Jean Claude Rossi
Abonné·e de Mediapart

12 Billets

0 Édition

Billet de blog 16 janv. 2021

Jean Claude Rossi
Abonné·e de Mediapart

LE CONSEIL D'ÉTAT VIENT DE DÉBOUTER LE PRÉSIDENT ACCARY.

C'est que certains élus sont plus sensibles que d'autres et une défaite peut les déstabiliser au point qu'ils prennent des décisions pour le moins étonnantes (pour rester courtois). Ce fut le cas du Président du Département de Saône-et-Loire.

Jean Claude Rossi
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le Conseil d'État vient de débouter le président André ACCARY de son pourvoi en cassation.

Il faut dire qu'il avait pourtant mis du sien pour réussir.

 Pour donner suite à la décision du Tribunal Administratif de Dijon de suspendre l'arrêté de suspension d'autorisation de fonctionner de notre Lieu de Vie et d'Accueil "LVA les Bruyères", le Président du Département 71, André ACCARY, certainement piqué au vif, et voulant sauver la face, avait déposé un pourvoi en cassation.

 C'est que certains élus sont plus sensibles que d'autres et une défaite peut les déstabiliser au point qu'ils prennent des décisions pour le moins étonnantes (pour rester courtois).

 Ainsi, contre toute logique nous avons été informés du fameux pourvoi en cassation !

 Tout de go, nous signalons que ce pourvoi n'a aucun intérêt autre que de tenter un baroud d'honneur, et même l'ancien directeur de l'aide sociale à l'enfance du département de Saône et Loire, y va de sa plus belle plume pour signifier à notre Président le côté ubuesque de la démarche.

 Rien n'y fait et comme je l'écrivais plus haut : "Il faut dire qu'il y avait mis du sien pour réussir".

En effet l'argumentation du pourvoi fut, dans les grandes lignes, que : quand un service de la protection de l'enfance invoque une mesure de précaution, quoi que ce service commette comme phénoménale connerie et même au passage écrabouille du gamin, personne n'a intérêt à s'y opposer. Ni les acteurs de terrain, ni les familles et encore moins un petit juge de Tribunal Administratif qui tenterait de vérifier la légalité de l'action menée par l'ASE. En résumé le Président ACCARY demandait au Conseil d'État un blanc-seing sur les décisions et les actions de son service ASE.

 Si dans un premier temps, les arguments du Président ACCARY ont impressionné les Juges du Conseil d'État, qui ont laissé le pourvoi passer le premier filtre, ils ont tout de même noté l'inutilité de ce pourvoi, puisque, comme nous l'avion annoncé, il arrivait alors que l'arrêté de fermeture était de toute manière caduque, d'où l'inutilité que nous avions dénoncée.

 LE CONSEIL D'ÉTAT A DONC JUSTEMENT REJETÉ LE POURVOI.

 Le résumé est simple, mes chers compatriotes Saône-et-Loiriens : vous venez de dépenser environ 5000€, totalement inutilement, afin simplement de satisfaire l'ego d'un politicien.

 Remarquez le comble du cynisme est que nous avons dû, au LVA, payer quasiment la même somme de nos deniers, tout en contribuant, impôt oblige, au paiement de la facture du département.

 Le bilan de toute cette histoire ? Des emplois foutus en l'air, une entreprise mise à mal, des citoyens malmenés, de l'agent public jeté par les fenêtres et des adolescents déjà bien bousculés par la vie, chargés dans un fourgon au petit matin et emmenés sans explication.

 Adolescents qui, eux, n’ont profité d'aucun "pourvoi" et qui n'ont eu comme seule possibilité pour se faire entendre que de passer par les réseaux sociaux.

 Il faut dire que plus d'un an après la fermeture en grande pompe du LVA, seul 3 adolescents sur 7 ont été entendus par la gendarmerie et que tous ont témoigné en notre faveur, conspuant les services de l'ASE 71.

