Nancy Acte 44: 1500 gilets jaunes et des gaz sur une manifestation pacifique

Une grosse manifestation des Gilets jaunes de la Coordination Grand-Est-Franche-Comté, déclarée et réprimée, et des blessés. "On est là même si Macron ne veut pas!"

14 septembre, Nancy acte 44. La presse aux ordres donne 700 manifestants à Nancy! C’est le comptage de la police, de l’Est républicain (appelé aussi Est répu-gnant), repris par les Dernières Nouvelles (poubelles?) d’Alsace du groupe EBRA (m’en tombent)-Est Bourgogne Rhône-Alpes-, propriété du Crédit Mutuel, qui publie une dizaine de quotidiens régionaux, depuis les Ardennes jusqu’à Grenoble et dont le bureau mutualisé, sis à Paris, rédige et diffuse partout les mêmes informations mensongères complice de la caste macronienne au pouvoir. Une Pravda à la française?

La Feuille de chou y était avec le QG Gilets jaunes République de Strasbourg et tous les Gilets jaunes de l’Est, plus grand que le Grand-Est officiel, puisque s’ajoutaient la Franche-Comté, des Belges, des Allemands, etc, aux Alsaciens, Lorrains, Vosgiens, …

Le parcours de la manifestation avait été déclarée. Le préfet avait publié la veille une circulaire qui autorisait le défilé et en même temps citait un certain nombre de rue interdites. De plus le centre ville de Nancy était occupé, outre les CRS en nombre, par une fête du livre sur la place Stanislas, ce qui expliquait que toutes les rues menant étaient barrées par les Robocop en surnombre. A chaque intersection, des manifestants pacifiques s’avançaient et s’adressaient aux FOD.

Tout allait bien. On était entre 1500 et 2000 jusqu’à ce qu’à un carrefour avant l’Hôtel de police ait lieu le premier gazage. On n’y était pas à ce moment, mais il semble que des manifestants au contact des policiers aient été gazés sans qu’on en connaisse le motif.

Par contre, ayant remonté tout le cortège, la Feuille de chou était devant l’Hôtel de police avec des manifestants qui discutaient calmement avec un policier en civil qui gardait seul la porte vitrée dont le rideau avait été baissé à l’intérieur.

Puis on s’est dirigé vers l’entrée de la cour où, même tableau, des manifestants s’adressaient aux Robocop.

La vidéo ci-dessus montre qu’à un moment un fumigène rose a été déposé aux pieds des FOD et, immédiatement, les flics ont balancé à la main des dizaines de grenades lacrymogènes. Elles roulent en produisant un peu de gaz, puis tout le gaz s’échappe et l’air devient irrespirable. La gorge picote, les yeux brûlent, on pleure, on tousse, on crache.On essaye tant bien que mal de sortir du nuage complètement aveuglé par les gaz ne sachant où on se trouve. Enfin on en sort, on crache, etc. N’ayant pas eu le temps de mettre lunettes et masque, j’en ai eu ma dose. Un peu plus loin le cortège se reforme. Une personne me gicle du Maalox sur le visage et dans la bouche: ça va mieux! On repart.

Un peu plus loin, au pied de l’Hôpital, nouveau gazage de la foule sans aucun motif. La manifestation se reforme, on est là! Plus loin encore, des manifestants font tomber quelques palissades de chantier. On se dirige par un boulevard à droite des lignes de chemin de fer vers la gare. Au carrefour où se trouvent la Fnac, l’Est républicain, des Robocops bloquent. Sur l’arrière aussi on voit les gyrophares bleu. Peu à peu, les manifestants sont repoussés sur le pont de l’autre côté des rails. Là, on s’est arrêtés. Un nancéien, originaire d’Algérie, nous parle longuement de son pays qu’il a quitté il y a 25 ans. Il regrette l’inculture démocratique de la masse des habitants tout en soutenant la révolution en marche et espérant un sort meilleur et démocratique pour son pays. Tous ses enfants ont fait de brillantes études en France et ont réussi, mais ces têtes manquent à l’Algérie, victime des généraux et de la bourgeoisie accapareuse depuis le putsch de Boumedienne en 1966. On a su par d’autres que les pires gazages et matraquages ont eu lieu dans une ruelle avant le retour place Carnot, et sur la place elle-même! Une plainte a été déposée par un manifestant isolé violemment matraqué au visage.

Gazage des gilets jaunes à Nancy après un fumigène rose (6'44) © feuille de chou

Autres vidéos: Nancy le 14 septembre 2019 sur https://la-feuille-de-chou.fr/archives/102950

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