Les godillots sont déjà En Marche

Le moins que l'on puisse dire, c'est que pour satisfaire le président Macron et ses amis, les députés d'En Marche! savent taire leurs scrupules. Pour ceux qui en ont, naturellement.

Ils ont donc élu de Rugy au perchoir. L'homme qui a successivement démissionné d'EELV pour tenter sans succès de se faire nommer au gouvernement Valls et, après avoir participé aux primaires "de la belle alliance" et juré qu'il soutiendrait Hamon, s'est parjuré pour soutenir Macron. Un homme fiable, comme les aime le nouveau président. Et dire que c'est lui qui devra faire voter la confiance... A défaut de la susciter...
Il est vrai qu'avant cela, ils avaient élu Ferrand à la tête de leur groupe. Un homme, que dis-je, un ami soupçonné d'enrichissement personnel, pas moins. Ils nous feraient presque regretter Bayrou, et ses petites magouilles, qui , au moins, ont permis de sauvegarder quelques emplois de collaborateurs du Modem. Une sorte de PSE avant la lettre..
Ferrand, lui, c'est autre chose. C'est l'intérêt "mutuel" bien compris. Ce dont il est soupçonné, c'est de s'en être mis plein les poches. De gauche comme de droite. Pourtant, il l'ont élu comme un seul homme, sans état d'âme. "Le meilleur d'entre eux" comme disait Chirac. C'est tout dire...
Mais ça ne les empêchera pas de donner des leçons de démocratie, d'efficacité et de modernité... Et de s'attaquer aux vrais problèmes de notre société: la cravate à l'assemblée ou bien encore le drapeau européen... Voilà des questions qui passionnent les français.

Il est vrai qu'avec les ordonnances, ils n'auront pas grand chose d'autre à faire dans l'hémicycle cet été... Et pendant ce temps, on ne parle pas de la soirée macronolâtre organisée à Las Vegas par Business France sous la houlette de Mme Pénicaud, nouvelle ministre du chômage. Pour 380000€ de fonds publics.
Certes, en matière d'utilisation avantageuse des fonds publics, Macron a encore beaucoup à apprendre notamment de nos voisins. Par exemple de la CDU de Mme Merkel qui, à l'époque de Kohl, s'était largement financée sur les fonds de la privatisation des entreprises de l'est. Ou plus récemment de Theresa May qui, pour retrouver une majorité perdue dans les urnes n'hésite pas à consacrer plus d'un milliard de Livres pour s'attirer les faveurs du parti ultra réactionnaire d'Irlande du Nord. Prélevés sur le budget, vous l'aviez compris.
Mais notre nouvelle majorité garde dans ce domaine une grande marge de progression. L'acharnement à défendre Ferrand et ses petits enrichissements familiaux témoigne que la conception qu'a Macron de la corruption est pour le moins modulable.
Après la victoire de Bouvines en 1214, le peuple se réjouissait de la capture du compte de Flandre, Ferrand, en s'écriant "Ferrand, te voilà ferré". Souhaitons que dans un proche avenir, si la justice passe, le peuple pourra crier "Ferrand, te voilà déferré..."

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