LE CONSEIL D'ÉTAT VIENT DE DÉBOUTER LE PRÉSIDENT ACCARY.

C'est que certains élus sont plus sensibles que d'autres et une défaite peut les déstabiliser au point qu'ils prennent des décisions pour le moins étonnantes (pour rester courtois). Ce fut le cas du Président du Département de Saône-et-Loire.

Le Conseil d'État vient de débouter le président André ACCARY de son pourvoi en cassation.

Il faut dire qu'il avait pourtant mis du sien pour réussir.

 Pour donner suite à la décision du Tribunal Administratif de Dijon de suspendre l'arrêté de suspension d'autorisation de fonctionner de notre Lieu de Vie et d'Accueil "LVA les Bruyères", le Président du Département 71, André ACCARY, certainement piqué au vif, et voulant sauver la face, avait déposé un pourvoi en cassation.

 C'est que certains élus sont plus sensibles que d'autres et une défaite peut les déstabiliser au point qu'ils prennent des décisions pour le moins étonnantes (pour rester courtois).

 Ainsi, contre toute logique nous avons été informés du fameux pourvoi en cassation !

 Tout de go, nous signalons que ce pourvoi n'a aucun intérêt autre que de tenter un baroud d'honneur, et même l'ancien directeur de l'aide sociale à l'enfance du département de Saône et Loire, y va de sa plus belle plume pour signifier à notre Président le côté ubuesque de la démarche.

 Rien n'y fait et comme je l'écrivais plus haut : "Il faut dire qu'il y avait mis du sien pour réussir".

En effet l'argumentation du pourvoi fut, dans les grandes lignes, que : quand un service de la protection de l'enfance invoque une mesure de précaution, quoi que ce service commette comme phénoménale connerie et même au passage écrabouille du gamin, personne n'a intérêt à s'y opposer. Ni les acteurs de terrain, ni les familles et encore moins un petit juge de Tribunal Administratif qui tenterait de vérifier la légalité de l'action menée par l'ASE. En résumé le Président ACCARY demandait au Conseil d'État un blanc-seing sur les décisions et les actions de son service ASE.

 Si dans un premier temps, les arguments du Président ACCARY ont impressionné les Juges du Conseil d'État, qui ont laissé le pourvoi passer le premier filtre, ils ont tout de même noté l'inutilité de ce pourvoi, puisque, comme nous l'avion annoncé, il arrivait alors que l'arrêté de fermeture était de toute manière caduque, d'où l'inutilité que nous avions dénoncée.

 LE CONSEIL D'ÉTAT A DONC JUSTEMENT REJETÉ LE POURVOI.

 Le résumé est simple, mes chers compatriotes Saône-et-Loiriens : vous venez de dépenser environ 5000€, totalement inutilement, afin simplement de satisfaire l'ego d'un politicien.

 Remarquez le comble du cynisme est que nous avons dû, au LVA, payer quasiment la même somme de nos deniers, tout en contribuant, impôt oblige, au paiement de la facture du département.

 Le bilan de toute cette histoire ? Des emplois foutus en l'air, une entreprise mise à mal, des citoyens malmenés, de l'agent public jeté par les fenêtres et des adolescents déjà bien bousculés par la vie, chargés dans un fourgon au petit matin et emmenés sans explication.

 Adolescents qui, eux, n’ont profité d'aucun "pourvoi" et qui n'ont eu comme seule possibilité pour se faire entendre que de passer par les réseaux sociaux.

 Il faut dire que plus d'un an après la fermeture en grande pompe du LVA, seul 3 adolescents sur 7 ont été entendus par la gendarmerie et que tous ont témoigné en notre faveur, conspuant les services de l'ASE 71.

 Triste application des textes régissant la protection de l'enfance par les services de Monsieur ACCARY !

 Je me permets juste de rappeler la phrase d'une des responsables de l'ASE 71, rapportée par l'un des jeunes, raflé le jour de la fermeture, et qui refusait comme les autres d'être séparé dans les fourgons :

 "Au début ils voulaient nous séparer, mais on est rentré de force dans le même fourgon, ils ont essayé de nous faire sortir, mais Jérémy s'est défendu. Après il y a une femme, la même qui était venue aux Bruyères, qui a dit au chauffeur "laisse-les, de toute façon ils seront séparés".

 Mais bien heureusement nous sommes en 2021…

Jean-Claude ROSSI

 

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