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Billet de blog 14 juil. 2015

Pour une Union Latine

Jean HUCK
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Désormais, même pour les plus "bouchés" d'entre nous, les choses sont claires: il y a deux Europes, celle dite "du Sud" et l'Europe Allemande et ses affidés.

L'Allemagne est un tigre vieillissant qui chaque jour que Dieu fait, se racornit et devient "de papier". Son fameux "modèle "est en fait un village Potemkine: elle dépend à 19% des surplus de ses exportations d'automobiles. A part la bagnole et les machines-outils, son industrie est moribonde. Elle a délocalisé massivement sa production: plus de 80% des pièces de ses voitures "Deutsches qualität" sont fabriquées en Europe de l'Est où la main d'oeuvre trime pour des rognures.

L'Allemagne a pour coutume de ne pas payer ses dettes. On devient riche pour moins que ça.... Elle a imposé l'Euro-Mark sur l'impression du sérieux de son système bancaire. La bonne blague!: ses banques, gorgées de titres "titrisés", ont pris une baffe monumentale en 2009 et ont été sauvées de justesse... par l'Europe. Et elle rabroue vertement toute investigation sur ses "Sparkässe" régionales, ses Caisses d'Epargne: toute enquête mettrait au jour leur faillite.

Et, cerise sur le gâteau, il est devenu évident qu'elle a réussi un coup magistral: l'OTAN, nominalement aux mains des USA, est en fait devenu l'instrument de la géopolitique allemande. L'intervention en Yougoslavie, c'est elle; après avoir encouragé slovènes et Croates à la sécession. Il en va de même pour le Kosovo et l'Albanie: l'allié "mahométan" proche de la Turquie; vous voulez un dessin?

Elle a plus qu'appuyé les évènements en Ukraine, qui reste depuis 1917 un objectif prioritaire pour sa richesse.

L'U.E. est devenue une Europe allemande. Une Europe au service de l'Allemagne.

Et cette Europe là ne me plaït pas.

Précision: j'étais un fervent partisan de l'Europe jusqu'au Traité de Lisbonne; j'ai voté "Oui" au référendum de 2005 et je n'en ai pas honte, je pensais que ce serait utile une Constitution même si je n'étais pas d'accord avec tout. Et je n'ai jamais voté "à gauche" avant 2005 (ah si! une fois: pour un candidat à la Mairie, un Communiste, André Vanco, qui était la bonté faite homme).

Trop, c'est trop. Il faut se détacher de cette Europe Allemande qui nous vampirise, le mot n'est pas trop fort.

Alors, revenir à la France seule de Maurras? Je ne crois pas que ce soit la solution. Dans le monde actuel, où rôdent les requins, "l'union  fait la force" comme disent mes amis Belges.

Faire l'Union Latine.

Nous, Français, sommes pétris de Droit romain, tout comme d'ailleurs les Italiens, les Espagnols, les Portugais, les Belges wallons, et... les Grecs (eh oui!). Droit écrit,  définissant et encadrant la "Res Publica", la chose publique, ce que nous possédons en commun, notre République enfin. Nos Nations sont définies par "le désir de vivre ensemble".

Rien à voir avec le Droit saxon qui régit l'Europe du Nord, droit coutumier ou "Common Law", essentiellement oral et coutumier, il promulgue l'obéissance au "Régius", au Chef. C'est le Droit de la force: elle ne prime pas seulement le droit, elle EST le Droit. Comme disent les Etats-Uniens "Winners take all", les gagnants raflent tout. La Nation est, de manière à peine voilée, "la communauté du sang".

Pourquoi ne pas se retirer purement et simplement de cettev U.E. mortifère et bientôt moribonde, et créer une "Europe du Sud", une "Union Latine", non pas une Europe des Etats mais une Europe des Peuples. Après tout, c'est ça, la démocratie: un gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple" selon la définition d'Abraham Lincoln (oui, il existe de vrais, de bons Etats-Uniens, comme partout; hélas, comme partout, les salopards finissent par l'emporter).

