Notre Dame des Landes, un projet qui ne tient pas à grand chose.

Des années de luttes, un projet vieux de plus de 40 ans, des manifestations très dures, des consultations publiques et pourtant, le projet d'aéroport ne tient qu'à un tout petit fil. Un fil qui se résume à une petite transaction politiciennne et qui en dit long sur l'état de la politique en France.

Un projet comme l'aéroport de Notre Dame des Landes est hautement politique. 
La vie de milliers de personnes pourrait basculer si ce projet d'aéroport était validé. Un tel projet, selon les normes établies par la loi, doit être soumis à des études techniques, pour informer les citoyens et ses représantants de l'utilité d'un tel investissement. Il s'agit ensuite de réaliser des consultations publiques pour écouter la voix de ceux qui seront directement afféctés par un tel chantier, avec à terme des vies potentiellement brisées.

Un tel projet, met également en jeu des sommes considérables et à ce titre concerne donc l'ensemble des contribuables, puisque évidemment c'est bien le contribuable qui paiera un tel chantier. Là encore un choix important. Est-ce raisonnable de dépenser des milles et cents pour un projet controversé et possiblement inutil quand on aurait besoin de cet argent sur bien d'autres fronts autrement plus importants? Ce sont des questionnements de fonds, des questionnements légitimes, des questionnementss profondémment politiques au sens de ce que devrait être la politique. La politique comme exercice démocratique de la prise de décision dans de tels cas.

On imagine donc, combien une telle décision doit être débattue, doit être transparente et prise de la manière la plus démocratique possible. On attend que les choses se passent comme cela et que nos dirigeants se comportent en conséquence et fassent preuve des cette "hauteur" qu'ils aiment tant à nous rappeler en cette période difficile. 

Pourtant, aujourd'hui, au détour de cet article du monde, que ne lit-on? Que François Hollande, désireux d'effectuer un remaniement ministériel et de bichonner sa côte de popularité, aimerait que Nicolas Hulot devienne son ministre de l'écologie. Et quelle promesse, ou quelle tambouille lui propose-t-il? Et bien, tout simplement d'abandonner le projet de l'aéroport de NDDL en échange de son entrée au gouvernement!

Cette petite phrase est glissée anodinement au milieu de l'article.  

C'est dommage, car cette phrase est propremment consternante. Comment peut-on accepter une telle légèreté sur un tel sujet? Ce petit arrangement est proprement méprisant pour les citoyens et nocif pour le peu de vie politique qui reste en France. Des gens sont en souffrance à cause de ce projet, dans l'attente de savoir s'ils seront expulsés ou non, des gens luttent jours et nuit depuis des années contre ce projet et qu'apprend-on?

Et bien que NDDL se résume finalement à une monnaie d'échange pour de petits arragements politiciens. 

Alors je pense à Alphonse Fresneau, ce vieux monsieur de 83 ans qui combat le projet de l'aéroport depuis les années 70. Un combat de toute une vie, des angoisses permanentes face à l'incertitude du lendemain. Qui encore à son âge, en est là, à se demander s'il va devoir être "relocalisé" de force. Tout cela pour finalement se rendre compte qu'il suffirait qu'untel ou untel accèpte de rentrer au gouvernement en échange d'un peu de popularité pour un président pour que cesse ce cauchemard. 

Affligeant.

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