Le Brésil s'enfonce dans une crise sans précédent.

Le président Michel Temer qui a remplacé Dilma Rousseff après l'impeachment est impliqué dans un scandale de corruption. Des vidéos et des conversations enregistrées accablent le président.

L'histoire avait été bien écrite, Dilma Rousseff avait été destituée au nom de la corruption, peu importe si le crime reproché n'avait rien avoir avec un acte de corruption, peu importe si Michel Temer avait par la suite signé les mêmes décrets objets de la chute de Dilma, ce qui importait est que la présidente avait été vaincue et supposément avec elle la corruption du pays.

Nombreux étaient ceux qui avaient des doutes sérieux quant aux justifications profondes de ces évènements et c'est pourquoi, certains ont qualifié cet impeachment de coup d'état. 

Certains indices laissaient à penser ce qui s'était joué en coulisse, les écoutes téléphoniques d'un ex-ministre de Temer expliquant qu'il fallait absolument faire tomber Dilma pour stoper la lava-jato, le fameux scandale de corruption qui secoue depuis des mois le Brésil mais dans lequel Dilma n'est toujours pas pursuivie, laissait planer un doute sérieux.

Aujourd'hui, le pays découvre au journal de 20h que le président Temer a été pris en Mars dernier en flagrant délit de corruption. Une conversation entre lui et un homme d'affaire a été enregistrée. Dans cette conversation, Temer explique qu'il faut reverser l'argent à un contact de Cunha pour qu'il continue à se taire. Cunha, n'est autre que l'ex-chef des députés qui a été l'artisant de l'impeachment et de l'arrivée de Temer au pouvoir, il est ensuite tombé pour de multiples faits de corruption malgré ses nombreuses protections.
L'homme d'affaire a ensuite été filmé en train de remettre un malette contenant R$500 000, selon les enqueteurs, à un contact de Cunha.

L'information a fait l'effet d'une bombe, les raiseaux sociaux sont en surchauffe et personne ne sait ce qui va se passer. Il est déjà évident que Temer ne pourra se maintenir, certains demandent de nouvelles éléctions, seulement pour faire quoi, pour elire qui? Le paysage politique est une ruine et le mal est systémique. D'autres ont déjà fait part de leur crainte d'un coup d'état, militaire cette fois... Tout le monde attend, nul ne sait de quoi demain sera fait.

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