Séparatisme islamiste dans la communauté sourde

Le séparatisme que le Président de la République appelle à combattre ne sévit pas que dans certains quartiers mais aussi à l'échelle d'une communauté linguistique, celle des sourds. L'assaillant de la Préfecture de Police était un sourd locuteur de la langue des signes.Cela avai-il été pri en compté dans son parcours professionnel ?

Le séparatisme que le Président de la République appelle à combattre ne sévit pas que dans certains quartiers mais aussi à l'échelle d'une communauté linguistique, celle des sourds. La première alerte publique, en 2017 (voir roman « Frères de Silence »), rapportait les infiltrations de prédicateurs sourds à la recherche de sourds perméables à leurs discours. Quelle est la teneur de leur prêche? Idéologie politique islamiste? Peut-être. De toutes façons, les entendants ne comprennent pas la langue des signes. Depuis les assassinats de la Préfecture de Police, par Mickael Harpon,sourd signeur, des sourds témoignent d'un changement d'ambiance touchant plusieurs territoires. Des groupes de femmes ne se rendent pas aux cours dispensés par un homme ; des parents font regarder à leurs enfants les vidéos de Daesh ; des interdictions aux femmes de se baigner si ce n'est en maillot de bain ; des jeunes qui refusent les contacts avec les « mécréants », et regardent des heures durant, fascinés, les vidéos de décapitation, ou autres horreurs ; des postures : « de sauveur du groupe, plus fort que celui que l'on hait. Dans la vie concrète, nous sommes des moins que rien, alors éradiquons la réalité ».

Les sourds ont donné d'emblée à Daesh le signe de « cagoule » masquée et dangereuse, sans relation aucune avec la religion. Dans le monde les victimes de l'islamisme sont en majorité musulmanes. Mais une prise de conscience fait surface : les manipulations se développent de nos fragilités actuelles. La société ne pâtit pas de sa diversité, au contraire, la fraternité existe de nos différences. Encore ne faut-il pas avoir peur de la diversité linguistique. La langue des signes n'a pas la place qu'elle mérite comme langue d'enseignement. La quasi-absence de classes bilingues français/langue des signes est une aubaine pour les extrémistes religieux. Une brèche dans laquelle ils s'engouffrent en proposant des activités culturelles et bientôt des écoles coraniques en langue des signes. Une activité sectaire qui produira des combattants illuminés.

Refuser le « eux et nous »

 

Les sourds vivent de fortes discriminations. Les souffrances accumulées au fil des années les amènent à une rupture avec les entendants, devenus une masse anonyme dont ils refusent l'empathie et la prise en compte de leur point de vue. Il faut éviter ces humiliations -qui en un siècle n'ont jamais provoqué de meurtre-, et les dissocier du projet politique de haine et de violence du djihadisme. Ceux qui manquent de perspective peuvent se faire berner par une idéologie destructrice, évitant le débat avec l’autre, trop différent de soi.

Les sourds sont aussi aussi une minorité linguistique

L’enquête de police recherche les liens concrets de Mickaël Harpon avec les islamistes. Qu’il y en ait eu ou pas, des réflexions s'imposent. Mickaël Harpon était considéré uniquement comme un handicapé de la parole. Alors que c'était un locuteur de niveau BAC + 2 en langue des signes. Une langue où tout peut se dire. Et malheureusement aussi la propagande terroriste. Les discussions après les propos alarmants de Mickaël Harpon sur Charlie se sont-elles déroulées en langue des signes ? Les habilitations secret-défense sont-elles délivrées après un entretien en langue des signes ?, langue qui était sans obstacle pour cet employé de la Préfecture .

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