La « pandémie » de covid-19 : la continuation de la politique par d’autres moyens

La situation de la culture est conditionnée par le jeu de trois forces : l’effort de garantir la santé publique, l’effort de satisfaire les exigences privées des capitalistes, l’effort d’accroître la puissance de l’État. Toutes les bizarreries, les contradictions, les absurdités apparentes, se laissent expliquer par une combinaison variable de ces trois éléments.

La culture (au sens artistique large) est située dans ce champ de forces, comme une cible privilégiée en ce qu’elle conteste radicalement le fait de la société emprisonnée dans un immense camp de travail où les seuls loisirs prescrits sont l’achat de marchandise (y compris les marchandises « culturelles ») et le culte religieux. La culture est la liberté à l’état créatif, et non la consommation d’images produites pas le spectacle de la marchandise. La culture a pour contraire non pas la nature ni l’ignorance mais la domination.

De l’intérêt politique et économique de semer la panique

L’Institut National des Études Démographiques publie chaque semaine des statistiques des décès liés à la covid-19[1]. Au 4 février 2021, 81.6 % des morts de la covid ont plus de 70 ans. 59.2 des morts de la covid ont plus de 80 ans. 6.5 % des morts de la covid ont de 20 ans à 59 ans (dont 4.6 % pour les 50-59 ans). Chez celles et ceux qui ont moins de 20 ans : zéro mort. Si la notion de pandémie signifie une maladie qui touche toutes les catégories de populations, alors la covid-19 n’est rien d’autre qu’une épidémie, certes grave, mais ce n’est pas une pandémie.

Barbara Stiegler, dans De la démocratie en pandémie. Santé, recherche, éducation, Paris, Gallimard, 2021, p. 3-5, cite l’analyse de Richard Horton, rédacteur en chef de The Lancet, qui déclare : « Covid-19 is not a pandemic » (volume 396, 2020, p. 874). Barbara Stiegler écrit : « À la différence de ce que suggère dans nos imaginaires le terme de pandémie, un mal qui frapperait tout le monde partout et n’importe quand (…), ce virus ne peut avoir de conséquences graves, dans l’immense majorité des cas, que sur des organismes déjà affaiblis, soit par le grand âge, soit par des facteurs de comorbidité » (Op. cit., p. 6).

Cette épidémie donc est amplifiée en une terrifiante pandémie. Politiquement, la différence entre épidémie et pandémie tient au seuil d’acceptation. La pandémie implique un seuil élevé d’acceptabilité à l’égard des mesures restrictives de liberté ; tandis que l’épidémie est corrélée à un seuil assez bas, si bien que les restriction ne sont guère tolérées.

Cette exagération première engendre une multitude d’exagérations. Par exemple, le 28 octobre 2020, le président de la République déclare que l’absence de confinement peut provoquer 400000 morts. D’où sort-il ce chiffre visiblement extravagant ? Chacun a conscience de la dramatisation entretenue par le gouvernement et les médias, tout comme si nous avions affaire à une nouvelle peste (la peste médiévale a pu tuer une personne sur deux ; on en est très très loin). Chacun voit bien la tentative de retourner la responsabilité : les hôpitaux sont débordés par la faute des malades, et pas par la destruction des services publics hospitaliers continuée par le président de la République.

D’où l’importance de tout ce qui contribue à une sidération suffisante : il faut semer la panique afin d’éviter que ne s’accroisse le nombre de ceux qui ont compris la supercherie. Une énormité devient, répétée cent mille fois, une vérité indiscutable. Par ailleurs, une police de la pensée s’efforce de disqualifier l’analyse critique traitée de complotiste, d’irréaliste ou d’égoïste.

La sidération est provoquée par la dissonance cognitive entre la notion de pandémie (c’est-à-dire une sorte de peste) et le constat qu’il n’y a pas autant de morts qu’on pouvait le craindre. L’exécutif dit : « c’est une peste, c’est extrêmement grave » et chacun peut se rendre compte que « ce n’est pas une peste, c’est moins grave qu’ils ne le disent » (« ils », c’est-à-dire l’État et les journaux).

