Drôle de Tour. Etape 9. Les mouches bleues sont de retour

C'est un vrai conte de fées. Tadej Pogacar remporte l'étape, Primoz Roglic prend le maillot jaune. Le train slovène passe sur le pont au moment le pont s'effondre sous la poussée des eaux furieuses du dopage. Qui a disparu naturellement.

Pau-Laruns. 153 km.

La Slovénie est le pays des ours. Ils mènent une vie poétique. Dimanche deux ours slovènes (Pogacar-Roglic) ont signé un doublé (1 et 2 sur la ligne) à Laruns. Les histoires d’ours sont efficaces pour s’endormir. Grâce à un électro-encéphalogramme branché sur le sommet du crâne des suiveurs, on peut ainsi calculer la qualité du songe dans lequel ils sont plongés, émettant parfois un léger ronflement.

Et que voit-on justement sur les écrans de contrôle des chercheurs en sommeil? Des images d’ours qui dansent avec des maillots Jumbo Visma et UAE-Emirates. C'est un vrai conte de fées. Dans cette somme folklorique que nous donne à voir le Tour, on distingue nettement que leur fourrure est soyeuse, abondante et lustrée.

Dans le petit film qu’a donné le Tour, hier au moment de la sieste dominicale, un épisode frappant et inattendu, est apparu.

Une marche militaire. Parfaitement. Sur la ligne. Qui les a fait évoluer en cadence : allez hop, une-deux ; une-deux. Faut dire qu'ils ont aussi appris à compter. Jusqu'à deux. 

Les ours slovènes aiment les plats locaux, comme les tourtes. Du moins dans la réclame qui leur est consacrée chaque jour. L'ours slovène est à la pointe de la technologie via les réseaux sociaux. Cela lui permet d'éclaircir, de préciser sa pensée. Pogacar : «Après une journée aussi difficile, c’est incroyable.» Tels sont les mœurs de l’ours de Slovénie sur le Tour de France.

Nous n'analyserons pas ici les vers de l’œuvre de ces deux poètes (Pogacar et Roglic). La presse la mieux traduite que nous : «Feu d’artifice slovène», a-t-on lu. Ou «Tour de Slovénie». 

Tadej Pogacar et Primoz Roglic, ours slovènes. Tadej Pogacar et Primoz Roglic, ours slovènes.

Le soir, les soigneurs des ours, à grands coups de torchon de cuisine, dissipent les mouches.

Elles sont revenues, les mouches bleues.

Celles qui tournaient autour de Lance A, Vinokourov, Contador, Rasmussen et consorts. Le temps en plus s'y prête ces prochains jours : chaud et orageux. 

Résumons-nous : Adam Yates perd le jaune au profit de Primoz Roglic. Tadej Pogacar remporte l’étape. Romain Bardet (4e) mieux que bien hier, enrageait de ne pas voir pu couper la ligne en vainqueur. Guillaume Martin ne craque pas et conserve sa 3e place. Marc Hirschi a fait un numéro de 90 km en solitaire devant. Puis s’est fait dévorer par les ours à moins de deux kilomètres de l'arrivée.

Ce Hirschi est extra. Il nous fait penser à Tyler Hamilton, qui avait foutu le camp en 2003 dans le Soudet dans un raid identique, avec une clavicule cassée s'il vous plaît. Le jeune Suisse, qui s'était illustré dans la seconde étape (Alaphilippe le sautant sur la ligne) a des relations poussées avec Cancellara, son modèle et agent qui habite le même village. Entre voisins faut bien s'entraider, non?  

Le train slovène passe sur le pont au moment le pont s'effondre sous la poussée des eaux furieuses du dopage. Qui a disparu naturellement. Mais le train touche de justesse la rive. Le Tour, le buste penché vers le vide, nous dit que non, le pont est toujours là. Que la course continue.

On jette un œil au torrent. Le pont s'est bien effondré.

Souvenir de l'Houmeau, en Charente-maritime. Souvenir de l'Houmeau, en Charente-maritime.
Deux ours, en vacances sur le Tour, avec un bouquet de fleurs (celui du vainqueur du jour et du maillot jaune à la main), chassent d’un coup de patte les mouches bleues avant de remonter en voiture.

La ménagerie slovène fait halte pendant deux jours en Charente-Maritime. L’entrée est libre. Ne pas donner à manger aux animaux. Ils sont déjà assez nourris comme ça.

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