Drôle de Tour. Etape 6. Bons baisers de Petropavlovsk

Vainqueur au Mont-Aigoual, Alexey Lutsenko prolonge l'œuvre de son «idole» Alexandre Vinokourov. Le Kazakhstan, l'autre pays du surnaturel.

Le Teil-Mont-Aigoual. 191 km.

Le Tour, en dessinant le parcours, avait dressé des temples. Certains avec des coupoles dorées. Comme celle au dessus du Mont Aigoual. De cette ascension en sortirait des enseignements majeurs pour la suite.  Qu’enfin le talent et la célébrité seraient récompensés. Que seul un coureur d'éclat, jouant le général, pouvait s'approprier la victoire. Car on verrait. Et on a vu.

Qui ? Alexey Lutsenko, un coureur d’Astana (qui en est certes à sa cinquième participation) avec trois minutes d'avance dans la Lusette. Ce n'est pas faire offense à Lutsenko : sa victoire est superbe. Il a éparpillé ses compagnons d'échappée.

L’Equipe nous apprend mille détails sur l'homme. Sa jeunesse. Qu'il est originaire de Petropavlovsk comme son «idole» Alexandre Vinokourov et directeur sportif. Précisément de Bolshaya Malyshka. De mémoire c'est un peu à droite quand on vient de Petropavlovsk.     

Lutsenko, 27 ans, faisait donc partie d’un groupe échappé dès le 2e kilomètre de l'étape. Un véritable explorateur. Et, lâchant ses compagnons, il s’impose 17 ans après son «idole» Alexandre Vinokourov sur le Tour. Et avec avec plus de deux minutes sur le peloton des favoris. C'est superbe.

Vinokourov possède un pedigree comme on les aime. Il serait trop long de rappeler les hauts faits d'armes, sans verser une larme sur ces années où l'EPO glougloutait dans les veines.

En 2007, «Vino» aborde le Tour en favori. Mais chute dans la cinquième étape (recousu comme une momie). Puis remporte le contre-la-montre. Défaillance le lendemain, suivie d'une nouvelle victoire d'étape : c'est superbe. Et patatras : positif aux transfusions homologues. Équipe exclue. Coureur licencié. Retour à Petropavlovsk ? Non, Monaco.

Bah, on lui concède tout avec attendrissement à Vino. Puis c'est du passé, non ? Faut arrêter de ressasser. Le Kazakhstan, l'autre pays du surnaturel. Le pays des puits de pétrole becs de gaz. Et surtout des victoires qui s’expliquent.

Adam Yates garde le jaune. Aujourd'hui parole aux sprinteurs. Enfin normalement.

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