Il y a une autre source à cet emballement d’exagérations : poser le premier mensonge (affirmation de la pandémie) oblige à l’étayer en permanence, par d’autres mensonges, selon une logique de l’engrenage. Le reconnaître coûterait trop cher en crédibilité politique. D’où une fuite en avant, en partie subie, en partie choisie pour ses bénéfices.

À quoi servent toutes ces exagérations ? À dissimuler la responsabilité du gouvernement dans l’affaiblissement des hôpitaux publics. À fournir un terrain psychologique d’anxiété, d’angoisse, voire de panique, très favorable à l’acceptation d’une dictature politique (appuyée sur l’abus de pouvoir de la bureaucratie étatique et sur l’impunité publiquement affirmée de la police).

L’action du président de la République a une finalité principale : servir le secteur privé, accroitre les profits des capitalistes, détruire les services publics, promouvoir la guerre de tous contre tous, favoriser les plus riches, privatiser les bénéfices et publiciser les pertes. Ces buts impliquent d’écraser la contestation par la répression policière : mutilation, matraquage, interdiction de fait des manifestations, rendent dérisoire la vie politique en la réduisant à la diffusion d’une moraline bien-pensante à coup de culpabilisation, de paternalisme et d’infantilisation.

C’est dans ce contexte de guerre de l’État contre les pauvres – et contre une société solidaire – que l’épidémie de covid-19 apparaît comme une aubaine, une opportunité formidable pour faire avancer les intérêts des grands groupes privés. L’épidémie est la continuation de la politique par d’autres moyens[2]. La suspension de la démocratie est un élément de la stratégie du désastre[3]. L’amplification de la peur accroît l’acceptation des mesures violentes ou arbitraires. La violence policière est chargée de maintenir dans un état de stress permanent toute une population assaillie par ce simulacre de peste ; d’où la fonction stratégique du discours de la « pandémie » et des autres exagérations. D’où aussi le sentiment d’être cerné.

Garantir la santé publique des travailleurs demeure une finalité subordonnée à celle d’entretenir le système de l’exploitation capitaliste. L’hygiénisme a toujours été motivé par le souci d’accroître la force de travail, aucunement par philanthropie[4]. Dans ce dispositif, l’accroissement du pouvoir de l’État est un but important mais en partie subordonné aux exigences des grandes entreprises.

Grâce à l’état d’urgence sanitaire, le président de la République peut transformer la société de fond en comble – l’exigence de privatisation, aussi idéologique et désastreuse soit-elle, est rabâchée par les conseillers du président[5]. Mais les rapports entre l’État (c’est-à-dire ici le désir d’être réélu) et le capital ne sont pas exempts de point de conflit.

Attaques systémiques contre la culture

Que signifient la fermeture des musées et l’ouverture des galeries d’art ? Elles ne sont contradictoires qu’à l’égard du but sanitaire. Quel est le message véritable ? Une œuvre d’art n’est visible (digne d’être vue) qu’à la condition d’être une marchandise. Le rapport contemplatif, gratuit, à l’œuvre d’art est dit « inessentiel », c’est-à-dire improductif au sens matériel. Voire anti-productif en ce qu’il soustrait du temps à la consommation matérielle seule légitime.

De même, pourquoi interdire théâtres, cinémas, bars et restaurants ? Mesures absurdes du point de vue sanitaire (les magasins et les transports en commun contaminent aussi) mais utile si l’on discerne le vrai but : empêcher la réflexion, l’échange, la concertation, le dialogue, la critique, la controverse, l’action, la contestation. C’est-à-dire au fond, ce qui constitue la substance même de la vie sociale, le socle de la vie politique, le fondement des constructions démocratiques institutionnelles. Le gouvernement profite de l’épidémie pour renforcer son autoritarisme ; il se sert des cadavres des personnes âgées pour former un piédestal de général des armées anti-covid, mais au service hybride de l’État et des intérêts privés.

Pourquoi fermer les universités ? Pour la bourgeoisie moderne, Mai 68 a été une catastrophe, une angoissante révolution incontrôlable. D’où un sourd désir de couler les universités, surtout celles de lettres et de sciences humaines. Outre la visée électoraliste (prendre des voix au Rassemblement national), la demande, par la ministre de la recherche, d’une police politique chargée de trouver les chercheurs qui relèveraient de l’islamo-gauchisme apparaît comme une manipulation aussi ridicule que scandaleuse mais logique électoralement.