Plusieurs axes majeurs:

- neutralité absolue. Pas quesion d'intervenir pour quelque cause que ce soit. Les armées, ou l'Armée si elle est souhaitée, sont (est) là pour défendre les citoyens en cas d'attaque.

- séparation absolue des banques d'affaires et des banques de dépôt. Même les "filiales" seront interdites.

- en même temps, obligation pour les banques de remettre tout ou partie des créances détenues envers des pays membre de l'Union; révision des taux d'intérêts sur les prêts existants. Et rééchelonnemnt du reliquat si besoin est.

- une Banque Centrale semble s'imposer. D'accord: mais elle a la prérogative d'apprécier ou de déprécier la monnaie commune pour faire face aux remous de l'économie.

- ce n'est pas parce que l'Euro est une merde qu'il faut jeter le bébé avec l'eau du bain. Une monnaie commune peut donner la masse critique nécessaire pour les investissements inévitables. Je suis loin d'être un spécialiste, mais il me semble que le fil directeur souhaitable est le suivant: reprenant les anciennes dénominations nationales, un Franc Français = un Franc Belge = Une Lire = un PEso = un Escudo = une Drachme. La monnaie commune sert avant tout à booster la balance commerciale, puisqu'i n'ya plus que ça qui compte. PAS à générer un effet de rente pour une "monnaie forte". Nom proposé: le denier (dinero, denaro, .... en grec?), gagé sur l'or.

- au plan des investissements, l'Union Latine pourrait établir la règle de l'acceptation d'éventuels investisseurs, comme d'ailleurs l'autorisation pour une entité étrangère de s'établir sur son territoire. Visés: les raiders, les fonds de pension et spéculateurs. Pas de capitaux "balladeurs" qui viennent traïner pour repartir aussitôt.

Bon, pour l'économie, c'est assez; nous avons de très bons spécialistes qui pourront nous conseiller.

Au plan politique:

- gouvernement central (fédéral) ou gouvernements séparés? question épineuse que l'on put contourner par:

- fiscalité commune au moins au niveau des Etats. L'impôt étant sensé couvrir les dépenses de l'Etat et les investissements "publics" doit être calculé au plus juste, et doit être au niveau le plus bas possible. La contrepartie:

a) "malheur aux fraudeurs" et là, j'insiste: autant de personnels qu'il en faudra et principe d'égalité absolue devant la Loi.

b) tout citoyen de l'Union, toute entreprise ayant été fondée sur le territoire de l'Union est assujetti à l'impôt, quel que soit le lieu où il exerce ses activités

c) suppression de toutes les aides aux entreprises de plus de, mettons, 100 employés. Maintien et si possible amélioration des aides aux P.M.E., P.M.I., atrisans et petits agriculteurs. Le critère deviendrait la qualité et non plus la quantité.

cbis) la Presse étant désormais régie par des capitaux privés, suppression des aides à la Presse.

d) L'Union étant constituée de pays fortement agricoles, abolition du "Registre des semences" et autre grimoire prétendant recenser les variétés "autorisées". Quelques mesures de bon sens: réticence à l'égard des OGM, semences replantables après la récolte, accent mis sur la variété, et lutte contre toute forme "d'agricultre industrielle" y compris et surtout dans l'élevage.

e) harmonisation en vue de l'unification des Codes Civils

f) interopérabilité de la Police et de la Justice sur tout le territoire de l'Union

g) unification la plus rapide possible des Codes du Travail et des Lois sociales, unification de la rémunération du travail.

h) enfin système unifié de retraites par répartition, maintien des retraites complémentaires, mais abrogation des Fonds de Pension

i) en tout dernier: chaque pays de l'Union Latine se réserve le droit de se maintenir ou de quitter l'OTAN.

Ceci n'est, bien entendu qu'une ébauche éructée par un vieillard cacochyme. Mais avec notre savoir-faire bien à nous, pays "latins", et nos indéniables capacités commerciales, les quelsuqes secousses de départ seraient vite oubliées.

Au fait, cette Banque Centrale, si on l'appelait carrément "Banque PIGS"?

Et n'oubliez pas: "Nikê" veut dire Victoire, mais aussi ..... autre chose que la décence et la morale m'interdisent de nommer ici.

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