Pour le respect du processus démocratique en Guinée

Celui ou celle qui habite Kipe, Nongo, Hamdallaye, toutes communes de Ratoma et qui désire aller à Conakry peut attendre trois ou quatre jours avant d’y parvenir, entre les routes barrées, les jets de pierre, les pneus brûlant sur la route et les insultes collectives, son itinéraire devient de plus en plus dangereux et incertain.

Celui ou celle qui habite Kipe, Nongo, Hamdallaye, toutes communes de Ratoma et qui désire aller à Conakry peut attendre trois ou quatre jours avant d’y parvenir, entre les routes barrées, les jets de pierre, les pneus brûlant sur la route et les insultes collectives, son itinéraire devient de plus en plus dangereux et incertain.

La périphrase« la route ne passe pas » indique clairement au conducteur qu’il met sa vie en péril si jamais il s’y aventure.

Le citoyen désirant uniquement gagner son pain quotidien doit affronter bien des obstacles avant d’atteindre le centre de Conakry: journée de marche suivie d’une journée morte, une deuxième appelée ville fantôme, généralement suivie d’une troisième, comme ce fut le cas pour le jeudi 2 mai, le vendredi 3 mai, le samedi 4 mai 2013. Ainsi des citoyens désirant simplement prendre leur avion ont dû y renoncer, perdant ainsi de fortes sommes.

A en croire M. Cellou Dallein Diallo le Président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée ( UFDG) : « C’est le moment de lutter contre les forces du mal. »

Pourtant une déclaration conjointe entre le gouvernement, les partis d’opposition et la mouvance présidentielle a été signée en date du 24 avril 2013. A cette occasion le Secrétaire général de l’ONU M. Ban Ki-Moon avait formulé « le vœu que ce dialogue politique permette de jeter les bases d’une paix durable et de la stabilité en Guinée et de garantir la faisabilité et la tenue des élections législatives le plus tôt possible. »

Un décret présidentiel a fixé la date des élections au 30 juin 2013.

Mais l’opposition a promis de durcir le mouvement à l’approche des élections législatives. D’ailleurs le Président[1]de l’UFDG, candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2010 a tenu à préciser « que l’affaire des élections était devenue une question secondaire. »

Le droit n’est que l’ensemble des pouvoirs que le sujet du droit s’attribue comme tel et qu’autrui lui reconnaît. Il n’y a donc pas de droit sans une personne qui lui sert de support. Cette personne peut être individuelle ou collective. Si on ne peut passer sous silence les violences générées par les différentes fractions politiques - les organisations de défense des droits de l’Homme doivent réaffirmer leur détermination quant au respect des droits fondamentaux- il est hors de question de remettre en cause le processus démocratique.

 Le président de la République de Guinée le Pr Alpha CONDE qui a pris ses fonctions le 21 décembre 2010 est à mi-mandat. Tout doit être fait pour préserver l’intégrité de l’Etat. Un président élu doit pouvoir exercer ses fonctions jusqu’au dernier jour. Les organisations internationales ont le devoir de veiller à l’application pleine et entière de la mandature d’un chef de l’Etat élu démocratiquement.

C’est un principe non négociable. On a vu les ravages que l’indifférence ou la compromission a causés sur le continent.

La concertation doit se poursuivre. Elle ne sera efficace que lorsque se taisent les intérêts, les appétits, les vociférations. Le débat devient alors concevable puisque par le jeu de l’expérience, de la démonstration, les positions initiales peuvent se rapprocher.

La liberté du citoyen est un attribut de sa personne ; inconditionnel et métaphysique. Le citoyen guinéen s’est exprimé par le biais des suffrages le 7 novembre 2010 et le fera à nouveau le 30 juin prochain pour les législatives. Ses choix devront être respectés.

La tolérance présuppose que chaque parti admette que son adversaire gouverne parce que rien d’irrémédiable n’est jamais accompli.

 


 

[1]Aminata.com posté le 4 mai 2013, article signé Mamadou Aliou Barry.

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