Lorsque le président de le République entend le mot « culture », il sort de sa poche son gouvernement qui répond « Inessentielle ! ». Mais cette distinction entre ce qui est essentiel et ce qui ne l’est pas relève d’une idéologie anti-égalitaire, issu du darwinisme social (c’est-à-dire la version biologique du fascisme politique[6]). Les artistes, les techniciens du spectacle, les compagnies, sont soumis à un traitement inégalitaire violent : une concurrence entre les plus forts et les autres, « ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien ». Le credo néo-libéral tient l’égalité pour absurde et nocive.

Pourquoi la recherche des traitements est-elle dévaluée au profit des vaccins (même expérimentaux) ? Non pour des raisons sanitaires mais parce que les laboratoires pharmaceutiques exigent de tirer profit de la fausse pandémie.

Pourquoi les étudiants de Classes Préparatoires aux Grandes Écoles ont-ils droit à des cours en chair et en os, tandis que les étudiants des Universités n’ont droit qu’à des simulacres de cours, avec un décrochage semble-t-il élevé ? Parce que les CPGE, c’est un mythe constitutif, forment l’élite de la nation, tandis que les Universités sont globalement « inessentielles » c’est-à-dire à éliminer. L’absurdité sanitaire est recouverte par une échelle de valeur plutôt réactionnaire ou à tout le moins conservatrice. Les « cultes » sont essentiels, la culture « inessentielle ». Mais l’effort de détruire celle-ci prouve plutôt son caractère fondamental.

L’absurdité ubuesque des interdictions gouvernementales disparaît dès lors qu’on peut rétablir leur logique politique. Il y a bien un projet de société, néo-libérale, qui constitue la finalité de l’action du président de la République, projet auquel tout le reste est subordonné. Selon ce projet, seules certaines activités, réellement rentables pour les riches et utiles au pouvoir politique, peuvent et doivent exister, tout le reste devant disparaître ou muter profondément. Le divertissement égocentrique en miniature à la place de la culture comme expérience collective. Le numérique est choyé par l’idéologie néo-libérale non pas parce qu’il serait si progressiste, so smart, mais parce qu’il contribue à éliminer les situations collectives et à propager des situations où l’individu est seul dans une jungle darwinienne tellement émulatrice, poussant naturellement à l’innovation elle-même salvatrice par essence.

Dans l’enseignement et la culture (théâtre, cinéma, etc.), tout doit passer à la moulinette numérique. Un festival de cinéma est censé pouvoir se dérouler en ligne et une formation scolaire est censée pouvoir se dérouler en « distanciel ». En réalité, c’est confondre cinéma et télévision dans le premier cas ; c’est, dans le second cas, considérer le cours comme un contenu cognitif sans corps, sans communication vivante, comme une marchandise à consommer chez soi, séparé des autres, ayant cassé tout lien social vivant. La farce de la continuité pédagogique sert en réalité de préparation à la numérisation de l’école, c’est-à-dire à sa privatisation. Ce que des décennies d’efforts, pour que l’éducation devienne un marché privé, n’ont pu obtenir, l’usage politique de la pseudo-pandémie va permettre, peut-être, de l’avoir en quelques mois.

L’aspect de délire continuel (la fausse pandémie, les restrictions très exagérées des libertés, la suspension de la démocratie, l’absurdité du confinement, etc.) caractérise aussi la banalisation du « distanciel » dont l’usage masque la différence radicale entre une réalité vivante, vécue collectivement, dans un ensemble d’interactions intellectuelles et affectives, et d’autre part un rapport numérique, pauvre, caractérisé par l’absence et par le simulacre, répulsif, violent, sans affect de communauté et sans corps. Non, un concert numérique n’est pas un concert sous une autre forme. Non, un cours numérique n’est pas un cours simplement à distance. Un colloque, une pièce de théâtre, tout ce qui est intrinsèquement collectif, diffusés sur des écrans d’ordinateur ou de smartphone, deviennent des images de télévision sans épaisseur, sans vie. Le décrochage des étudiants semble signer l’échec de ces simulacres. Car la vérité du « distanciel », c’est la solitude, l’isolement, la vulnérabilité, la dépression.

