Police République et Citoyenneté

Le mouvement social policier au pied du mur et le courrier du Ministre adressé aux S.G. des syndicats de Police "Le paradoxe du mouvement social policier et sa probable recomposition" Nous rappelons que P.R.C. est composé de collègues, actifs et retraités, d’obédiences syndicales différentes.

 

Pour l’heure, nous laissons les syndicats de police à la manœuvre, dans la négociation portant sur le sujet particulier des « retraites ». Leurs actions nobles et responsables, unitaires, ont été soulignées dans notre groupe, par nos soins. Nous rappelons que P.R.C. est composé de collègues, actifs et retraités, d’obédiences syndicales différentes mais Républicaines .  Nous nous inspirons des valeurs authentiques du Syndicat Général de la Police. Nos militants, "combattants de la première heure" sont tous issus de cette organisation

Nous avons également souligné notre attachement à la cause syndicale sans laquelle les policiers en seraient encore à « l’âge de pierre », pour donner une image forte de tous ces combats militants menés pour le bien commun, pour la défense du service public.


Cela ne nous empêche pas d'émettre des avis critiques sur tel ou tel positionnement. Comme nous mettons en avant ce qui nous semble aller dans le bon sens et la défense du métier en général. Notre combat contre toutes les formes d'intégrismes est sans ambiguïté. Notre méfiance à l'encontre de certaines associations manipulées par l'extrême droite au sein de la profession est ferme et sans équivoque 


Nous nous exprimerons donc au moment opportun sur le dossier des retraites et du statut spécial. Et ce, sans gêner les débats internes qui n’ont pas fini d’alimenter –et d’animer- les journées de nos responsables syndicaux actuels. (Pour diviser le mouvement social, le Prince est roi ! )


Nous pouvons néanmoins et d’ores et déjà tirer quelques premières conclusions de ce que nous venons de vivre.


1- Certaines positions nous ont paru trop hâtives et manquant quelque peu de recul. Capter un micro est facile, surtout dans de telles circonstances . L’utiliser à bon escient et bien communiquer demande un peu plus de professionnalisme en la matière. Mais aussi de sens politique, au sens riche du terme. Les Syndicalistes s’adressent aux Policiers et ne doivent pas donner l’impression qu’ils font partie du « système » dans son entité méprisable et méprisée par la base. Les collègues ont besoin de messages clairs et leurs attentes dépassent les problèmes relatifs au dossier dit « des retraites » Abdiquer sur des sujets d’avenir , c’est capituler sur les dossiers du présent , fussent-ils pour ces derniers accessoires.
2- Le régime dit « universel » est-il encore universel dès lors que l’on accorde quelques dérogations à certaines professions ? Si la réponse est « non »…pourquoi le gouvernement se déjugerait-il ainsi ? Pour diviser toujours plus Policiers et Citoyens ? « Gillets Jaunes » et « Gilets bleus » ? Nous aurions tendance donc, à rester vigilants –déjà- sur les changements de sémantique du genre « régime dérogatoire » en lieu et place de « statut spécial ». De toute évidence, il y a changement….Alors…Reste à savoir vraiment lequel et pour qui ? Nous le saurons apparemment lorsque les groupes de travail auxquels participeront les syndicats définiront avec le Ministre ou ses représentants quelles « fonctions substituables » seront exclues des « garanties » avancées par le Ministère de Tutelle. Ca sent la division en perspective et nous craignons que bon nombre de collègues ne soient bernés. Pourquoi le courrier du Ministre adressé aux syndicats est- il si long et si « technocratique » ? Là ne serait -ce pas l’aveu d’une position plus qu’ambigüe ?

Peut- être à tort, mais pour ce qui nous concerne, à priori, ça sent l’enfumage !

Gagner du temps pour la Police permet d’attendre le déminage du mécontentement social actuel. Lorsque les choses se tasseront….on s’occupera avec parcimonie, bien sûr, des policiers…C’est la nouvelle exigence d’un modèle politique ultra libéral qui prévaut depuis des dizaines d’années et qui nous conduit dans la situation que nous connaissons aujourd’hui

3- Une recomposition du mouvement social policier est nous l’avons souligné ici à plusieurs reprises, inéluctable. Elle fera suite à la recomposition politique amorcée lors des précédentes présidentielles. Elle sera effective à moyen terme. Le débat sur les retraites en apporte une nouvelle –et ce ne sera pas la dernière- preuve.

En effet , comment comprendre le positionnement « contestataire » de la C.F.D.T. Police par exemple -au sein de laquelle nous avons aussi des adhérents- au sein d’une confédération plutôt « réformiste » ? Comment dissocier la ligne « réformiste » de la ligne dite « d’adaptation » ou « d’alignement » ? La volonté pour le pouvoir actuel d’avoir et de construire ses propres réseaux au sein du paysage syndical et associatif ne serait- elle pas l’esquisse d’un plan politique classique ayant pour seul objectif de s’inféoder , à terme, une puissance syndicale « aux ordres » ? Si pour les « contestataires », dont nous ne partageons pas l’extrémisme, au moins les choses sont claires (C.G.T., etc…) pour les syndicats dits « réformistes », les choses le sont beaucoup moins. Le positionnement de certains syndicats de police qui se situent à l'opposé des confédérations auxquelles ils appartiennent est également pour le moins révélateur. Nos amis syndicalistes de tous bords n’y sont pour rien. C’est le désordre des idées qui fomente parfois le devenir. Maigre consolation…

Si les Policiers Républicains ne sont pas des mercenaires, ils ne doivent pas non plus être pris pour des imbéciles. Sur le courrier adressé (nous avons été destinataires de ce courrier par trois canaux différents), le Ministre et c'est une première, écrit de sa main "Mon cher...." en appelant les S.G. des organisations par leur prénom. Suspect et unique en son genre, ce type de familiarité (voulue bien sûr ) tend évidemment à discréditer ces derniers. Pire : c'est du "foutage de gueule" comme dirait l'autre ! On peut avoir de bonnes relations avec un Ministre mais delà à paraître "pot" avec lui....ça fait marrer la galerie des glaces...mais pas les collègues de terrain. Les syndicalistes devraient se défendre de toute familiarité avec leurs interlocuteurs officiels.

Prenons garde à ne pas être complices, même pour nous préserver contre le pire, d’une soumission laquelle serait fatale au mouvement social policier Républicain.

Un positionnement responsable ne signifie pas que l’on baisse la garde au premier coup venu et au premier "sucre d'orge" donné. "Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute"....
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Le syndicalisme policier, une nouvelle fois, joue gros sur ce dossier. Raison de plus selon nous pour que les syndicats d'une part, exigent du Ministre un courrier court et clair à minima sur le maintien des acquis et du statut spécial. Et que d'autre part, ils interpellent leurs mandants, leur expliquent réellement et concrètement ce qui va se passer pour les uns ou pour les autres dans le cadre de cette « réforme » et les associent démocratiquement aux décisions qui seront prises.

Aujourd’hui encore, la prudence est de mise. Une nouvelle fois, le Mouvement social policier actuel joue sa crédibilité …et sa survie.

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