LVA LES BRUYÈRES : UNE SUCCESSION DE REBONDISSEMENTS

Ceux qui ont suivi la saga des Bruyères, se souviennent de la fermeture en grande pompe du Lieu de Vie et d'Accueil, dans le but de sauver des ados maltraités. L'affaire continue avec des rebondissements intéressants.

LVA LES BRUYÈRES :

UNE SUCCESSION DE REBONDISSEMENTS, OU "LA CRIP 71 DÉCRYPTÉE"

 Ceux qui ont suivi la saga des Bruyères, se souviennent de la fermeture le 22 octobre 2019 en grande pompe du Lieu de Vie et d'Accueil, dans le but de sauver des ados maltraités. Les adolescents présents, stupéfaits, terrorisés par un déploiement de gendarmes et de travailleurs sociaux s'étaient vus embarqués pour des destinations inconnues. Les majeurs, eux, ont refusé de quitter le LVA, tentant d'expliquer qu'il n'y avait aucune maltraitance et que le comportement de l'ASE 71 était fou.

 Le Tribunal Administratif de Dijon, que nous avons saisi en référé, rouvrait le LVA un mois après la décision de fermeture décidée par l'ASE. Monsieur ACCARY avait fait appel de cette décision et a été débouté par le Conseil d'État, tout dernièrement.

 L'ASE avait également saisi Monsieur le Procureur de Chalon-sur-Saône, Damien SAVARZEIX, pour qu'il ordonne une enquête préliminaire. Cette dernière dure depuis 16 mois sans même que la totalité des ados présents à l'époque aient été entendus. En fait seulement trois ados l'ont été sur sept, les autres n'ont eu pour exprimer leur dégoût du service ASE 71, d’autres choix que de passer par les réseaux sociaux.

 L'enquête s'éternisant sans trouver de maltraités avérés, l'ASE fait grise mine et le Département de Saône-et-Loire, présidé par Monsieur André ACCARY, également. Cela doit commencer à leur peser et j'en veux pour preuve des recherches de soutiens médiatiques de la part du Département. Depuis une semaine environ, nous entendons sur les ondes de la Radio locale, que le LVA n'aurait plus d'autorisation de fonctionner, ou encore, dans le Journal départemental que le Juge au TA aurait demandé un complément d'instruction.

 Renseignement pris, puisque ces éléments sont, pour partie faux et pour le reste bien inexacts, il nous est dit que les informations émanent du Département.

 Dans la réalité, je rappelle qu'une décision prise en référé au Tribunal Administratif (TA) n'est que provisoire, et que celui-ci doit juger, dans un second temps, l'affaire sur le fond.

 C'est ici que l'affaire continue à être cocasse. Le Procureur de la République a autorisé le Département à fournir au Tribunal Administratif une pièce de l'enquête préliminaire, afin qu'elle serve à la défense du Département.

 Le juge du TA nous donne donc, bien naturellement, une quinzaine de jours pour répondre à cette "nouvelle" pièce. C'est tout et aussi simple que cela !

 Pour le Département qui transmet ces informations aux médias, cela se transforme donc en "un juge qui demande un complément d'instruction, ou encore, "le LVA qui n'a plus d'autorisation de fonctionner". Incroyable !

 Les déclarations sur la protection de l'enfance ne cessent d'ailleurs d'occuper le Département. Voilà que dans la presse locale, s'étale tout récemment, sur une double page, toute l'efficience de l'ASE 71 et de sa Cellule de Recueil des Informations Préoccupantes : la CRIP.

 Là c'est le pompon ! Toutes les personnes qui ont suivi l'affaire du LVA savent à quel point la CRIP 71 à gravement failli dans sa mission et connaissent sa responsabilité dans le désastre infligé aux adolescents raflés au LVA en 2019.

 Les critiques, concernant particulièrement le comportement de Madame DELEGLISE, bombardée, Cheffe de ce pôle au Département de Saône-et-Loire, sont légion.

 Quelle n'a pas été notre surprise de la lire, dans une interview, s’exprimer en ces termes : "pour certaines atteintes flagrantes - violences physiques - agressions sexuelles - maltraitances manifestes - le Procureur de la République est averti sans délai et l'enfant est immédiatement mis en sécurité"

 Ces propos sont tout bonnement surréalistes au regard de son intervention au LVA. Il suffit pour s'en rendre compte de lire les attestations des adolescents présents pour apercevoir le delta entre ce que cette dame s'arroge comme devoirs et la réalité de son comportement concrêt.

 À la lecture des témoignages des adolescents et du personnel du LVA, vous pourrez constater que la simple rumeur suffit amplement à cet agent territorial pour déclencher un séisme de maltraitance institutionnelle. Point n'est besoin, pour elle, de "flagrantes et manifestes" preuves, et elle n’a aucun respect de la présomption d’innocence.

