gilets jaunes » ? Que souhaitent-ils ? Assiste-t-on à un renouvellement profond des modalités de la protestation et de la politique ? Faut-il y voir un retour de formes traditionnelles de révoltes populaires ? Comment un tel mouvement est-il susceptible d’évoluer dans le temps et comment comprendre sa portée ?
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A noter : Encore une fois les retraités sont inclus dans la "catégorie" Inactifs. C'est volontaire. Chômeurs et retraités sont comptabilisés ensemble...Cela est le reflet d'une conception politique macroniste... C'est la caractéristique la plus flagrante de notre crapule placée au sommet de l'état que de considérer les retraités, et d'ailleurs aussi les chômeurs, comme des inactifs... Dès que vous entendez ce vocable vous savez à qui vous avez affaire!
S’il n’y a pas de portrait type des manifestants, puisqu’une des caractéristiques du mouvement est sa diversité, les « gilets jaunes « sont d’abord des personnes, hommes et femmes, qui travaillent (ou, étant retraités, ont travaillé), âgées de 45 ans en moyenne, appartenant aux classes populaires ou à la « petite » classe moyenne.
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Pour la représentation politique des manifestants je donne ici le texte original des résultats de l'enquête : "Ce rapport de distance ou de méfiance à l’égard du système de représentation institué se retrouve lorsque les répondants sont invités à se situer sur l’échelle gauche-droite. (C'est pour cela que d'après le graphique publié dans cette enquête, 61,5 % se définissent sur l'échiquier politique, soit une très grande majorité qui est politisée! Les analystes ne savent même pas lire leurs propres graphiques!) La réponse dominante consiste à se déclarer comme apolitique, ou « ni de droite ni de gauche » (33 %). En revanche, parmi ceux qui se positionnent, 15 % se situent à l’extrême gauche, contre 5,4 % à l’extrême droite; 42,6 % se situent à gauche, 12,7 % à droite et, surtout, seulement 6 % au centre. En comparaison, un sondage conduit par Ipsos en avril montrait que 22 % des Français rejettent le clivage gauche-droite, quand 32 % se situent à gauche et 39 % à droite. Cette grande diversité du rapport au politique est un élément majeur de la singularité du mouvement." Il est à noter que les chercheurs font preuve ici d'une pudeur de "jeune fille" pour ce qui concerne le nom des partis. Qu'entendent-ils par extrême gauche??? Sont-ce la FI, le NPA et le PC? Ou bien seulement le NPA et la FI. ? Où se situent les anarchistes: à l'extrême droite ou à l'extrême gauche??? Dupont-Aignant est-il simplement de droite ou d'extrême droite... Ceci montre bien l'enfumage qui préside à cette publication!
Les résultats, encore très provisoires, présentés ici s’appuient sur l’analyse de 166 questionnaires distribués auprès des participants aux actions sur les ronds-points et aux péages, ou lors des manifestations ayant eu lieu les 24 et 1er décembre, par une équipe d’une dizaine de chercheurs et d’étudiants. Le questionnaire a été élaboré de manière à recueillir des informations détaillées et précises sur les participants.
Résultats. Une surreprésentation des employés et une sous-représentation des cadres. Des manifestants « d’âge moyen ». Un mouvement mixte. Une surreprésentation des bacheliers et des titulaires de CAP et BEP. Des mobilisés aux revenus modestes. Des primo-manifestants en nombre et des modes d’action variés. Un rejet des organisations représentatives traditionnelles. Des orientations politiques atypiques. Les motivations : pour le pouvoir d’achat et contre une politique favorable aux riches. La présence de revendications institutionnelles, en plus des revendications sociales. Une plus grande justice sociale et la demande d’écoute de la part du pouvoir.
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je reprends le passage concernant les revenus sur l'article original: "Des mobilisés aux revenus modestes. Quelque 55 % des répondants nous déclarent être imposables (une proportion presque identique à la population générale) et 85 % indiquent posséder une voiture. Le revenu médian du foyer déclaré représente 1 700 euros par mois, soit environ 30 % de moins que le revenu médian moyen déclaré de l’ensemble des ménages ( enquête « Revenus fiscaux et sociaux » 2015 de l’Insee ). Les participants aux actions des « gilets jaunes » sont donc pour la majorité d’entre eux des individus aux revenus modestes. Ils n’appartiennent pas aux catégories les plus précarisées économiquement : 10 % d’entre eux déclarent avoir un revenu inférieur à 800 euros par mois (contre 519 euros pour les 10 % des ménages français les plus pauvres)."
Pour le collectif de chercheurs : Camille Bedock, Centre Emile-Durkheim, Sciences Po Bordeaux, CNRS. Antoine Bernard de Raymond, Irisso, université Paris-Dauphine, INRA. Magali Della Sudda, Centre Emile-Durkheim, Sciences Po Bordeaux, CNRS. Théo Grémion, diplômé d’un master de géopolitique de l’université de Genève et d’une maîtrise d’urbanisme de l’université Paris-X. Emmanuelle Reungoat, Centre d’études politiques de l’Europe latine, université de Montpellier. Tinette Schnatterer, centre Emile-Durkheim, Sciences Po Bordeaux, CNRS.
On constate donc que ces résultats sont pour le moins superficiels… Rien n’est dit (tel que l’article est donné par Morvan56) sur la formulation des questions… Formulation extrêmement important puisque susceptible d’influer sur la réponse du questionné… Tels quels ces résultats n’apportent absolument rien pour la compréhension du mouvement des gilets jaunes!
"L'étude porte sur 166 questionnaires sur l'ensemble des Gilets Jaunes, on ne connaît pas les lieux ( région, ville, rond point ou alors manifestations.....) et nos chercheurs en tirent des conclusions.
Je trouve donc cette étude sans valeur, inutile de commenter des résultats aussi partiels. Par exemple si les questionnaires ont été distribué lors des manifestations parisiennes, les réponses ne correspondent absolument pas à la très grande majorité des Gilets Jaunes présents sur les ronds-points.
166 questionnaires alors que tout le monde peut se déclarer Gilet Jaune, c'est du grand n'importe quoi cette étude." (Albertein)
C’est pourquoi, les petits malins de Médiapart qui œuvrent au discrédit des Gilets Jaunes l’ont placé en « tête de gondole » ! On peut parier que cet article anodin, non ouvert aux commentaires, restera ici au moins une semaine !
C’est finalement l'unique commentaire véritable recopiés en fin de l’article de Morvan56 qui est le plus intéressant. Un vrai point de vue ! « Quand on vous parle des ‘casseurs », du vandalisme, et de la baisse des recettes des commerçants, restez bien sur le fond, à ce jour les victimes, les morts et les blessés, y compris des gens défigurés, handicapés, sont tous du même côté, celui des « révoltés ». Quand on vous parle de baisse de recette imaginez que les gens qui se battent n’ont pas de quoi finir le mois, pas de quoi faire des cadeaux… Et alors cela vous évitera de chanter l’air et les paroles que l’on vous insuffle jour après jour. Si je ne paraissais pas trop « vindicative » en songeant à eux et en voyant comment le gouvernement manœuvrer en vain pour réduire le mouvement, alternant répression, mensonges sur l’état de la mobilisation, et en feignant de lâcher du lest, je pense au proverbe chinois ‘C’est quand le chien se noie qu’il faut l’achever à coup de bâton sur la tête ». Je pense au gouvernement bien sûr. » (note de Danielle Bleitrach)