 Triste application des textes régissant la protection de l'enfance par les services de Monsieur ACCARY !

 Je me permets juste de rappeler la phrase d'une des responsables de l'ASE 71, rapportée par l'un des jeunes, raflé le jour de la fermeture, et qui refusait comme les autres d'être séparé dans les fourgons :

 "Au début ils voulaient nous séparer, mais on est rentré de force dans le même fourgon, ils ont essayé de nous faire sortir, mais Jérémy s'est défendu. Après il y a une femme, la même qui était venue aux Bruyères, qui a dit au chauffeur "laisse-les, de toute façon ils seront séparés".

 Mais bien heureusement nous sommes en 2021…

Jean-Claude ROSSI

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Sobriété : le gouvernement a un plan, mais qui pour l’appliquer ?
L’exécutif annonce de nombreuses mesures pour réduire la consommation d’énergie de 10 % d’ici à 2024. Mais presque tout est basé sur le volontariat et les moyens de mise en œuvre restent flous. 
par Jade Lindgaard
Journal
Altice obtient une censure d’articles à venir au nom du secret des affaires
Le groupe de Patrick Drahi demandait en référé, au nom du secret des affaires, la censure de trois articles publiés par le site Reflets et exploitant des documents interne mis en ligne par des hackers. Le tribunal de commerce a rejeté cette demande mais ordonne au journal de ne plus écrire sur le sujet.
par Jérôme Hourdeaux
Journal — Migrations
En France, « rien n’a été prévu » pour accueillir les exilés russes
Depuis le début de la guerre d’invasion russe en Ukraine, des centaines de Russes sont venus chercher refuge en France. Confrontés à un manque criant de politique d’accueil et à des obstacles en tout genre, ils ont surtout trouvé de l’aide auprès de réseaux d’entraide.
par Nejma Brahim
Journal
Procès France Télécom : une condamnation pour l’exemple ?
Le 30 septembre, les anciens dirigeants de France Télécom ont vu leur condamnation pour « harcèlement moral institutionnel » confirmée en appel. Leur politique de départs forcés, menée à partir de 2007, avait débouché sur une vague de suicides. Mais les responsables échappent à la prison ferme. Quelle portée pour ce jugement ?
par À l’air libre

La sélection du Club

Billet de blog
Leur sobriété et la nôtre
[Rediffusion] Catherine MacGregor, Jean-Bernard Lévy, et Patrick Pouyanné, directrice et directeurs de Engie, EDF et TotalEnergies, ont appelé dans le JDD à la sobriété. En réponse, des professionnel·les et ingénieur·es travaillant dans l'énergie dénoncent l'hypocrisie d'un appel à l'effort par des groupes qui portent une responsabilité historique dans le réchauffement climatique. Un mea culpa eût été bienvenu, mais « difficile de demander pardon pour des erreurs dans lesquelles on continue de foncer tête baissée. »
par Les invités de Mediapart
Billet de blog
Quand les riches se mettent à partager
Quand Christophe Galtier et Kylian Mbappé ont osé faire leur sortie médiatique sur les jets privés et les chars à voile, un torrent de réactions outragées s'est abattu sur eux. Si les deux sportifs clament l'erreur communicationnelle, il se pourrait en fait que cette polémique cache en elle la volonté des dominants de partager des dettes qu'ils ont eux-mêmes contractées.
par massimo del potro
Billet de blog
Transition écologique ou rupture sociétale ?
La crise actuelle peut-elle se résoudre avec une transition vers un mode de fonctionnement meilleur ou par une rupture ? La première option tend à parier sur la technologie salvatrice quand la seconde met la politique et ses contraintes au premier plan.
par Gilles Rotillon
Billet de blog
Doudoune, col roulé et sèche-linge : la sobriété pour les Nuls
Quand les leaders de Macronie expliquent aux Français comment ils s'appliquent à eux-mêmes les injonctions de sobriété énergétique, on se prend à hésiter entre rire et saine colère.
par ugictcgt