Drôle de Tour. Etape 14. Ecrire sur l'impossibilité d'écrire?

Guillaume Martin, premier français au général (11ème) nous écrit quelques mots. C'est le genre de lettre qu'on n'ouvre qu'avec son concierge, tant le plaisir de l'intelligence est grand.

Clermont-Ferrand - Lyon. 194 km.

Les coureurs partiront de Lyon aujourd'hui et arriveront au sommet du Grand Colombier. Une étape émaillée - l'expression est parlante- par 3 grosses ascensions: 2 cols de première catégorie et une arrivée après plus de 17 kilomètres d'efforts pour gravir le col classé en hors catégorie.

Hier samedi, les Bora ont roulé comme des cinglés pour Sagan afin qu'il comble son retard de points de leur leader pour le classement du maillot vert.  Ça a bien marché: il comble son retard sur Bennett. Mais en roulant à bloc les équipiers de Sagan on fait céder les jointures : simplement un groupe de cinquante à l'arrivée à Lyon. Étape remportée par le Norvégien Soren Kragh Andersen. Au général rien ne bouge (Roglic-Pogacar, Bernal, dans l’ordre).

Aujourd'hui Grand Colombier.

Lundi repos : linge, pression des pneus, contrôle de la jauge d'huile et du liquide refroidissement. Puis ensuite, espace détente avec le Traité des vertus de Jankélévitch. Tiens, à propos de courage, dont le maître frange dit tout en donnant moult définitions qui se répondent l'une l'autre, nous avons reçu une lettre au courrier du soir. Guillaume Martin, premier français au général (11ème) nous écrit.

C'est le genre de lettre qu'on n'ouvre qu'avec son concierge, tant le plaisir de l'intelligence est grand.

Tu ne devineras jamais qui m’écrit?
Le concierge : La Redoute?
Non, raté : Guillaume Martin.

Donc, de Guillaume Martin, premier français au général (11e) :

« Pour être honnête, je n'ai pas vraiment la disponibilité mentale pour cela (écrire). Peut-être peut-on écrire quelque chose sur l'impossibilité d'écrire, quand la fatigue physique est trop présente? Cela pourrait avoir une résonance sociale. Est-ce un mal? C'est le manque d'action qui pousse souvent à la réflexion et à l'imagination. Le sport nous offre un rapport plus direct au monde, plus originaire, non médié par le verbe.
Et voilà cependant que je t'écris: quel paradoxe! »

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