Besançon récidive, après l’arrêté anti-mendicité de l’été, le franglais de façade

"Let's parlons franglais", c'était une délicieuse rubrique de Punch, hebdomadaire satirique britannique, dans les années 1960, mais, comme le chantait le regretté Jean Ferrat, dans sa chanson "Pauvre Boris", "rien n'a vraiment changé"...

Il sera désormais de plus en plus tentant de transposer le célèbre poème de Victor Hugo, bref natif du lieu, L’expiation (Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! Morne plaine !) à Besançon puisqu’il s’y passe toujours quelque chose, qui, fort malheureusement, n’est jamais très glorieux. Après le regrettable arrêté anti-mendicité pris pendant l’été pour ôter mendiants et sans-domicile-fixe de la vue des commerçants et des « braves gens » du centre-ville, voilà que le numéro d’octobre-novembre du magazine de la ville, BVV (Besançon Votre Ville), plonge un peu plus les bisontines et les bisontins dans la perplexité et l’affliction.

En effet la « une » de la dite revue affiche la façade du musée, qui va ré-ouvrir ses portes le 16 novembre après quatre années de travaux, et la photo a fait l’objet d’un montage qui orne cette même façade d’un inattendu et ridicule fronton en franglais i am baack. Outre le pronom personnel I étrangement minusculé et la voyelle a grotesquement redoublée, on se demande bien quelle mouche a pu piquer le rédacteur-en-chef de cette revue pour céder à la navrante mode du franglais de bas-étage propagée généralement par des pédants souvent incapables de soutenir une conversation dans la langue qu’ils imposent. N’eût-il pas été plus judicieux, puisque le superbe musée était personnifié, de se contenter d’un titre lisible par tous et pour tous, tel que « Je reviens », ou « Le retour » ?

Avec un tel titre de « une » on s’attendra légitimement à des pictogrammes en langue anglaise à l’entrée du musée : queue here please, paintings first floor et, bien sûr, toilets. En conclusion le choix sémantique qui s’impose pour ce i am baack, c’est RIDICULOUS !

 

numeriser-8

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.