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Le Club de Mediapart sam. 1 oct. 2016 1/10/2016 Édition de la mi-journée

L'enseignement des langues en chute libre dans les universités britanniques

L’enseignement des principales langues européennes, français, allemand, italien et espagnol, a diminué de 40% depuis 1998 dans les universités britanniques et la tendance risque fort de s’aggraver dans les années qui viennent.

L’enseignement des principales langues européennes, français, allemand, italien et espagnol, a diminué de 40% depuis 1998 dans les universités britanniques et la tendance risque fort de s’aggraver dans les années qui viennent. Selon une enquête publiée par le Guardian en date du 8 octobre, plus d’un tiers de ces mêmes universités ne proposent plus de diplômes en langues dans l’éventail de leurs formations.

 

L’allemand est la langue la plus touchée par cette désaffection, puisque le nombre d’établissements universitaires où les étudiants britanniques pouvaient y étudier cette langue a baissé de moitié dans les quinze dernières années. Le français suit avec une baisse de 40%. Viennent ensuite l’italien et l’espagnol avec des chutes respectives de 23 et 22%. Selon les universitaires interrogés par le quotidien il faut – prétexte fort commode -–  blâmer la notation trop sévère dans le secondaire qui décourage les lycéens grands-bretons et les dissuade de présenter une langue vivante parmi les trois ou cinq (selon les universités) A-levels (Advanced Levels), équivalent grosso modo du bac, qu’ils doivent choisir pour intégrer l’enseignement supérieur.

 

Par voie de conséquence les langues vivantes européennes tombent en désuétude à l’université. Michael Kelly, chef du département des langues modernes à l’université de Southampton et ex-conseiller du parti travailliste, tire même le signal d’alarme en affirmant que deux ou trois départements de langues vont fermer chaque année, réduisant ainsi un peu plus le choix potentiel des étudiants. Cette situation catastrophique correspond à des choix budgétaires et, donc, politiques dont la responsabilité incombe aussi bien à l’actuel gouvernement conservateur de coalition dirigé par Cameron qu’à ses prédécesseurs Brown et Blair. Elle induit une forme d’élitisme indubitable.

 

En effet la maîtrise des langues, et, en particulier, des langues européennes, est désormais l’apanage d’un nombre restreint d’étudiants qui, en règle générale, ont choisi des voies scientifiques. C’est la raison pour laquelle le Russel Group, axe de recherche scientifique créé en 1995 et qui regroupe plusieurs universités publiques à travers le royaume, échappe totalement à cette crise et voit même le nombre de ses formations en langues en forte augmentation, parce qu’elles sont associées à un autre socle de formation. En 2004 le gouvernement travailliste de Tony Blair a supprimé l’obligation des langues vivantes au GCSE (General Certificate of Secondary Education), sorte de diplôme de fin d’études secondaires pour les lycéens qui n’avaient pas l’intention d’entrer à l’université.

 

Or en ce début d’été 2013, seuls 6,9% des lycéens, qui avaient opté pour le français, l’allemand et l’espagnol, ont obtenu un ‘A’ (sommet de l’évaluation britannique par lettres) précipitant ainsi le niveau général en langues des royaux rejetons vers des profondeurs abyssales. Le Guardian note, incidemment, qu’en Irlande du Nord et en Ecosse il est impossible d’apprendre le russe ou l’arabe. Quant au japonais, en dehors de Londres il faut aller à Cardiff ou à Edimbourg pou l’étudier. Voilà une situation absurde qui prend le chemin inverse de l’histoire, du progrès et de la compréhension entre les peuples, aberration qui devrait, néanmoins, plaire à la désopilante Madame Fioraso qui entend faire enseigner le marketing en anglais par des non-spécialistes à des étudiants asiatiques à Clermont-Ferrand ou à Colmar…

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Tous les commentaires
  • 08/10/2013 21:56
  • Par gaelz

Cela n'est-il pas une manifestation de ce que, tout simplement, les Anglais sont dégoûtés par une Europe continentale qui part à la dérive? Les Allemands ressortent de la vieille malle le knout qui a rendu bien des services à grand-père, les Français se montrent serviles envers la volonté de puissance allemande et impitoyables envers une Europe du Sud qui s'enfonce dans le désastre, les Belges s'entre-déchirent, les Italiens sont à un point de décomposition de la vie politique hallucinant... les Anglais ne sont plus intéressés, faut-il vraiment leur en faire le reproche?

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L'auteur

Jean-Louis Legalery

professeur agrégé et docteur en anglais retraité, membre du CA de la Convention pour la 6ème République.

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