Quand Sigmund fraude, Elisabeth Roudine escroque ?

C'est bien l'impression que l'on peut avoir, en tous cas, après la remise du prix décembre 2014 (le prix littéraire le mieux doté de France, avec ses 30 000 euros attribués au vainqueur).

Car au milieu du concert de louanges qui a suivi, on peut tout de même relever quelques notes discordantes et argumentées.

Le lecteur pourra ainsi consulter au moins ces deux liens, dont je tire deux exemples édifiants.

-
dans celui-ci, Michel Onfray commente ainsi certaines ratiocinations de la récipiendaire (sur la relation entretenue par Freud avec sa belle sœur) :

« 
Précisons que je me moque bien que Freud ait couché avec sa belle sœur et délaissé sa femme ! Mais il en va d’un point de doctrine, car Freud nous dit qu’il a renoncé à la sexualité très tôt, ce qui lui aurait permis de détourner une libido sans emploi sur une œuvre socialement acceptable : la création de la psychanalyse. Cette théorie devient la sublimation (transformation de la libido en œuvre socialement acceptable) et elle a contaminé toute la critique esthétique du XX° siècle. Elle fait encore des ravages aujourd’hui. Or Freud a bien renoncé à la sexualité très tôt, certes, mais avec sa femme, pas avec la sœur de sa femme… »
 

 - dans le second lien, recension très fouillée de Jacques Van Rillaer, il n'est pas impossible que, lorsqu'il lira le paragraphe 5 (sur le cas Liebmann en particulier), le lecteur éprouve cette « détresse lamentable des honnêtes gens face aux gens culottés » dont parlait Karl Kraus.

Comment qualifier en effet autrement le comportement d'un auteur qui se présente comme le découvreur de cas qu'elle a selon toute vraisemblance recopiés dans l'ouvrage de Borch-Jacobsen (qui, lui, avait réellement « découvert » et reconstitué la biographie de plusieurs patients de Freud). Mais le jury du prix décembre avait sans doute mieux à faire que de lire cet ouvrage.

D'où ce conseil « méthodologique » qu'on peut donner aux candidats au prix décembre :

1. suggérer qu'un auteur est antisémite (ou que, si ce n'est lui, c'est donc son frère : voir ici, p. 4)
2. piquez-lui ses travaux
3. attribuez-vous ses découvertes

C'est facile. Et ça peut rapporter gros !

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