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Billet de blog 11 septembre 2008

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Journalisme de pacotille

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le paysage de la presse, qu'elle soit écrite, télévisée ou radiodiffusée, s'assombrit. Réjouissons-nous que Mediapart existe, car, en plus des menaces et des entraves au bon fonctionnement de la presse, surgissent à l'horizon certains journalistes, qui, non seulement font honte à leur profession, mais donnent, par ailleurs, la fâcheuse impression que leur niveau de conscience, de lucidité, de distance et d'indépendance est très largement en dessous de zéro.

Comme une grande partie des abonnés à Mediapart, j'ai assisté, médusé, malheureux et impuissant, à la lente agonie du Monde, à partir du moment où Jean-Marie Colombani a fait entrer, dans l'honorable bergerie, son complice, le petit loup Minc. Je me suis progressivement et douloureusement détaché de ce quotidien que je vénérais. Je me rassurais en me disant qu'il me restait France-Inter et sa tranche d'information matinale, le célèbre 7-10. Hélas, après les élections présidentielles, cette même station, avec qui j'entretenais une relation de fidélité de plus de quarante ans, a décidé de confier, chaque vendredi, une chronique d'analyse de la vie politique, à 8h40, à un présumé éminent spécialiste, le pré cité Jean-Marie Colombani, celui-là même qui, dans son pitoyable et servile éditorial qui a précédé le deuxième tour de la présidentielle, s'est permis d'écrire, pour plaire à ses maîtres, que"voter Bayrou" était "anti-démocratique". Dès lors, j'ai pris également mes distances avec France-Inter.
Le coup de grâce a été donné par la lamentable charge du révérend père Philippe Val, le vendredi 5 septembre. Pendant que le directeur de feu Charlie-Hebdo - puisqu'à mes yeux ce journal n'existe plus - bavait sur Mediapart, le Club et Edwy Plenel, Nicolas Demorand ricanait à l'arrière-plan. Il convient, à ce sujet, de relire l'excellent article de François Bonnet. Là, donc, c'en était trop, et j'ai émigré, sans conviction et sans illusion vers France-Info.

Or, en ce mercredi 10 septembre, je suis au volant de ma voiture, branché sur France-Info pour le flash de midi. Une jeune journaliste est en direct de l'assemblée nationale d'où elle couvre la réunion de la commission parlementaire chargée d'auditionner le tristement célèbre Bernard Tapie. Et là, je reste bloqué au feu vert, provoquant la rage de l'automobiliste qui me suit. Pétrifié, plus exactement, par ce que je viens d'entendre : la dite jeune journaliste parle, je cite, "d'une charge violente de Jean Peyrelevade", mais, je re-cite "qu'il faut prendre prudemment, comme le dit un député UMP, présent sur place, parce que M. Peyrelevade fait partie du Modem"!

Les auditeurs ont donc été invités à considérer que la parole de Jean Peyrelevade n'est pas crédible, puisqu'il appartient au mouvement dirigé par François Bayrou. Rien sur le fond de l'affaire, rien sur cette ignominie, juste une petite phrase inepte. Cette malheureuse journaliste serait bien inspirée de lire attentivement les articles et les enquêtes de son éminent aîné, Laurent Mauduit, qui a permis à la France entière d'apprendre comment le président de la République entend faire un cadeau monumental à Tapie avec l'argent du contribuable. Cette jeune femme fait partie du troupeau qui ramène son noble métier à celui de gens de maison.

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