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Billet de blog 2 mai 2022

Philippe Poutou: garder un cap radical même s’il est minoritaire

Philippe Poutou a du se rendre à l'évidence. La logique sinécuriste pousse la nouvelle union de la gauche toujours plus à se soumettre au capital. Les victoires passeront par le rapport de force, sur un programme anticapitaliste, et non par la soumission au capital en répétitant la farce de la gauche caviar. Elle ne fait que jeter des millions de jeunes et travailleurs vers les fascistes.

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par Philippe Poutou 

Salut à toutes et tous 

Accord législatives : Plus ça se précise et plus ça semble se compliquer (pour nous le Npa)

Nous avons ce jour en fin d’après-midi une quatrième rencontre avec UP-FI, toujours dans le cadre de la recherche d’un accord pour les législatives.

D’après les informations que nous lisons, essentiellement dans les médias, les choses s’annoncent quand même assez délicates. Bon c’est vrai depuis le début la marge de manœuvre est étroite avec l’objectif d’une cohabitation (JLM premier ministre) en conséquence d’une majorité de gauche à l’assemblée, une idée bien particulière.

Mais en quelques jours, on est passés du refus catégorique de s’entendre avec le PS à une volonté FI-PS réciproque et presque enthousiaste de trouver un terrain d’entente. Cela se traduit logiquement par un programme très minimaliste et bien sûr à un partage des circonscriptions acceptable pour le PS, histoire de sauver le plus de postes possible.

Plus FI cherche à s’entendre avec le PS et EELV, plus le socle commun s’arrondit et se réduit. La retraite à 60 ans devient « l’objectif » de la retraite à 60 ans, l’abrogation de la loi El-Khomri devient l’abrogation des « aspects régressifs » de la loi, la désobéissance avec les réglementations européennes est relativisée et si peu claire, sans parler de l’abandon de l’arrêt du nucléaire (pas une mince affaire) ou d’autres points importants de ce qui aurait pu constituer un programme de rupture.

Donc l’unité souhaitée, légitime, y compris pour nous, cette unité prend forme effectivement mais perd en radicalité potentielle, en originalité ou même en point d’appuis pour la suite. Car même affaibli, le PS (avec aussi EELV), arrive encore à donner le ton, à fixer ses limites et mettre en avant ses revendications concernant le partage des circonscriptions. 

Le PS n’a pas changé (drôle de légende urbaine), certes le PS se dispute en interne mais c’est juste sur comment sauver les postes et les meubles du parti. Il n’y a aucune rupture avec sa politique passée. C’est très facile en période électorale de dire l’inverse de ce qui a été fait ou de ce qui pourrait être fait. Pour retrouver sa vraie nature par la suite.

Donc pour nous, les dernières évolutions ne nous enthousiasment pas. On va continuer les discussions, voir comment on peut faire évoluer la situation sur sa gauche, même si malheureusement on sait qu’on n’a peut de moyens pour influencer, peu de force pour pousser le programme vers plus d’anti capitalisme par exemple.

Nous sommes convaincus qu’il faut pratiquer l’unité, qu’il faut regrouper les forces militantes, qu’il faut réapprendre à discuter ensemble. C’est même urgent dans la situation politique actuelle. Mais nous sommes beaucoup moins convaincus de la méthode et du résultat qui semble se mettre en forme.

Encore une fois, on le redit, on le sait, le Npa est le plus petit « morceaux » dans cette discussion de regroupement. Nous n’apparaissons pas dans les articles des medias, les PS-PC-EELV nous ignorent et nous effacent volontairement, la FI nous met aussi dans la case optionnelle. C’est un constat lucide, pas une plainte. C’est seulement dommage. Car en même temps, nous sommes le seul « morceau » sur la gauche de la FI, cette petite aile gauche potentielle pour l’accord final, une aile gauche qui ne semble pas avoir sa place dans cette gauche qui se reconstituerait provisoirement tant son aile droite prend de la place. En effet tout se discute, se signe et se répartit sans nous.

Nous n’abandonnons pas la discussion. De toute façon entre partis de gauche, même entre anti libéraux et anticapitalistes, entre réformistes et révolutionnaires, on a besoin de se côtoyer, de confronter nos idées et nos programmes, nos perspectives politiques. On a besoin de se dire les choses, pour mieux cerner nos accords et désaccords, pour mieux comprendre ce que chacun-e veut construire et comment.

C’est sûr que pour nous, l’unité mériterait d’être beaucoup plus « à gauche », et ça serait possible, sur un programme plus clairement en rupture avec les politiques libérales et antisociales, en s’appuyant réellement sur les équipes militantes des partis et aussi du mouvement social, syndicales, associatives et des collectifs. Nous revendiquons une unité qui serait plus liée aux luttes et résistances du moment, pour faire le lien entre les élections, « nos » députés à l’assemblée nationale et la pression si fondamentale exercée par les mouvements sociaux.

On n’a pas souvent ce qu’on veut. Mais c’est bien aussi de ne pas trop vite se plier aux dures réalités comme s’il n’y avait pas le choix, il est donc important de garder un cap radical même s’il est minoritaire. Et il est possible de concevoir que les plus « petits » n’ont pas forcément tort. 

En complément tous les jours la rubrique Politique de la Revue de Presse Emancipation!

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