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Billet de blog 23 juin 2020

Mravinsky

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Mravinsky © Jean durovray (pdf, 25.6 kB)

Ce serait un monde qui se serait juré, égosillant, à en perdre la voix, qu’il
existerait un jour d’après. Un monde où Facebook interdirait la parution de
la dernière Une des Cahiers du cinéma mais permettrait, en même temps,
la survivance de groupes où les propos racistes, sexistes ou homophobes.
Ce serait un monde où l’on ne ferait plus que des selfies au cimetière
Bogoslovskoïe où repose Yevgueny Mravinski dont ne résonne plus que dans
la tête de pauvres erres les œuvres magistrales, d’une exactitude folle, sans
les fioritures vrombissantes d’un Karajan finalement, de l’Orchestre de
Leningrad.
Ce serait un monde où l’on ne s’inclinerait plus avec dignité et gravité
devant la mémoire du six juin, le jour où des centaines de milliers de
jeunes hommes débarquèrent sur les plages de Normandie tandis que
l’Armée rouge reprenait le front est. Un monde où l’on ne penserait plus le
quatorze juillet que comme une conjonction de coûts, de risques, et non
plus comme la célébration d’une terrible révolution qui offrit République
et émancipation à bien plus d’un peuple.
Ce serait un monde où l’on souhaiterait une bonne fête à sa chère maman,
délaissant le fait que le maréchal Pétain institua cette funeste « fête »
durant les heures sombres de la collaboration. Un monde où l’on usurperait
l’idée du Front Populaire, où Madame Buzyn s’étalerait en vacuité d’un
mouvement qui fait semblant de ne pas choisir, si ce n’est la justice.
Ce serait un monde de déni où l’on pourrait entendre que le sort de
Georges Floyd ne serait pas à importer en France où, on entendrait encore,
aucun noir ne serait décédé d’asphyxie durant son interpellation par les
forces de l’ordre.
Ce serait un monde où tu signerais dans une Maison mais tu le tairais,
parce que le jour d’après ne contraste finalement pas sur les questions de
contrats, d’argent, de pouvoirs et de cette injustice innée qui demeurera
tout le temps, entre les possédants et les dépossédés.
Ce serait un monde où, en russe, tu confondrais « adieu » et « à votre
santé. » Un monde où un cri reste un cri, c’est-à-dire un mouvement
étouffé par le bruit du silence.

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