Jean-Louis Legalery (avatar)

Jean-Louis Legalery

professeur agrégé et docteur en anglais retraité.

Abonné·e de Mediapart

552 Billets

20 Éditions

Billet de blog 18 avril 2008

Jean-Louis Legalery (avatar)

Jean-Louis Legalery

professeur agrégé et docteur en anglais retraité.

Abonné·e de Mediapart

Tsvangirai ne veut plus de Mbeki comme médiateur

Jean-Louis Legalery (avatar)

Jean-Louis Legalery

professeur agrégé et docteur en anglais retraité.

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Dans un entretien qu'il accordé au quotidien sud-africain du Cap, The Mail & The Guardian, le 17 avril, Morgan Tsvangirai, le leader du MDC, Movement for Democratic Change, vainqueur des élections législatives du Zimbabwe, a lancé un appel à Levi Mwanawasa, président de la Zambie et du SADC, South African Development Community, pour qu'il remplace Thabo Mbeki, le président sud-africain, dans sa fonction de négociateur et de médiateur.

Dans un langage qui mêle les bonnes manières diplomatiques et une dérision massue, Morgan Tsvangirai a remercié Mbeki de tous ses efforts et a demandé qu'il soit relevé de toutes ses fonctions au sein du SADC, tout en soulignant que, depuis neuf ans, il n'a obtenu aucun résultat tangible face au dictateur Robert Mugabe.

Le Zanu-PF, parti dirigé par Mugabe, persiste à clamer que ni Mugabe ni Tsvangirai n'ont gagné et qu'il convient d'organiser une nouvelle consultation. La commission électorale zimbabwéenne a demandé un nouveau décompte des voix, ce que récuse le MDC, s'appuyant sur le fait que sa victoire est avérée. La haute cour de justice de Harare a repoussé à une date non communiquée la demande du MDC d'interdire tout nouveau décompte des bulletins de vote.

Mais il y a plus grave selon The Mail & The Guardian. L'ambassadeur des Etats-Unis au Zimbabwe, James McGee, a fait savoir que les informations qui lui remontent des diverses provinces font état de menaces, d'intimidations, de passages à tabac, et même d'assassinats et de maisons brûlées à l'encontre de tous ceux qui ont voté pour l'opposition. L'association des médecins de Harare affirme avoir soigné plus de 150 personnes brutalisées et torturées depuis les élections. Toutes ces informations contrastent singulièrement avec les déclarations de Thabo Mbeki, samedi dernier au même journal : "There is no crisis in Zimbabwe." En affirmant qu'il n'y a pas de crise au Zimbabwe, Mbeki a non seulement discrédité l'African Union, mais en plus il faut preuve d'un incroyable mépris à l'égard des citoyens du Zimbabwe privés de démocratie.

Et pendant ce temps-là, le conseil de sécurité de l'ONU n'a toujours pas pris l'ombre d'une décision contraignante à l'égard de Mugabe. Quant à Gordon Brown, premier ministre britannique, il se dit préoccupé. Très impressionnant.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.