Drôle de Tour. Etape 16. Veau à deux têtes et lapins géants

Alaphilippe et Rolland exhibent leur panache vain, les Jumbo-Visma sifflotent.

La Tour-du-Pin - Villard-de-Lans. 164 km.

L’Allemand Lennard Kämna remporte en solitaire l’étape de Villars-de-Lans, avec plus d'une minute sur l'Equatorien Richard Carapaz. L'Allemand, qui avait déjà brillé en deuxième semaine, apporte une première victoire d'étape à l'équipe Bora. Le Slovène Primoz Roglic conserve le maillot jaune.

Les favoris, eux, ont fini en sifflotant 16 minutes derrière le vainqueur du jour.  

Alaphilippe a voulu sortir d’un groupe échappé pour revenir sur Carapaz et Kämna. Il a encore coincé. Aujourd’hui mercredi, le terrible col de la Loze, impossible à monter avec un vélo électrique. Sans compter le col de la Madeleine en mise en bouche : on craint le pire. On verra si le premier geste de Pogacar sera de tuer son compatriote Roglic à coups de pioche sur la ligne, un peu comme il tente de le faire depuis le début du Tour. Ce meurtre sera de toutes les façons à mettre sur le compte de l’étourderie.

Quelques nouvelles de Pierre Rolland. Il s'est intercalé, embarqué dans une traversée en « chasse-patate » pour rallier Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step), Richard Carapaz (Ineos Grenadiers), Warren Barguil (Arkéa-Samsic), Nicolas Roche (Sunweb) et les autres. Lui aussi à cédé. Mais quel panache!

Rolland et Alaphilippe, c’est un peu le veau à deux têtes. Les têtes sortent. Elles sont tranchées d’un coup de sabre. Les têtes repoussent dans la nuit. Rebelote. C'était hier le jour du courrier et des écritoires. Plume sergent major et encre sympathique.

Un lecteur manifeste son mécontentement. Affranchissez-nous ! Dites-le, si vous savez quelque chose ! Faites-en profiter le lecteur ! Ne le laissez pas dans l’obscurité. Soyez pédagogique, que diable ! S'il y a dopage ? En bien, expliquez l'alpha et l'oméga. Ne nous laissez pas avec des kilomètres de boudins dont on ne sait que faire ! Et, mon Dieu, cette syntaxe incertaine ! Et puis tout ce whisky que vous buvez dès 7 heures du matin, est-ce bien sérieux ?  

Le suiveur bat sa coulpe. Il est pris sur le fait : il boit trop. Et n'écrit pas assez bien.

Dans le tuyau de l'oreille, il chuchote à son cher lecteur le secret de la réussite des Jumbo Visma : oui, ils progressent plus vite grâce à une articulation de muscles des membres inférieurs, merveilleusement agencés par ailleurs, qui leur permet de progresser plus vite que la concurrence. Mais ce n’est pas tout : ils sont dotés d’une pompe surpuissante à la fois aspirante et refoulante que l'on appelle cœur. 

Le Tour n'est pas encore fini : ressaisissez-vous ! dit le lecteur. Voilà qui est envoyé !

A ce propos, l'histoire du monde du cyclisme est faite de lapins géants modifiés pour le besoin de la cause. Le lecteur complétera le nom de ces lapins géants. Le suiveur les tient à sa disposition dans la vitrine de son salon. Empaillés avec leur maillot. Visite sur rendez-vous.

C'est un métier ingrat que pédaler contre des lapins géants, surtout quand on est soi-même un petit lapin qui n’a mangé que des granulés et de l'herbe du gazon. On espère que l'analogie avec le lapin sera plus cette fois plus éclairante.

A la vérité, les Jumbo Visma utilisent des procédés de voleurs de tronc d'église. Ils sont certains qu'on ne les a pas vus. Nous sommes au moins 140 confrères depuis trois semaines derrière le pilier de l’église. Il y a ceux qui respectent le secret du confessionnal : vu, mais chut !

Puis il y a les autres, ceux qui croient que la science explique l'inexplicable. Encore faudrait-il le prouver, n'est-ce pas ?

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