Tapie non merci

Nous y sommes donc. Olivier Mazerolle qui n'est pas un perdreau de l'année sera l'homme de Tapie pour faire boire du Coca Cola dans le Midi de la France. On redoutait Jean-Noël Tassez, puis PPDA en personne et même Audrey Pulvar. And the winner is... Selon ses méthodes éprouvées il aura sûrement suffi à l'homme d'affaires d'ajouter un 0 au salaire de BFM pour le convaincre de venir à Marseille.

Nous y sommes donc. Olivier Mazerolle qui n'est pas un perdreau de l'année sera l'homme de Tapie pour faire boire du Coca Cola dans le Midi de la France. On redoutait Jean-Noël Tassez, puis PPDA en personne et même Audrey Pulvar. And the winner is... Selon ses méthodes éprouvées il aura sûrement suffi à l'homme d'affaires d'ajouter un 0 au salaire de BFM pour le convaincre de venir à Marseille.

Au début il prendra le dernier TGV du vendredi et le premier du lundi. Petit à petit il trouvera une villa au Roucas Blanc et il jurera qu'il adore cette ville qu'il a toujours aimée. On a l'habitude depuis la mort de Gaston. Ivan Levaï a débarqué un jour tel Tartarin pour nous montrrer que... Il s'en est allé et a débarqué le calamiteux Didier Pillet qui confondait journal et horaire de chemin de fer. Le journal partait à l'heure mais sans le résultat tardif du match de l'OM. Et les cadres de Lagardère débarquaient en short et tong pour les réunions du vendredi en attendant de finir leur week end en Corse et retour à Paris par le premier avion d'Ajaccio. Ne leur manquait que le casque colonial car pour les Parisiens, Marseille c'est le Zimbabwe. Une ville qui joue en permanence OM/PSG même sur le plan culturel. Avant que de jeter l'éponge le bon Bernard Latarjet avait débarqué avec ses troupes pour donner des leçons aux cultureux locaux qui se battent toute l'année pour labourer le terrain en profondeur.

Mais revenons à La Provence. Avant, Tapie à Marseille, c'était moi par moi. Désormais c'est moi par moi aux éditions moi. Il a donné sa première interview à son propre journal pour dire qu'il n'avait rien à dire. Pas un mot sur son projet, pas un mot sur sa rédaction, pas un mot sur le rôle qu'un grand quotidien hégémonique pourrait jouer en Méditerranée. Il s'est contenté de se claquemurer dans son rôle de faiseur de roi en choisissant à gauche Michel Pezet qui n'en veut pas et à droite Renaud Muselier qui a disparu des écrans radars, en ayant toutefois autorisé la création d'un casino sur le port, ce qui signifie pour les lecteurs de Savino l'intrusion de la mafia internationale sur notre territoire.

Avoir une demi page pour ne rien dire, c'est peut-être cela le nouveau journalisme qui a besoin de se muscler les jambes pour rattraper de nouveaux lecteurs. Mais Mazerolle, on n'ose pas y croire. Peut-être que le bougre a des idées mais il ne pourra pas les développer car le rapport entre espace d'écriture et espace de publicité est trop ténu. Au moins offrira-t-il à des lecteurs frustrés d'opinions un édito quotidien. Peut-être fera-t-il de la dernière page une tourne à lire sans météo ni horoscope. Des révolutions qui raméneront ceux qui ont un peu de mémoire trente ans en arrière. T

apie n'y connaît rien en presse, sauf que sur la tradition defferiste il s'y exprime à la Une, à la deux, à la der et en pages sportives. J'arrête là pour ce soir, le feuilleton ne fait que commencer et quand vous serez lassés de mon anti-tapisme primaire, faites-le moi savoir. Car sous la houlette de Edmonde charles Roux court le bruit qu'il faut lui laisser sa chance à la mairie. Mais Dominique, Mme Tapie, claironne qu'elle divorcerait au cas où... Du coup Edmonde pourrait épouser Tapie. Mais n'allons pas trop vite dans cette affaire à suivre grâce à votre envoyé spécial permanent à Marseille.

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