Paradoxe californien

Dans son édition en ligne du 10 mars, le Los Angeles Times dénonce, sous la plume d’Emily Sohn, l’excessif engouement des Américains, en général, et des Californiens, en particulier, pour les fruits exotiques.

 

La consommation des grenades, mangues, et autres fruits venus de pays lointains est en augmentation constante, sous des formes diverses, boissons, produits lyophilisés, muesli et barres énergétiques. Leur dithyrambique promotion commerciale, faite par les entreprises importatrices, ne recule, apparemment, devant aucun argument fallacieux, puisqu’il s’agirait, ni plus ni moins, de lutter contre le cancer, de renforcer son immunité et sa longévité. Si ce discours angélique peut aisément s’inscrire dans la tradition hédoniste des Californiens, il laisse plus que sceptique et perplexe les nutritionnistes, les diététiciens et les chercheurs de ce même Etat, qui pensent fermement que les fruits de la Californie suffisent à une alimentation équilibrée. Par ailleurs, nombre d’associations de défense des consommateurs commencent à saisir la justice pour dénoncer la publicité mensongère et la dérive linguistique qui met en lumière la possibilité d’acquérir des « super pouvoirs » grâce aux « super fruits ». Enfin l’importation par transport aérien a un coût exorbitant, ce qui est contradictoire avec la volonté affichée du gouverneur, Arnold Schwartzenegger, de réduire la production de CO2.

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