C’est-à-dire ce que la culture contribue à combattre : la culture est fondamentalement une expérience collective, une fête plus qu’un spectacle (nulle nécessité d’accepter le clivage rousseauiste entre fête et spectacle dans la Lettre à d’Alembert sur les spectacles). Dans cette fête infinie sont disposés et utilisés des outils de production du commun mental et physique, une agora artistique collective et vivante.

La notion même de confinement n’a plus aucun sens précis. La réalité du confinement c’est d’abord d’accroître la densité des populations sommées de travailler et de consommer dans un temps et un espace de plus en plus courts (et donc favoriser la diffusion du virus[7]), ensuite d’interdire certains métiers et pas d’autres, dans un arbitraire fréquent du point de vue sanitaire, mais dans une logique cohérente tantôt du point de vue capitaliste tantôt du point de vue politique. Le couvre-feu et le confinement ont pour effet de briser tout le mouvement associatif, l’éducation populaire, tous les lieux où vivent des collectifs. Le confinement, toujours pseudo-expérimental, est un appareil politique tendant à contrôler les pensées, à habituer à la solitude et à l’isolement, à affaiblir la résistance à l’adaptation et à faire perdre de facto la pratique du collectif.

La culture ou la barbarie[8].

La violence psychique et physique, morale et mentale, est assurément énorme : retrouver une santé mentale collective demandera des années de travail. D’ici là, des millions de dépressions, de maladies aggravées par le stress des confinements plus ou moins ciblés, de précarisations, de situations suicidaires. Une souffrance qui, aux yeux des technocrates, est négligeable – ou forme un nouveau marché pour l’industrie pharmaceutique.

La répression policière, qui interdit de facto, sur injonction du président de la République, la manifestation de critiques politiques, prend place dans une gigantesque opération de viol politique, de crime politique : c’est la mort d’un certain théâtre, la mort d’un type d’artistes, la mort d’une sociabilité solidaire, la mort de la liberté d’être, la mort de modes de vie fondés sur la reconnaissance mutuelle et l’entraide, tous construits pendant de longues décennies, formant le terreau de la démocratie comme pratiques sociales et culturelles, comme expérimentation et co-éducation, c’est leur destruction qui forme le but de l’action du président de la République, soutenue par la majorité des organes de presse, propriété de grandes entreprises.

C’est aussi un message de mort qui est adressé aux pauvres et à la classe moyenne : la destruction du système des retraites, sans parler de la destruction de l’assurance chômage, etc. Un vaste programme dont le but ultime est la mort du monde social vivant commun, au profit d’un monde clivé, divisé, violent. Le premier séparatisme, c’est celui des forces capitalistes néo-libérales. « La société n’existe pas » affirmait Thatcher. Le président français pourrait ajouter : « … car nous allons la faire disparaître », l’euthanasier grâce à cette opportune épidémie grimée en effrayante pandémie.

Le confinement est barbare, despotique, absurde. Le confinement est une tentative de contrôler et de limiter la pandémie supposée en morcelant le corps social et en réduisant les contacts au minimum. Cette atomisation est censée isoler le virus et l’épuiser par défaut de corps à contaminer. Mais la suspension de la sociabilité quotidienne n’est jamais totale : il y a toujours des rencontres entre le virus et les personnes. Le confinement réel est un mélange de lieux fermés, de lieux ouverts, avec une incohérence qui crève les yeux. Le confinement est toujours rompu par d’innombrables passages par lesquels passent les flots de virus. L’idéal téléologique du confinement total implique un « durcissement » perpétuel des restrictions – et simultanément leur échec. Personne ne peut garantir une étanchéité totale entre les individus. Mais surtout personne ne peut vouloir une étanchéité totale, car ce serait la mort de la société, quelque chose d’impossible à vivre. Non seulement le confinement est toujours inégal et injuste, mais il est aussi inefficace, puisqu’il faut bien maintenir la vie normale, réduite à la survie. Le confinement est donc impossible. Il faut donc cesser tous ces confinements qui forment une ligne Maginot trouée (dont fait partie aussi le couvre-feu).

