Nos politiques doivent être des scientifiques et plus des gestionnaires sans vision.

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » Rabelais « Je crois que l'avenir de l'humanité est dans le progrès de la raison par la science » Zola « L’homme politique s’oppose à tout effort humain positif, dans la mesure où son existence même dépend de l’existence des problèmes non résolus. » Reich

Aujourd’hui, on remarque que le politique ne donne jamais de place aux scientifiques. On a des présidents avocat (Sarkozy et Mitterand), fonctionnaires (Chirac et Hollande) ainsi que l'ensemble des premiers ministres à l'exception notable de Valery Giscard d'Estaing qui fut le seul président progressiste et qui est un scientifique de formation.

 La science est au service du pouvoir, qu’il prenne la forme d’un État ou d’une grande firme privée. Malgré la présence de quelques polytechniciens cantonnés à des postes d’experts techniques, l’immense majorité des dirigeants politiques et économiques sont des administratifs ou des juristes. Ces fonctions qui sont sans doute nobles  sont par nature liées à de la gestion et de la planification mais pas ou peu à une dynamique de résolution des problèmes et encore moins d'une vision pratique pour faire progresser l’humanité.

En France, le budget est une prérogative de l’État, et ce dernier « appartient » aux hauts fonctionnaires, inamovibles derrière les politiques qui vont, viennent . Mais ces hauts fonctionnaires souvent issue de l’ENA, sont bien in fine les décideurs politiques et sont par nature des garants de l’immobilité.

A-t-on l’idée qu’un controleur de gestion ou qu'un banquier veuillent  changer le monde….l’idée elle-même fait sourire.

Par contre, le scientifique est une personne qui participe au progrès. C'est à lui (ou elle) qu'on fait appel lorsqu'il s'agit de résoudre des problèmes d'ordre technologique mais aussi d'innover, de préparer le monde de demain. Pour cela le scientifique invente, améliore, conseille, fait fonctionner, conçoit, fabrique et dirige des projets complexes et novateurs.

Si le fondement de la société est scientifique, par l’ensemble des constructions physiques et des mécanismes complexes qu’elle suppose (habitation, eau, électricité, transport, médecine, technicité, informatique), elle n’est pas dirigée par des scientifiques et encore moins par des ingénieurs, qui appliquent les découvertes.

Ce sont les politiques-gestionnaires et conservateurs, qui ont la main sur les investissements en matière de recherche et de développement de l’intelligence, c’est-à-dire les enseignements en tout genre. Les vrais découvreurs se heurtent d’ailleurs toujours à ce pouvoir et n'ont aucune reconnaissance ne leur est alloué. L'exemple des inventeurs salariés est à ce titre frappant. 90 % des brevets français sont obtenus à partir des travaux de salariés qui sont peu ou pas reconnus.

Connaissance, découverte et solution d’un côté, gestion, planification et pouvoir de l’autre. Les hommes politiques actuels  sont dans leur grande majorité antinomiques des scientifiques.

Notre société, et ceux qui la composent, iraient peut-être mieux si la connaissance était l’objectif numéro un des politiques.

En 50 ans, les scientifiques français ont produit le Concorde, le TGV, les centrales nucléaires, une médecine de pointe… Ce ne sont donc pas les politiques qui font avancer les choses, mais bien les scientifiques.

On classe l’assistance publique, le système de soins, dans le giron scientifique. C’est bien parce que la médecine française est universellement reconnue comme excellente, que nous sommes bien soignés… malgré les coupes franches des politiques dans le budget des hôpitaux.

Alors, que faire ? Laisser le système actuel en place se détruire doucement à force de perdre son caractère démocratique et laisser la place aux extrêmes destructeurs ?

Déjà premier critère simple et facile à faire, voter uniquement en 2017 pour un candidat scientifique.

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