revendication?

Alors que le gouvernement met en cause des pans entiers du droit du travail, la mise en cause du montant de l'indemnisation du chômage technique est elle judicieuse ou justifiée?

L’épidémie de coronavirus a conduit à l’arrêt de nombreuses activités économiques générant des contacts et des risques de contagieux, avec finalement la mise en place d’un confinement. Afin d’assurer le maintien des rémunérations, le gouvernement a décrété, en urgence et sans concertation, une mesure de chômage partiel maintenant l’intégralité du salaire au niveau du SMIC et à 84% au-delà.

C’est l’extension des mesures de chômage partiel mises en œuvre dans le droit commun, mis en œuvre de longue date.

Cette réduction du salaire versé peut s’expliquer par la prise en compte par l’état des frais liés à l’activité professionnelle. Pour l’ensemble des salariés, lors du calcul de l’imposition, un dégrèvement forfaitaire de 10% des frais engagés pour aller travailler est déduit des revenus imposables. Aucune organisation syndicale ne conteste le bien-fondé de ce dégrèvement.

En effet, ces frais ne sont pas engagés lorsqu’un salarié ne va pas travailler. C’est ce constat qui justifie le maintien du salaire à 84% en cas de chômage technique. Dans le cas actuel du chômage technique, pour cause de force majeure, il n’y a pas de surcoût pour les travailleurs et les salariés, mais bien l’absence des frais engagés pour se rendre sur son lieu de travail.

De plus, ces salariés sont sécurisés dans leur lieu d’habitation, à l’inverse des personnes tenues d’exercer une activité professionnelle pour des raisons de survie ou d’approvisionnement global, ce qui est un avantage non négligeable.

Au vu de ces éléments, pour ma part, je  considère la demande du secrétaire général de la CGT du maintien intégral de tous les salaires injustifiée, voire abusive.

A contrario, le processus d’état d’urgence sanitaire n’est pas dénoncé comme il devrait l’être, alors qu’il autorise sans nécessité des régressions sociales majeures, sans limitation dans le temps et une mainmise patronale sur des décisions qui relèvent de la négociation ou de l’accord du salarié.

A ce titre, le préavis de grève lancé par le syndicat CGT de la fonction publique est nécessaire pour entraver les abus que ces textes d’urgence peuvent générer. Tout comme l’engagement sans faille pour sauvegarder le droit à la retraite. Ce type de lutte et de position placent la centrale syndicale au centre de la résistance sociale, et assoient sa crédibilité.

Ce qui rend d’autant plus nécessaire de ne pas s’engager dans une revendication infondée comme le maintien intégral du salaire sans limite, même si à première vue elle peut paraitre attractive.

Il serait plus juste de demander une prime de risque (sur le modèle de la prime d’activité) pour tous les salariés devant renoncer au confinement pour exercer leur mission d’intérêt public.

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