On se croit tout permis .C'est vraiment ce dont on a l'impression de la part de certains qui sont en responsabilité politique.
Ils font partie d'une majorité gouvernementale en qui, après l'élection présidentielle de 2007, une bonne moitié des Français a fait confiance, parce qu'ils disaient vouloir une France plus laborieuse, plus morale, plus juste.
Sans vouloir nullement mettre en avant un raisonnement moralisateur fondé sur une lecture biblique, je rappellerai néanmoins, pour étayer mes convictions, des propos de l'apôtre Paul.
« Tout est permis », écrit-il dans sa première lettre à la jeune communauté chrétienne de Corinthe
traversée de problèmes liés à sa récente sortie du paganisme, des comportements et des doctrines inconciliables avec le message de l'Evangile qu'il leur a transmis. Mais, s'empresse-t-il d' ajouter, « tout ne convient pas ». Cette liberté ne les autorise pas, en effet, à faire n'importe quoi. « Que nul ne cherche son propre intérêt mais celui d'autrui ».
L'histoire ou plutôt les histoires de l'équipe de France de football, voilà ce qui occupe une grande partie de l' actualité en ce moment. Bien entendu, on suggérera de ne pas en rajouter, tant la coupe est pleine....et que cela devient même une affaire d'Etat !! Alors que le « tout est permis » aurait eu de beaux jours devant lui tant que les Français soutenaient l'équipe tricolore et donc avaient leur attention portée vers l' Afrique du Sud.
Tous les commentaires possibles et impossibles, imaginables et inimaginables, ont été faits sur les multiples tempêtes qui ont fait chavirer le navire chargé des rêves de millions d'amateurs de football tandis que le gouvernement, tant qu'il était à flot, espérait faire passer des mesures impopulaires et des hommes politiques se permettre illégalement des largesses.
Il est des hommes politiques, à commencer par le premier d'entre eux, qui oublient que plus de la moitié des électeurs qui se sont exprimés lors de l'élection présidentielle de 2007, les ont portés au pouvoir parce que, croyaient-ils, ils promettaient une rupture avec la politique de droite récente et de gauche à peine plus ancienne.
« Tout est permis ». Lorsqu'ont été rendus publics les propos injurieux de Nicolas Anelka prononcés dans le « sanctuaire » d'un vestiaire, on n'a pas manqué de rappeler une interjection tout aussi condamnable, émise il y a pourtant déjà plus de deux ans de cela! (c'est dire que les esprits ont été marqués durablement !) par le Président de la République en personne, sensé être le premier à montrer l'exemple aux citoyens par ses paroles, ses actes et son train de vie.
Alors, à partir du moment où le « Premier Français se permet de dire ce qu'il veut et de vivre comme il veut, tout serait donc permis?
On se fait autoriser, par passe droit, un permis de construire dans le Var. On se fait payer pour des milliers d'euros de cigares sur des fonds publics. On accepte d'être rémunéré grassement pour une mission, alors qu'on est déjà loin d'être à plaindre. On se fait loger et transporter très gracieusement aux frais de l'Etat. Etc.
Comme s'il fallait profiter du peu de temps que l'on est dans le gouvernement ou proche du pouvoir pour « faire fortune ». Même si, certains, sous la pression, finissent par renoncer à ces « avantages ». Mais le mal est fait, quoi qu'il en soit.
Dans d'autres démocraties proches, on aurait démissionné, mais pas chez nous. Pourquoi ? Est-ce dû, là-bas, à l'éthique qui caractérisent les pays anglo-saxons de tradition protestante? Est-ce, ici, une « tradition » française, de gauche comme de droite ?
Franchement on n'avait pas besoin de toute cette permissivité, alors qu'on n'arrête pas de nous rabâcher qu'on est en temps de crise et qu'il faut faire face.
« Tout est permis, mais tout ne convient pas » écrit Paul. Autrement dit, si nous nous sentons libérés de tout ce qui nous empêche de ne prendre en compte que notre propre intérêt, nous contribuerons à défendre une démocratie qui, parfois prend l'eau, à cause des agissements de certains qui exercent des responsabilités au plus haut niveau de l'Etat et devraient donc être des modèles.
Je pense qu'il n'est pas impossible d' arriver, si toutefois les futurs candidats à l'élection présidentielle de 2012 le veulent, à une véritable rupture avec ce genre de pratique très préjudiciable pour notre « vivre ensemble ».