Les doutes d'un blaireau

Billet court, pour une fois.

"Recrudescence des affrontements en Ukraine", "Des camions et des tanks qui circulent à Donetsk"; la sommation de Washington et de l'U.E. à Moscou de "retirer ses troupes" de l'Est de l'Ukraine. Ouf! en quelques jours revoilà le Belphégor ukrainien qui fait sa rentrée.

Pourquoi? C'est la question qu'il faut se poser. J'ai trouvé deux raisons:

- le regain de tension et l'affirmation d'une présence militaire russe relancent non seulement la tension, mais renouvelle les "arguments" contre la livraison des navires Mistral, initialement programmée pour après-demain, 14 novembre. Mais c'est encore l'arbre qui cache la forêt: derrière, il y a les fameux 196 avions que l'Inde doit acheter incessamment sous peu, avec les Rafales sur les rangs.

Nota: la récente décision de dissoudre certaines unités françaises affaiblit durablement notre dispositif, et nous fait dépendre encore plus fortement de l'OTAN pour assurer "notre sécurité" devant un fantômatique "péril russe".

- sur un tout autre plan, il s'agit, en démonisant Moscou, d'essayer d'enfoncer un coin entre les membres du BRICS+ (les Brics plus une douzaine de pays notamment sud-américains candidats à l'adhésion au Consensus de Shanghaï) pour faire capoter ou du moins ralentir le processus de création d'un Marché Pacifique concurrent de celui proposé par Washington, pour lequel Obama tente de faire le forcing avec semble-t-il peu de succès.

La crise ukrainienne n'est pas du tout "politique", mais bien une histoire de gros sous: la crainte de Washington de voir émerger une monnaie concurrente du dollar en tant que moyen de paiement international,ce que l'euro fut un temps, d'où les gesticulations de Londres pour le castrer,et la recherche frénétique du pillage de l'Ukraine: permis d'exploitation du gaz de schiste (en plein milieu du tchernozium, la terre la plus ferile du monde!) après les permis de forage pétroliers en Mer Noire.

Ce qui explique l'indulgence de Washington et Bruxelles envers le gouvernement de Kiev et ses drôles de participants.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.