Peter Benenson (1921-2005) fondateur d'Amnesty International le 28 mai 1961

L'organisation Amnesty International compte aujourd'hui 7 millions de membres répartis dans 150 pays. Les menaces contre les droits fondamentaux sont permanentes et multiples.

 

Peter Benenson en 1991 à Londres © Amnesty International Peter Benenson en 1991 à Londres © Amnesty International
A priori rien ne destinait Peter Benenson à la célébrité internationale. Né Peter James Henry Solomon le 31 juillet 1921, d’un père, Harold Solomon, officier de l’armée britannique et d’une mère, Flora Benenson, d’origine juive russe, dont il prit le nom plus tard en hommage à son grand-père maternel, le jeune Peter devint orphelin de père à l’âge de neuf ans et reçut une éducation spécifique à la maison et, parmi ses précepteurs figura le célèbre poète W.H. Auden. Il commença à étudier le droit à Oxford, au Balliol College, où il montra son sens de l’altruisme en créant un fond de secours pour les orphelins de la guerre d’Espagne, mais la seconde guerre mondiale interrompit le début de ses études supérieures. Il s’engagea alors dans le service d’espionnage du ministère de l’information pour la durée de la guerre. A la libération et après sa démobilisation en 1946, Peter Benenson devint avocat et adhéra au parti travailliste. Il fut candidat du Labour aux élections législatives de 1950 dans la circonscription de Streatham, au sud-est de Londres, puis en 1959 dans la circonscription de North Herts, au nord-est de Londres, mais fut battu lors de ces deux tentatives. Avant ce deuxième échec politique, il avait créé, en 1957, avec plusieurs amis avocats, un groupe appelé JUSTICE, dont le but était la réforme juridique et la protection des droits humains.

 

Or, donc, fort de cet engagement permanent au service des autres, Peter Benenson, alors qu’il était dans un bus londonien au printemps 1961,  fut indigné de lire, dans le quotidien The Times, un bref entrefilet qui indiquait que deux étudiants portugais de l’université de Coimbra avaient été condamnés à sept ans de prison par le régime dictatorial de Salazar pour avoir simplement et  publiquement levé leur verre à la liberté. Il écrivit alors à David Astor, rédacteur-en-chef de l‘hebdomadaire dominical The Observer, puis le rencontra. Et c’est ainsi que prit forme le désormais célèbre article The Forgotten Prisoners, publié le 28 mai 1961 dans The Observer, article dans lequel il exhortait les lecteurs à écrire à Salazar pour protester contre le caractère totalement arbitraire du traitement des deux étudiants de Coimbra. Ainsi était né le principe fondateur du fonctionnement d’Amnesty International, qui fut officiellement créé, juillet 1961, par Peter Benenson avec six autres co-fondateurs, dont un député conservateur, un député libéral et un député travailliste. Le retentissement de l’article du 28 mai 1961 et de la création d’AI fut non seulement national mais aussi rapidement international. Et la défense de tous ceux qui, à la surface de la planète, étaient inquiétés pour leurs opinions et convictions, fut ainsi sur les rails de manière officielle. Peter Benenson fut nommé secrétaire général d’Amnesty International, dès sa création, posta qu’il occupa jusqu’en 1964 et dut abandonner pour des raisons de santé.

L'article de The Observer du 28 mai 1961 L'article de The Observer du 28 mai 1961

Aujourd’hui, après avoir obtenu le prix Nobel de la paix en 1977, l’organisation est dirigée par le militant indien Salil Shetty  et compte sept millions d’adhérents répartis dans 150 pays, un chiffre qui peut à la fois sembler réjouissant, symbole d’une forte et rassurante solidarité humaine, et accablant puisqu’il montre que les droits humains sont menacés partout dans le monde. Il y a six domaines essentiels pour lesquels Amnesty International se bat quotidiennement, la défense des droits des femmes, des enfants et de minorités ; l’abolition de la torture ; l’abolition de la peine de mort ; les droits des réfugiés ; les droits des prisonniers de conscience et la protection de la dignité humaine. La devise d’AI : 

 

« Mieux vaut allumer une bougie que de maudire les ténèbres. »

 

www.amnesty.fr

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