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Billet de blog 20 août 2014

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Impérialisme; le choc.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Il en est des empires comme des plaques tectoniques: inévitablement, ils se rencontrent et s'affrontent. Jusqu'au séisme qui  rééquilibrera les forces.... Les empires se chevauchent, comme les plaques, l'un passe en dessous de l'autre: c'est la subduction.

Aujourd'hui, trois empires se rencontrent: les USA, la Chine et la Russie, Chine et Russie s'étant rapprochés, ce qui nosu donne deux "Blocs" comme au temps de la Guerre Froide, avec les alliés, vassaux et affidés.

Le bloc Chine-Russie couvre le Heartland cher à Mackinder. Le bloc USA couvre le Rimland. L'ours contre la baleine......

Quel est l'enjeu principal de cet affrontement, hormis évidemment l'hégémonie mondiale? C'est la préservation de l'hégémonie US sur l'économie mondiale.

Cette hégémonie est issue des accords de Bretton Woods (1944) instituant le dollar US comme monnaie des échanges internationaux, et créant la Banque Mondiale et le FMI sous la directiondes USA: facile: TOUS les autres Etats du monde étaient en faillite.

Le Plan Marshall (1947) et les accords USA-Arabie Saoudite verrouillèrent le système: rien que les pétrodollars rapportaient 1 Milliard de $ par jour au Trésor US.

La Guerre Froide poussa les alliés des USA à une intégration économique sans précédent : souvenez vous, la "reprsie" en europe dépendant étroitement des la reprise aux USA......

Mais avec la renaissance de l'économie ouest-européenne, le jeu changea. Le point de renversement se situe en 1971 lorsque Richard M. Nixon décida d'abolir la conversion du $ en or. Ses "engagements", nombreux, ses dépenses militaires gigantesques (Vietnam en particulier) avaient asséché le Trésor US......

L'avènement du Marché Commun, puis de l'Union Européenne, d'abord regardés favorablement à Washington, firent naître des craintes: un marché gigantesque se profilait derrière le Rideau de Fer et la Grande Muraille. Déjà la consurrence européenne sur les marchés mondiaux gênait considérablement l'économie US: que se passerait-il si ces européens trouvaient un "booster", un surcroît de capacités avec des marchés à l'Est?

Or, ce n'est un secret pour personne, les européens rêvaient du rôle d'honnête courtier entre Washington, Moscou et Pékin. Une neutralité prospère en quelque sorte.... une Suisse aux dimensions mondiales.

Ceci menaçait gravement les intérêts US. Il faut leur reconnaître cette brutale franchise: les USA sont TOUJOURS intervenus extra-muros pour défendre leurs intérêts. Ils l'ont toujours dit. Or URSS et Chine commençaient à "décoller", émergeant à grand'peine des ruines de la 2ème Guerre Mondiale (nous sommes à la fin des années 70): la course non plus aux armements mais aux ressources planétaires commençait.

Dans cette course, les USA partaient mal placés: en ressources minières et extractives, l'URSS s'avérait un Eldorado dépassant largement les capacités internes des USA. Et le choc pétrolier, résultat du conflit israélo-arabe dans lequel Washington se plaçait aux côtés d'Israel, créa la panique à Washington, pire à Wall Street.

La financiarisation de l'économie US date de 1971, avec le retrait de la converibilité or du $. L'effondrement de l'industrie US, douce et délectable revanche du Japon sur Hiroshima et Nagasaki, une certaine dépendance vis-à-vis du prix de l'énergie ont contraint les USA de passer d'une économie d'échanges de produits et de biens à une économie de multiplication de la monnaie par le biais des transactions boursières. En ce sens "la crise" ne date pas de 2008, mais de l'explosion de l'escroquerie Enron qui montra tout bêtement que le Roi était nu.....

Une seule stratégie "convergente" reste alors possible pour éviter le naufrage: prendre un maximum d'intérêts dans les extractions d'énergie, afin de maîtriser les prix de vente et donc maintenir un ascendant sur les pays consommateurs; tout en évitant à tout prix que ce commerce se fasse hors Dollar.

La multiplication des trouvailles de réserves en Méditerranée, Mer Noire, Mer de Chine et ailleurs ne facilite pas la tâche de l'Oncle Sam.

Saddam Hussein envisage de vendre son pétrole contre des Euros. Elminé.

Mouammar Kadhafi envisage aussi cette conversion. Pire: il propose un Marché commun Africain, une Banque Africaine fondée sur le Dinar-Or. Eliminé.

Les Chinois ralentissent leurs achats de Bons du Trésor US. Ah! Klingons, aliens, ennemis......

Ce que faisant, Moscou s'aperçoit de ce Talon d'Achille US, plus important en fait que leur domination militaire. Consensus de Shanghaï, accords d'échanges commerciaux en Yuans et en Roubles, ce qui séduit nombre de pays émergents, donc le BRICS. Ennemi Public N°1 qu'il convient de chasser des forums internationaux, de le mettre au ban des nations.

L'Union Européenne suit, pour deux raisons:

- les ex-Républiques de l'Est gardent une haine de l'URSS qui s'est réorientée vers une haine de la Russie. On les comprend.

- l'Europe de l'Ouest est tellement imbriquée dans l''économie US que l'effondrement de celle-ci entraînerait mécaniquement l'effondrement de notre économie.

Stratégie périphérique donc du Rimland pour "mordre" sur les marches du Heartland: Afghanistant, raté, Irak, raté, Syrie, plouf! Reste le plus dangereux: l'ex glacis soviétique. Reniant la parole donné à gorbatchev lors de la réunification de l'Allemagne, l'OTAN s'installe dans les ex-Républiques de l'Est et les USA abrogent de facto le traité ABM interdisant l'installation de boucliers anti-missiles en europe de l'Est. Cela en espérant faire bouger l'Ours Mischka dont on présume qu'il va réagir "comme d'habitude", en envoyant les chars. Raté.

Restent l'Ukraine, la Géorgie, toute cette périphérie de la Russie, et non pas de l'URSS, En poussant les feux de révolutions pro-occidentales, on est sûr de révéiller l'Ogre du Kremlin. Pour la Géorgie, raté: trop loin des bases de l'OTAN.

Pour l'Ukraine ça a failli réussir sauf qu'il y a un os: Valdimir Vladimirovitch est un très bon joueur d'échecs, et les "spin doctors", aussi à l'aise pour monter des coups que pour dévier les enquêtes en ont cette fois trop fait. Vous voulez mon avis? C'est une faillite du Renseignement US qui n'a pas assez soupesé l'importance des Banderisti et associés, ce qui fait faire long feu à leurs scoops.

Bref, une fois de plus, Oncle Sam s'est pris le pied dans le tapis. Je m'en contrficherais si je n'étais pas u beau milieu de ce merdier.

PACA (l'équivalent de Ciao en Russe, ça sonne bien, non, pour un Niçois?)

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