Découverte : les plus gros projets d’architecture de Dominique Perault

Né le 4 avril 1953, Dominique Perrault professionnel de l'architecture et de l'urbanisme s'est vu confier son premier gros projet dès 1989 : la BnF, bibliothèque nationale de France. D'autres réussites d'envergure ont suivi, parmi lesquelles le vélodrome et la piscine olympique de Berlin ainsi que le campus de l'université Ewha dans la capitale de la Corée du Sud, à Séoul.

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La BnF : une option originale d’architecture


Le site de cette bibliothèque hors normes se trouve à l'est de Paris. A l'origine, il s'agissait d'une friche localisée entre la Seine et les voies ferrées de la gare d'Austerlitz. Cette construction était la première étape du renouveau programmé de ce quartier parisien. L'édification de la Bibliothèque Nationale de France a nécessité l'édition de 220 000 plans, conçus à l'époque sans outils informatiques. La maquette fabriquée au préalable par Dominique Perrault avait révélé un futur bâtiment encombrant au cœur de ce cadre : le triple du centre Pompidou. L'architecte a donc eu l'idée d'insérer ce bâtiment sous terre et d'en conserver les angles en surface. Entre ces encoignures s'étend une vaste place qui constitue le toit de la bibliothèque. Cette architecture tient compte de contraintes urbaines et paysagères multiples tout en favorisant le confort de lecture des usagers du lieu. Le tout s'articule autour de la notion d'ouverture au public via l'esplanade abritant un jardin, tel un cloître protégé de l'agitation de la ville. Ce chantier a été mené à terme en cinq ans à peine, au rythme de 2500 m2 par jour.

La piscine olympique de Berlin


La réalisation de cet équipement était l'enjeu d'un concours d'architecture lancé en 1992 et remporté par Dominique Perrault. Les candidats en lice étaient nombreux et prestigieux : près de quarante architectes allemands et plusieurs autres virtuoses internationaux en la matière. Les plans du Français ont su convaincre le jury grâce à une approche plus orientée sur le paysage que sur l'architecture elle-même. La structure de la piscine et celle du vélodrome attenant n'émergeaient que très peu en surface au beau milieu d'un verger étendu sur dix hectares. Les toitures au revêtement métallique donnaient en outre une impression de plans d'eau dans la verdure. Les contraintes imposées pour cette architecture étaient importantes. Les fondations devaient être réalisées dans un sol plutôt sableux. Une isolation thermique permettant des économies d'énergie faisait aussi partie des conditions exigées par le contrat, de l'ordre de moins 60% par rapport à une construction traditionnelle. En dépit des formes classiques prévues pour la piscine et la piste de vélo (rectangulaire et circulaire) la complexité était au rendez-vous avec l'enfouissement et les dimensions de ces équipements sportifs.

Zoom sur l'université féminine d'Ewha


Le campus de cet établissement d'enseignement supérieur a une superficie d'environ 60 hectares, les 73 constructions de cet espace en occupent 48. Parmi ces bâtiments, les plus récents se distinguent. Ils ont été conçus par Dominique Perrault entre 2004 et 2008. Là encore, l'enfouissement a été retenu par l'architecte afin de dégager le maximum d'espace en surface. Ces constructions sont donc sous terre et jouxtent une large entaille d'où émergent deux hautes parois de verre. Les toits végétaux de ces bâtiments en partie souterrains se modèlent sur l'inclinaison naturelle du terrain en surface. Cette superficie de 70 000 m2 bénéficie cependant d'une clarté fournie à 100 % par la lumière naturelle. Cette trouée géante vue de haut ne paraît pas plus étendue qu'un sillon au sein d'un panorama bucolique. Cette réalisation a été détaillée dans un documentaire de la série Architectures sur Arte en 2006. L'ensemble de cet espace aménagé sous terre abrite des amphithéâtres, des salles d'étude et des bibliothèques ainsi qu'une partie administrative sans oublier une zone plutôt commerciale : une cafétéria, des boutiques et même un cinéma.

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