 Quant à la « mise en sécurité » des enfants, cela fait hurler les ados qui étaient présents le jour de la rafle et que Madame DELEGLISE a séparés et expédiés dans des foyers sans aucune considération. Ils n'ont pourtant eu de cesse que de lui dire qu'elle se plantait magistralement, mais étant donné qu'elle est investie d'une sainte mission quasi planétaire, il ne lui a pas paru nécessaire de les entendre. Nous avons ici bien de la peine à faire le rapprochement avec ses propos bienveillants. "Le loup déguisé en agneau" m'a dit un jeune…

 Plus loin l'on peut encore lire de sa part "Ce travail délicat doit éviter deux écueils ; sous-évaluer la situation au risque de passer à côté d'un danger, ou bien la surévaluer et déclencher une enquête sociale ressentie comme stigmatisante".

 Quand les ados du LVA ont lu cet article, nous avons bien cru les perdre. Ils hésitent entre colère et pitié. Le Jeune Moussa Cisse, présent le jour de la rafle et ayant écrit à ce sujet une lettre que nous avons, à sa demande, publiée sur ce blog, a dit : "mais, ils ne parlent pas de la même personne qui est venue ici ? Parce que moi j'y étais et elle a été infecte, n'a rien écouté de ce que l'on a essayé de dire, et, une fois embarqués à l'ASE, c'était pas mieux

 Il faut dire que d'autres LVA ont eu quelques "frictions" avec Madame DELEGLISE, ainsi que l'Association des Assistantes Maternelles, dont la Présidente a écrit, à mots feutrés, dans une lettre de soutien au LVA, lors de sa fermeture : "l'on trouve les mêmes personnes dans le même genre d'affaires…"

 Madame DELEGLISE aura beau faire toutes les déclarations médiatiques qu'elle veut, cela n'effacera pas la réalité de ses misérables actions et même devrais-je dire de ses inactions ?

 En effet, bien qu'elle se targue d'un "travail délicat qui doit éviter les écueils", comment alors expliquer qu'elle participe très activement à la fermeture d'un LVA dans lequel elle n'a jamais mis les pieds, alors qu'elle était en charge de la mission de contrôle ? Comme explique-t-elle que dans sa déposition en gendarmerie, elle démolit sur 8 pages notre LVA, mais également nos personnalités, alors qu'elle ne connaît pas le LVA et encore moins notre fonctionnement ?

 Dans sa déposition, elle s'offusque des règles de vie du LVA pourtant agréées depuis des années par le Département, elle évoque une comptabilité frauduleuse alors que les comptes sont vérifiés par un bureau d'expertise et déposés chaque année au Département. Elle déroule sur ses 8 pages d'audition une somme d'inexactitudes administratives et juridiques qui laisse apparaître une méconnaissance des textes de loi et des décrets, gravissime à son niveau de responsabilité.

 Dans la réalité, cet agent territorial ne vérifie rien, fonctionne au vent des rumeurs et à ses ressentis déterminés par ses propres turpitudes. Nous sommes bien loin du professionnalisme qu'elle annonce pour tenter de cacher son incompétence crasse qui, dans notre cas, a contribué à la rafle de gamins qu'elle ne connaissait pas, confiés à des professionnels qu'elle ne connaissait pas, dans un lieu qu'elle ne connaissait pas ! Mais, dit-elle sans craindre le ridicule, "il ne faut pas surévaluer une situation". Encore faudrait-il ne serait-ce que la connaître !

 Sandrine DELEGLISE a cherché à dissimuler par son activisme hors de propos à la tête de la CRIP, son inertie antérieure en tant que responsable ASE du secteur où est situé le LVA.

 Dès lors, au regard de la réputation de Madame DELEGLISE, je me demande l'intérêt de cet article soudain ? Peut-être que Monsieur ACCARY tente de redorer le blason de la CRIP et de l'ASE 71, ce qui expliquerait les autres annonces récentes et inexactes, au sujet du LVA.

 Pourquoi maintenant ? Simple hasard ?

 Mais j'y pense, ne serait-ce pas la proximité de la date du jugement sur le fond par le Tribunal Administratif de Dijon qui pousserait soudainement les services de Monsieur ACCARY à une discrète tentative d'influence via les médias, en plus de cette fameuse "nouvelle pièce" fournie au TA en toute dernière minute, qui n'est autre que la synthèse d'une enquête menée exclusivement à charge, et dégoulinante de préjugés et de parti-pris. Après un an d’enquête, je n’ai été entendu que pendant 4 heures, tandis que mes diffamateurs ont bénéficié de plusieurs jours pour déverser leur haine. L'audition a été tellement bâclée que mon avocate a dû envoyer au Procureur le complément de mes réponses faites à l'enquêteur, qui n'avait visiblement aucune envie de les relever dans leur totalité.

 Cette synthèse, sans aucune valeur juridique et qui sera cependant contestée par nous point par point et preuves à l'appui, n'a pour but que de tenter désespérément de sauver la face de quelques incapables, à différents niveaux de responsabilité.

 Gageons que les juges du Tribunal Administratif de Dijon ne seront pas plus dupes que ne l'ont été les juges du Conseil d'État.

 Jean-Claude ROSSI

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.