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Billet de blog 1 juil. 2021

Inde: le mouvement paysan rend hommage aux tribus indigènes et à leurs luttes

La coordination paysanne SKM a rendu hommage aux Adivasis (tribus indigènes) le 30 juin pour la journée du Hool Kranti Diwas qui célèbre la première guerre d'indépendance contre la Compagnie des Indes Orientales et les britanniques menée en 1855-1857 principalement par les Adivasis Santhals, une révolte qui fit pas moins de 15 000 morts.

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par Jacques Chastaing

La coordination paysanne SKM a rendu hommage aux Adivasis (tribus indigènes) le 30 juin pour la journée du Hool Kranti Diwas qui célèbre la première guerre d'indépendance contre la Compagnie des Indes Orientales et contre les britanniques menée en 1855-1857 principalement par les Adivasis Santhals qui vivaient de la forêt dans l'actuel Etat du Jharkhand, une révolte qui fit pas moins de 15 000 morts.

Des célébrations communes paysans/Adivasis ont principalement eu lieu dans les Etats de l'Odisha, de l' Andhra Pradesh, du Telangana, de l'Uttar Pradesh, du Chhattisgahr, du Jharkhand et du Bengale occidental comme dans les campements paysans de Delhi.

Or ce combat est toujours d'actualité, comme à l'époque, car les Adivasis sont toujours en lutte pour défendre leurs forêts, cette fois non plus contre les britanniques mais contre Modi qui les vend aux groupes agro-forestiers capitalistes alors que les Adivasis en sont constitutionnellement propriétaires ou comme dans la lutte actuelle des villageois de Selagar contre l'installation d'un camp militaire au détriment de leurs forêts, lutte où les militaires ont tué trois personnes dont une femme enceinte.

Par ailleurs les tensions montent de tous côtés contre le pouvoir.

Des dizaines de milliers d'habitants du village de Khori, situé à Faridabad, à la frontière Delhi-Haryana, pas très loin des campements paysans, sont menacés d'expulsion avec démolition de leurs maisons sans solution de rechange en plein milieu de la pandémie et de la crise économique en cours.

La population de cette région se compose principalement de personnes de la classe ouvrière engagées soit dans des emplois informels tels que des travaux de construction, des travaux domestiques, etc., soit dans des emplois rémunérés à la journée qui sont donc déjà aux prises avec des pertes d'emplois dues au confinement et n'ont aucune protection de la sécurité sociale contre le chômage ou la maladie.

Mercredi 30 juin, les habitants et militants du village devaient organiser un Mahapanchayat, avec les paysans de l'Union Bharatiya Kisan (BKU) pour protester contre l'ordre d'expulsion. La police est intervenue violemment pour tenter d'empêcher la réunion, ce qui a provoqué d'intenses bagarres et élargi la colère et la solidarité à bien d'autres secteurs de la population.

Dans l'Haryana, le Pendjab et l'Uttar Pradesh, la colère monte aussi au sein du BJP (le parti au pouvoir) contre la politique du gouvernement et plusieurs responsables ou anciens responsables du BJP ont dénoncé publiquement la politique de Modi lui demandant de céder aux revendications paysannes tandis que d'autres ont rompu publiquement avec le parti. D'autres responsables du BJP enfin ont demandé au gouvernement de céder parce qu'avec la politique de bannissement social des paysans, ils ne peuvent plus aller à la rencontre des habitants sans être suivi par des hordes de paysans, ce qui les empêchent de faire quoi que ce soit.

Ne sachant plus quoi faire suite à cela et face à la nouvelle montée du mouvement paysan, le gouvernement a jugé bon de lancer ses voyous armés du RSS contre les campements paysans de Delhi, cherchant la provocation en jetant des pierres, pour justifier une intervention en masse de la police qui était postée à proximité. Mais les paysans en nombre ont simplement chassé avec calme et fermeté les voyous fascisants du pouvoir.

Les 29 et 30 juin, 150 000 travailleurs des aciéries et mines de fer publiques ont fait grève dans des proportions de 70 à 95% de participation, pour des augmentations de salaires et contre la privatisation du secteur, indiquant que ce n'était que le début d'une lutte prolongée.

Face à l'appel à la grève illimitée à partir du 26 juillet de tout le secteur de la défense nationale qui doit être privatisée, le gouvernement s'est tout simplement octroyé le droit de supprimer le droit de grève dans ce secteur professionnel (et aussi dans la santé du fait d'une grève des docteurs dans l'Andhra Pradesh), ce qui ne fait peur à personne mais avive les tensions et les protestations et pousse les manifestants, s'ils veulent pouvoir continuer à se défendre à virer ce gouvernement.

PHOTOS

Manifestants et Adivasis en lutte

s le dossier Soulèvement en Inde et la rubrique Asie/Océanie de la Revue de Presse Emancipation! 

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