L’erreur première est de croire que le confinement existe, qu’il réussit à contenir l’épidémie : en réalité, il n’est jamais total, ce qui veut dire qu’il laisse passer les virus (parce qu’il faut distribuer la nourriture et acheter toutes sortes d’autres marchandises, en vue de la sauvegarde de l’économie capitaliste). Autrement dit, il est constamment en échec. La deuxième erreur est de croire qu’il faille encore plus de confinement : ce qui est interdit par la nécessité indépassable de survivre et donc de laisser ouverts des canaux de contagion (autant écoper une inondation avec des passoires). La troisième erreur consiste à croire que la violence générée par tous ces faux confinements est un coût acceptable et que la population va l’accepter.

Le spectacle factice de l’épidémie supposée pandémique est aussi celui d’une naturalisation forcée de la violence politique. C’est une caractéristique classique de l’idéologie : faire passer pour naturel ce qui est un produit historique. Ici, la naturalité de la maladie (en réalité, toute maladie est toujours en même temps un phénomène social et jamais seulement un phénomène biologique) incite à tenir pour allant de soi, naturelles, toutes les violences provoquées par les mesures inouïes de restriction des libertés fondamentales.

Cependant, il est possible que la perception globale de tous ces faits se développe et se répande parmi les uns et les autres. À commencer par la conscience qu’il ne s’agit pas d’une pandémie. Il est possible que la conscience de l’urgence et de la nécessité de combattre ce projet néo-libéral, mortifère, s’accroisse et atteigne un seuil critique où l’action collective devient une force historique puissante. Unissons-nous pour que la culture et l’art redeviennent des principes politiques fondamentaux. Liberté de vivre et de créer, égalité de droits et de richesses, fraternité sociale et solidaire. La culture ou la barbarie.

Jean-Jacques Delfour

Ancien élève de l’École Normale Supérieure de St. Cloud.

21 février 2021

 

 

[1] https://dc-covid.site.ined.fr/fr/donnees/france. Sur le site officiel, https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus, ces statistiques-là n’apparaissent pas (consulté le 14 février 2021).

[2] Cf. Clausewitz : « la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens » (De la guerre, 1832).

[3] Cf. Naomi Klein, La stratégie du choc. La montée d’un capitalisme du désastre, Actes Sud, 2008. « Seule une crise – réelle ou supposée – peut produire des changements » écrit Milton Friedman (page 14).

[4] Cf. Gérard Jorlan, Une société à soigner, Paris, Gallimard, 2010.

[5] Cf. François Krug, McKinsey, un cabinet dans les pas d’Emmanuel Macron, dans Le Monde, 5 février 2021.

[6] Cf. le « sélectionnisme » de Vacher de Lapouge qui crée l’anthroposociologie, une science politique ou une sociologie fondée sur les sciences naturelles, notamment les lois de l’hérédité. Cf. Carole Reynaud-Paligot, Identité nationale. Science race et politique en Europe et aux États Unis, Paris, PUF, 2012.

[7] C’est une conséquence inattendue du confinement : au lieu de limiter la contagion, il l’accroît. D’où un effort supplémentaire de sidération afin d’éviter que l’on ne s’en rende compte. – L’argument selon lequel le confinement serait un simple outil capable de diminuer la circulation du virus met de côté tous les effets sociaux-politiques qu’il produit de fait. D’autre part, le confinement provoque des déplacements et des concentrations des personnes dans tous les lieux qui ne sont pas encore « interdits ». Le bon sens – ou la raison – suffit pour conclure au caractère douteux de cet argument et à la probabilité que le confinement accroît la circulation du virus.

[8] Kant, à la fin de l’Anthropologie du point de vue pragmatique, définit quatre types de législation. L’anarchie, (c’est-à-dire « loi et liberté, sans autorité ») ; le despotisme (« loi et autorité, sans liberté ») ; la barbarie (« autorité, sans liberté ni loi ») ; la république (« autorité, avec liberté et loi ») (Kant, Œuvres philosophiques, Paris, Gallimard, coll. la Pléiade, 1986, volume 3, p. 1142). D’après cette typologie, le régime actuel oscille entre le despotisme et la barbarie.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.