George W. Obama ou Big Brother Barack?

Il semble qu’en l’espace de cinq ans l’opinion publique américaine soit passée de Yes we can à How could he possibly do this ? En d’autres termes, vu de l’intérieur ou de l’extérieur, à la lumière des révélations sur l’usage des données téléphoniques de l’américain moyen par la NSA, National Security Agency, les Etats-Unis sont en droit de se demander si, alors qu’ils attendaient une réincarnation de Martin Luther King, ils n’ont pas une sorte d’hybride entre George W. Bush et Big Brother.

Il semble qu’en l’espace de cinq ans l’opinion publique américaine soit passée de Yes we can à How could he possibly do this ? En d’autres termes, vu de l’intérieur ou de l’extérieur, à la lumière des révélations sur l’usage des données téléphoniques de l’américain moyen par la NSA, National Security Agency, les Etats-Unis sont en droit de se demander si, alors qu’ils attendaient une réincarnation de Martin Luther King, ils n’ont pas une sorte d’hybride entre George W. Bush et Big Brother.

 

George W. Bush tout d’abord, car si Barack Obama n’était pas au courant des abus de pouvoir et des atteintes aux libertés auxquels se livraient, depuis des années, la NSA, c’est la preuve d’une faiblesse insigne, d’une incapacité à gérer et diriger son administration, notamment la NSA, d’un amateurisme tel qu’un fournisseur privé, Edward Snowden, a pu avoir accès aux données récoltées illégalement par cette même agence. Le président américain ne serait-il, en fin de compte, qu’une marionnette dirigée, en coulisses, par de puissants groupes, impression déjà amèrement ressentie lorsque des élus aussi ineptes et incultes que Ronald Reagan et George W. Bush ont pu accomplir deux mandats ?

 

Big Brother Barack ensuite, car si le président américain dirige vraiment, se pose alors un réel problème de crédibilité politique qui amplifie le vaste malaise engendré par les atermoiements sur une promesse majeure, non tenue à ce jour,  de la campagne de 2008, à savoir la fermeture de Guantanamo. Cette seconde hypothèse conduit à conclure que Barack Obama non seulement savait, mais aussi mentait, en même temps, à la presse et à l’opinion. Au-delà de la détérioration de l’image et du capital de sympathie du président américain, cette situation insolite a fait naître deux débats à travers les Etats-Unis, l’un parfaitement légitime, résumé ici par un éditorial du NYT : pourquoi la NSA s’est-elle fourvoyée dans d’aussi basses besognes alors que son urgente mission aujourd’hui est de prévenir tout risque terroriste ? ; l’autre totalement illégitime, inquiétant et farouchement nationaliste, résumé ici par un autre éditorial du NYT, consiste à faire du whistleblower Edward Snowden un bouc émissaire, accusé de traîtrise et d’irresponsabilité, alors qu’il n’a fait que son devoir de citoyen.

 

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