La gauche à l’épreuve de l’Union européenne

Ce petit livre de moins de 200 pages expose les éléments d’une contradiction qui traverse la gauche depuis 1992 et la signature du traité de maastricht. Prise en tenaille entre des aspirations internationalistes et une montée en puissance du modèle étendu de l’économie de marché, celle-ci n’a pas su voir le carcan dans lequel l’Europe Maastrichienne nous entrainait.

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L’idée d’une Europe réformable de l’intérieur continue, souvent avec un rapport ambiguë, mi soumission mi rêve fédéraliste, de servir de cadre au projet politique de la gauche.

 

D’une façon plus condensée que l’essai de Coralie Delaume et David Cayla « La fin de l’Union européenne », ce livre reprend par le menu la dimension juridique de l’introduction du néolibéralisme dans les traités successifs et résolument anti démocratique qui ont jalonnés les étapes de la construction de l’UE, pour démontrer la nature profonde, et non modifiable en l’état, des rapports de forces face au fonctionnement administravo-juridique de l’Union.

La question du basculement de la hiérarchie des normes juridiques entre les droits nationaux et les instances européennes, y est précisément décrite aussi bien dans ses termes que ses conséquences, vis-à-vis de toute velléité nationale de progrès sociale ou d’ambition écologique.

L’intérêt fondamentale de cet ouvrage, au-delà de la description extrêmement claire des mécanismes juridiques européens déjà largement décrit ailleurs, résulte de sa capacité à proposer une stratégie politique en posant d’une manière limpide les questions vis-à-vis des quelles toute offre politique devra se déterminer pour mener à bien une politique de restauration sociale et une réponse effective aux enjeux écologiques.

L’ordre juridique et technocratique européen a pris le pas sur toutes les formes de délibérations démocratiques nationales. Les leviers de l’action en cas de victoire d’une force de progrès social à de prochaines échéances, devront agir sur cette dimension en s’attelant à une reconsidération du chapitre XV de la constitution qui a inscrit la subsidiarité du droit français vis-à-vis du droit européen.
Sans cette réécriture clairement annoncée et soutenue par un processus référendaire, aucune possibilité de changement de direction vis-à-vis de l’organisation ordolibérale européenne ne sera envisageable.

Enfin, le retour à des politique de justice sociale et écologique nationales, ne signifie en rien pour les auteurs, un retour à une Europe des nations repliées sur elles-mêmes, nourrit dans les visions ultra-droitière, mais au contraire la possibilité retrouvée de construire une Europe de la coopération et de la solidarité.

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