Le monde selon l'Argent+Pouvoir, - sinon quoi?

Cherches-tu à comprendre - au FOND - pourquoi et comment s'entretient, y compris par les élections, ce "monde" que - peut-être? - tu réprouves ?

Depuis 2008, tu te dis, plus que jamais : "Une société dans laquelle les très riches deviennent de plus en plus riches - crise ou pas crise - alors que les moins riches et les pauvres voient leur situation se dégrader est une société en péril!". Mais ne faut-il plutôt - réalistiquement - se dire : "Tant que les plus riches d'entre les riches continuent de s'enrichir davantage, tout va bien dans le meilleur monde possible"(?) Si cette dernière affirmation ne te satisfait guère, sache pourquoi, au vu des "offres" électorales actuelles, et au-delà de toi : "Qui est d'accord sur quoi - d'autre?"!

Car tu n'as plus l'excuse de ne pas savoir; les effets délétères de ce capitalisme financiarisé et mondialisé, hégémonique, sont exposés, en incluant les apports des méritants "lanceurs d'alerte". Mais alors tu pourras dire : "Oui, mais c'est devenu trop compliqué, et nos idéologies forgées antérieurement, pour nous expliquer ce qui existe en nous enseignant les moyens d'agir, ont perdu de leur crédibilité; en fait, de plus en plus et malgré notre mécontentement croissant, nous ne savons plus comment faire (pour améliorer la société dans un sens que nous souhaiterions)." Et puis, en France, ce n'est pas le pire, si on compare à d'autres pays, y compris en Europe (1).

Mais quand même, globalement parlant, après des millénaires d'hominisation, des siècles de "Lumières", des progrès scientifiques et techniques mirobolants, comment ne pas se sentir indigné et exaspéré?! Alors, tu te proposes de se poser la question "basique" :
" Pourquoi ce Système global que tu juges pervers s'entretient-t-il, même dans nos pays européens "démocratiques"[= au régime de démocratie parlementaire, pluraliste, représentative] ? "

Une Explication :
1- "L'Erreur - selon toi(?) - des classes moyennes" :
C'est de s'allier - au moins implicitement - aux strates "supérieures"[= au-dessus d'elles, le mot "supérieur" étant cependant hypocritiquement peu employé] dans la mesure où ces personnes recherchent toujours plus de confort et de statut social. Disons qu'elles se définissent (trop?) par référence aux "valeurs" du système imprégnant la mentalité dominante; c'est dire que leur comportement n'est pas strictement déterminé par leur place sociale réelle - telle qu'on peut la déterminer selon les revenus et patrimoines des catégories socio-professionnelles - mais par leurs "aspirations" à des statuts sociaux qui les dépassent [encore, espèrent-elles?]; en "dynamique", les classes moyennes sont tournées vers le haut.
( Car rares sont - encore? - ceux/celles qui sont convaincus que ces Dominant(e)s évoluant dans la sphère financiarisée/mondialisée en ramassant la grosse part des profits(2), ces "[très] Riches", ne se sentent aucune solidarité, ni même ressemblance - ils/elles sont d'un autre "Monde" - avec les "moyenneux"/neuses; - mais tant que ces derniers/ières ... )
À l'opposé, nombre de ces "moyenneux"(neuses) tiennent à se distinguer des strates qui leur sont "inférieures"[= au-dessous d'elles], notamment en désapprouvant fortement tout "assistanat".

2- "Le désarroi des "Prolétaires"[= les "inférieurs" par rapport aux classes moyennes] :
Le mot "Prolétaires" étant à redéfinir, tant les populations concernées ont changé depuis le XIXème siècle, et le mot "Inférieurs" est peu employé, bien que de réalité certaine.
Leur Erreur est aussi, d'abord, de ne se définir que par rapport aux classes moyennes auxquelles ils/elles aspirent - lesquelles[classes moyennes] ...
Leurs réactions :
Voyant de plus en plus que ceux qui disent vouloir les défendre ou les protéger ne le font pas réellement, ou pas assez, et que ceux qui les représenteraient mieux ne peuvent accéder au Pouvoir[= Gouvernement] :
Pour la plupart : N'espérant plus rien, ils/elles sombrent dans le fatalisme du désespoir.
- Beaucoup se replient dans l'inertie de pensée et d'action;
- D'autres se défoulent par la violence, plus ou moins in-discriminée, manipulé(e)s par les exploiteurs bénéficiaires de la violence;
- Certain(e)s se rallient "du côté du manche"[du Pouvoir] à la Droite Extrême ou Extrême Droite accédant au Pouvoir, afin de pouvoir bénéficier, en tant que complices de cette accession, d'avantages qui leur seront consentis, espèrent-ils/elles.
( Car bien rares sont - encore? - parmi les nouveaux Prolétaires, ceux/celles qui veulent "conscientiser" les Dominé(e)s, en "Résistance" au "Grand Capital" ... )

Et si tu es resté(e) sensible à l'aspiration par référence aux plus riches (= l'"ascenseur social"), tu seras peut-être conforté et rassuré par la théorie des "miettes" [expression familière mais sans nuance péjorative, c'est ce qui retombe pendant le repas] que John Rawls a bien expliquée et justifiée dans son livre "A theory of Justice" sur les raisons d'être de la  "justice sociale" au sens d'inégalités à accepter pour le plus grand bénéfice de tous(3).

Et Tout ça compris, mécompris ou contesté, sans te fermer les yeux, c.-à-d. ignorer volontairement les constats, - on fait quoi?
 
Qui dit mieux (?)

(1) Après tout , on s'en sort mieux qu'en Grèce ... Et on ne peut presque plus rien acheter sans se voir offrir un cadeau; et les médias sont à profusion, et les coupures d'électricité sont rares, et tu peux regarder les beautés à la télé ...
(2) L'amalgame entre les classes moyennes et les supérieures est accentué par le fait que les "moyenneux"/euses ne sont plus "hors système" mais, d'abord, possèdent - directement ou indirectement - des actions en Bourse - qu'ils/elles sont donc, littéralement parlant, des "capitalistes" - par exemple quand il/elle bénéficie d'un plan épargne retraite ... - ceci dans la droite ligne du "capitalisme populaire" cher à Mme Thatcher + ...
(3) En substance, John Rawls : Reconnaissant l'insuffisance du postulat posé par les premiers économistes de l'époque moderne selon lequel la recherche individuelle du profit maximal suffit à produire l'intérêt général, alors même que les injustices constatables sont telles qu'on peut se sentir fondé à douter que le meilleur état social en résulte, John Rawls explique que, même si l'enrichissement se fait inégalement, nettement plus à l'avantage de certains que d'autres, les retombées de cette création de richesses avantagent aussi tous les autres. Autrement dit, on est plus ou moins riche, mais nous sommes globalement tous plus riches que nous le serions sans le Capitalisme. Ou : En s'élevant les [très] Riches font retomber des avantages, y compris sous forme d'opportunités visant à améliorer son sort, sur ceux qui restent en-dessous; - à vérifier en détail?
Mais après, si tu n'as aucune objection au principe même d'inégalité, puisque tu aspires à rejoindre les plus riches, il te reste - peut- être ? - cette question à poser aux Riches dominants : "En quoi les "excès" de ces Riches contribuent-ils à l'enrichissement global?": faut-il que les "retours d'investissement" (= profits) soient aussi élevés; que les salaires, quand ces Riches sont salariés, soient des centaines ou miliers de fois le salaire minimum garanti ... ?

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