Quand les pauvres pensent qu'ils paient trop d'impôt la révolution n'est pas loin

Les gilets jaunes,

Quand les pauvres pensent qu’ils paient trop d’impôt la révolution n’est pas loin.

 

Je tiens à préciser en préambule que je suis retraité, fumeur et utilisateur de gazole afin de bénéficier de l'indulgence du lecteur.

Habituellement, les politiciens ont une stratégie simple et efficace : prendre le plus d’argent possible à une minorité de riches pour le distribuer à une majorité de pauvres. En effet pour obtenir le succès des suffrages peu importe de se mettre à dos la minorité des nantis, en revanche il convient de mettre de son côté la majorité des pauvres dont on peut récupérer  les votes pour un coût unitaire modeste. En essorant un riche, on peut tenter de satisfaire cent pauvres et cela permet de gagner les élections.

Vous me direz que cela existait déjà sous l’empire romain et que les patriciens obtenaient leur mandat électoral par des distributions de pain et l’organisation de jeux du cirque .C’est vrai, mais ils le faisaient avec leur propre argent.

Aujourd'hui les jeux du cirque sont financés par le Qatar ou des oligarques au prix de passe droits occultes (cela a été abondamment documenté sur Mediapart)  mais le pain est bien payé par l’impôt.

Il y aurait  cependant, d’après nos dirigeants,  une limite à l’exercice. Lorsque les prélèvements deviennent trop lourds sur les nantis la stratégie commence à produire des effets pervers :

-les entrepreneurs n’ont plus d’incitation à entreprendre,

-les riches ne travaillent plus et consacrent leur temps à mettre au point des combines plus ou moins légales pour essayer de minimiser leur contribution,

-les uns et les autres s’enfuient en délocalisant leur business ou tout simplement en allant vivre ailleurs.

Le Président Macron, devant nos prélèvements obligatoires à 45,3%, record du monde des pays développés, a pensé que nous étions entrés dans la zone rouge, celle où l’augmentation des impôts sur les plus riches allait entraîner des conséquences négatives pour tout le monde à savoir une réduction de la richesse distribuable. Cette analyse peut faire l’objet de débats, et plusieurs écoles s’affrontent. Les « Marcheurs » n’ont sur ce sujet jamais caché leurs positions. Il faut cependant reconnaître que  si la moyenne des prélèvements est à 45,3%, comme une masse de gens modestes payent beaucoup moins que cela, une minorité de gens très aisés payent bien dans notre pays 75 à 80% de ce qu’ils gagnent. Ce qui aux yeux de certains n’est encore pas assez…tout peut se discuter.

 

Ceci explique, du point de vue d’Emmanuel Macron, les mesures prises au tout début de son mandat : le remplacement de l’ISF par l’IFI et  la « flat tax » sur les dividendes pour encourager l’investissement dans notre pays en rapprochant la France  des normes fiscales du reste de l’OCDE.

Le problème est que les dépenses ne cessent d’augmenter et que le gouvernement s’est vu dans l’obligation de mettre aussi à contribution les pauvres puisqu'il doit respecter les consignes de Bruxelles en matière de déficit. La façon la plus sournoise de le faire est d’utiliser les impôts indirects à large assiette : la CSG, la taxe sur les produits pétroliers, les taxes sur le tabac… avec de complexes mécanismes de compensation pour tenter de masquer qu’au total la facture s’élève et en prétextant de servir une grande cause : la santé, l’écologie, la solidarité entre les générations …

Mais  cela ne passe pas. Les caves se rebiffent, comme disait Audiard , et comprennent qu’on les enfume. La situation est donc tendue. Si on essaie de tondre un peu plus les riches, vont-ils continuer à se sauver comme  les regrettés Johnny et Aznavour, et une tripotée de businessmen anonymes qui ont emmené avec eux leurs économies et parfois leurs sociétés ? D'où le maintien d’une forme d’ « exit tax » après avoir envisagé sa suppression.  Quant aux pauvres ,ils refusent de passer à la casserole et s’apprêtent à bloquer le pays.

Cela commence à sentir le roussi, non ?

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