Drôle de Tour. Etapes 11 et 12. Tout va bien, rien ne bouge

Les plantigrades slovènes s’apprêtent à sortir de leur tanière, les condors colombiens se lissent les ailes.

Châtelaillon-Plage - Poitiers. 167,5 km.
Chauvigny - Sarran. 218 km.

Tout va bien sur le Tour et rien ne bouge au général : Roglic toujours en jaune.

Mercredi, Sam Bennett a remporté la 11e étape au sprint. Jeudi, c'est le Suisse Marc Hirschi qui a remporté la 12e étape. Le talent est toujours récompensé. Le roi de l'échappée, s'inspirant du facteur de son village qui fait ses cinquante kilomètres de tournée, un sac de ciment sur le porte bagages, marque ce Tour de son empreinte. L'obstacle inspire visiblement ce jeune Suisse.

Les ours slovènes devraient sortir de leur tanière aujourd’hui dans l’arrivée jugée à Puy Mary. Leur démarche de plantigrade, quand ils descendent de vélo, n’a pas échappé aux fins limiers de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD). Mais, voilà, il y a tant à faire avec le Covid, n'est-ce pas ?

C'est pas de la mauvaise volonté. Ah ça non ! Mais on sait plus où donner de la tête avec ces foutus tests Covid. Pareil pour les limiers de l’Union cycliste Internationale (UCI). Pendant ce temps, le soir à l’hôtel, les Jumbo Visma, les Ineos et les EAU-Emirates lèvent leur verre en l'honneur de ces personnes dignes et méritantes qui traquent le Covid et délaissent la lutte anti dopage.

Et puis on peut pas être partout. Y des priorités.

Christian Prudhomme, en «septaine», rattrape son sommeil en retard : la saison a été courte. Il reviendra pour le final. Il n’a rien perdu.

On lui racontera que Julian Alaphilippe, dont on pensait que l'étape était hier pour lui, a calé. Le puncheur par définition n'est plus : jambes de marbre et pieds de fonte. Il somnole. Qui a pu mettre de l'opium dans sa soupe merveilleuse ? Il était hier le besoin de la presse, sa raison d'être, et en plus la coqueluche de ces dames.

En saura t-on un peu plus aujourd'hui par as compagne qui commente la course sur France 2 , elle qui qui nous donne tous les jours des nouvelles de son «Julian»? Hier encore il n’était qu’amour donné au spectateur et autres symboles d’affection à base de panache et de coups de pédales. Et aujourd’hui ? Tentons d'y voir plus clair.

- Allez Marion, un mot sur Julian. C'est une étape pour lui non, cette arrivée à Sarran ? 
-
Elle : Ça m'étonnerait : il est rentré bourré hier soir. Il a dormi avec le chien.

Voilà une réponse qui aurait eu le mérite d'éclairer le téléspectateur sur ses performances.

Un mot enfin sur les condors colombiens (4 dans les 9 premiers du général). Ils se lissent les ailes. La grande bataille aura lieu dans trois jours,  dans les Alpes. Le Tour a été taillé pour eux quand même. Ça serait bien qu'ils se montrent reconnaissants.

Pour le reste Pierre Rolland fait honneur à son maillot. La petite équipe française BB-Vital Concept se débrouille drôlement bien. Roland, 11 Tours dans les pattes, a toujours la foi. On ne peut pas en dire autant de Total Direct Energie. Que ce que se passe t-il ? On sait que la médiocrité bien gérée peut-être un atout. Mais là, vraiment, c’est alarmant. Gicleurs bouchés. On ne voit que ça.

***

Lire dans le Journal : 90 limousines sur la route du Tour

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.