«Mon» sénateur a deux visages....

«Mon» sénateur -on habite le même village- fait partie des quelques députés et sénateurs, membres de la Cour de Justice de la République, qui ont reconnu, et admis, que Christine LAGARDE pouvait être condamnée pour détournement de fonds publics commis par un tiers et résultant de la négligence d'une personne dépositaire de l'autorité publique. Cependant, cette Cour a accordé la dispense de peine.

«Mon» sénateur -on habite le même village-fait partie des quelques députés et sénateurs, membres de la Cour de Justice de la République, qui ont reconnu, et admis, que Christine LAGARDE pouvait êtrecondamnée pourdétournement de fonds publics commis par un tiers et résultant de la négligence d'une personne dépositaire de l'autorité publique. Cependant, cette Coura accordé la dispense de peine à l’ex-ministre de l’économie de Nicolas Sarkozy.

Et Christine LAGARDE n’a pas même pas daigné assister à l’énoncé du verdict de cette Cour, qui s’adressait donc à un siège vide....

Je me permets de dire «mon» sénateur parce que lui et moi habitons le même village, plutôt calme, dans le Nord-Isère. Et j’ajoute «mon» sénateur a deux visages, l’un pour ses concitoyens au village, l’autre pour ses pairs, au Sénat et à la Cour de Justice de la République (là, je m’impose de mettre des majuscules!).

Aujourd’hui «mon» sénateur sait que cette dispense de peine provoque le développement d’une colère, froide, contenue, mais qui se répand inexorablement puisque les fêtes de fin d’année sont aussi l’occasion de très nombreuses rencontres et échanges. Évidemment «mon» sénateur n’ignore pas l’existence de cette pétition signée par plus de 230 000 citoyens au moment où je rédige ce petit billet.

Cette dispense de peine de Christine LAGARDE renforce ce sentiment de plus en plus partagé que nous vivons dans deux mondes très distincts : il y a les intouchables, et il y a nous autres, les gens....

La France a connu en d’autres temps une situation un peu comparable : une minorité d’intouchables, avec ses lois, ses propres règles, notamment de transmission de patrimoine, on se connaît et on se reconnaît, et si on peut, et on peut souvent, on se protège.

Cette dispense de peine souligne la décomposition de notre classe politique au sens large, capable de s’auto-protéger jusqu’à l’absurde, ce qui engendre une indignation très largement partagée.

Pourtant, «mon» sénateur est un homme charmant, affable, convivial, bonhomme, il est un membre actif de la chorale du village. Un petit indice toutefois : le complexe sportif de notre village a été baptisé du nom de «mon» sénateur, il y a probablement une petite dizaine d’années. Faut-il y voir un satisfecit ? Un excès de fierté ? Non, pas obligatoirement.... parce que dans cette opération il faut être deux, celui qui attribue en baissant la tête et celui qui accepte l’attribution en levant le front....

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