Le rapport officiel qui dément le manque de compétitivité des entreprises françaises

Le MEDEF et ses politiciens ne cessent d’exiger des réformes structurelles, qui sont autant de sacrifices demandés aux seuls producteurs de richesse, parce que les entreprises françaises seraient « moins compétitives que leurs concurrents ». Du flan pour l’essentiel, pour simplement augmenter encore plus les gains des actionnaires, ceux qui ne produisent RIEN et profitent en dormant.

 L'escroquerie est parfaitement démasquée par le Rapport sur l’attractivité de la France en 2016 publié par Business France, dépendance du... Ministère de l’Economie et des Finances.

 Pour vous en donner l'essentiel, voici la synthèse offerte en introduction page 10.

« L’analyse des déterminants de l’attractivité de l’économie française souligne les forces dont bénéficie la France :

• la taille du marché domestique (la France est la 6e économie mondiale) ; à moins de deux heures des grandes villes européennes, son positionnement géographique au cœur du marché européen en fait un véritable tremplin vers le marché européen (3e en termes d’accès aux marchés de l’UE 27);

• sa puissance commerciale : 5e exportatrice mondiale de services et 8e exportatrice mondiale de biens;

• les compétences de sa main-d’œuvre se traduisant notamment par une productivité horaire élevée (7e mondiale et 4e de notre échantillon), une bonne représentation des chercheurs dans la population (9,4 chercheurs pour 1000 actifs, 4e de notre échantillon);

• son excellente connexion aux réseaux mondialisés et à la qualité de ses infrastructures: la France bénéficie d’infrastructures aéroportuaires de qualité (Roissy-Charles de Gaulle, 1er aéroport européen pour le fret et 2e derrière l’aéroport London Heathrow pour les passagers) ; ainsi qu’une attractivité forte en termes d’accès à l’énergie avec un réseau électrique performant et  fiable (un niveau de prix de l’électricité parmi les plus compétitifs d’Europe), et un très bon taux de pénétration de l’internet haut débit fixe (2e de notre échantillon);

• une dynamique démographique : avec une moyenne de 2 enfants par femme, la France bénéficie de la meilleure fécondité en Europe ;

• la France affiche en 2015 une nette amélioration de la compétitivité-coût, s’expliquant notamment par un allégement des coûts induit par le CICE, ainsi qu’une hausse de la productivité horaire dans l’industrie manufacturière : la productivité par heure travaillée a progressé de +3,6% en France en 2015 (+1,1% pour l’UE 28).

• la compétitivité coût de la France dans les activités de R & D s’est renforcée depuis 2008, la France offre le traitement  fiscal de la R & D le plus avantageux pour les entreprises (1er de notre échantillon);

• une qualité de vie: outre la diversité et la richesse du patrimoine culturelle et historique, le système public français propose un modèle social permettant aux citoyens d’accéder à un ensemble de services gratuits et de qualité, notamment en matière d’éducation et de santé.

  • Le marché français est très dynamique en termes de créations nettes d’entreprises : +7,2 % en 2014, soit 230 187 créations nettes d’entreprises pour l’ensemble de l’économie. La moyenne de l’UE 28 enregistre une hausse des créations nettes de seulement +0,9 % en 2014. Dans l’industrie manufacturière, le taux de créations nettes d’entreprises atteint +6,8 % en 2014, soit 16 117 créations nettes d’entreprises. Ces résultats contrastent avec le reste de l’UE 28 qui enregistre une baisse de -0,7 % en 2014, de même qu’en Allemagne (-0,6%) et qu’au Royaume-Uni (-0,7%).
  • Cette créativité, tout comme le développement des entreprises, est facilitée par des conditions administratives et  financières plutôt favorables. Et même très favorables s’agissant des startups : Paris, notamment, fait partie des villes ayant mis en place les politiques publiques de soutien à l’entreprenariat et à l’innovation les plus performantes aux côtés de San-Francisco, New York et Londres (City Initiatives for Technology, Innovation and Entrepreneurship, Accenture). Notre pays se distingue aussi pour l’accès des startups à la  finance de marché (Global Entrepreneurship Index 2016). En 2015, la France était à la 2e place en Europe pour le nombre d’opérations de capital-risque. En termes de facilité d’accès aux emprunts, la France maintient son rang et se positionne à la 4e place de l’échantillon en 2015 selon le Global Competitiveness report 2015-2016 du WEF, devant l’Allemagne (7e) et devant le Royaume-Uni (10e).
  • Le coût du travail et la  fiscalité sont présentés comme des points faibles de la France dans les enquêtes d’opinion et dans les classements internationaux.

 Une analyse plus  fine des indicateurs permet cependant de nuancer ces classements. L’indicateur de rémunération du travail par salarié en 2015 place la France à la 5e place de l’échantillon, devant l’Allemagne et le Royaume-Uni. En 2015, le salaire par tête pour l’ensemble de l’économie a progressé en France de +1,4%, soit moins que l’Allemagne (+2,2 %), et que le Royaume-Uni (+1,8 %). Par rapport aux principaux concurrents européens, la maîtrise du coût horaire du travail en France a été marquée.

En termes de  fiscalité, malgré un taux nominal d’imposition des bénéfices parmi les plus élevés, les recettes tirées de l’IS ne représentent qu’une faible part du PIB en France (2,0% en 2014, contre 2,4% pour le Royaume-Uni et 2,6% pour les États-Unis). Son rendement est ainsi plutôt faible par rapport à la moyenne de 2,9 % dans les pays de l’OCDE. Le Pacte de responsabilité et de solidarité annoncé en 2014 prévoit de réduire le taux d’IS de 33,3 % à 28 % entre 2017 et 2020, de supprimer la majoration d’impôt sur les sociétés en 2016, et d’éliminer progressivement la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S) entre 2015 et 2017.

La singularité  fiscale française se caractérise par un taux de l’IS élevé, mais une assiette étroite, réduite par la multitude des dérogations et exonérations existantes, la France offrant le traitement  fiscal de la R&D le plus avantageux pour les entreprises. »

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