Jean-Marc B
Abonné·e de Mediapart

10602 Billets

0 Édition

Billet de blog 2 nov. 2021

Inde: menace d'occuper parlement, commissariats et toutes les administrations

Le mouvement paysan annonce en plus que si Modi ne renonce pas à ses lois anti-paysannes avant la date du 26 novembre - date anniversaire d'un an d'occupation des entrées de Delhi - le soulèvement paysan ne se contenterait plus de campements de tentes à Delhi, mais mettrait en place de véritables fortifications en dur.

Jean-Marc B
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

par Jacques Chastaing

Alors que des pluies diluviennes hors saison ont obligé les paysans à tenter de sauver leurs récoltes et ont conduit le soulèvement paysan à repousser un certain nombre d'actions notamment l'occupation de la capitale de l'Uttar Pradesh avec un Mahapanchayat géant prévu le 18 octobre et repoussé au 22 novembre, la Cour suprême a décrété que les paysans ne pouvaient plus bloquer les routes, ciblant les campements paysans installés autour de Delhi depuis 11 mois.

La police a retiré ses propres blocages des campements paysans de Delhi et en a profité pour déclarer qu'elle allait évacuer de force les paysans tandis que dans le même moment des gangs d'hommes de main du BJP (parti au pouvoir) tentaient quelques incursions aux abords des campements pour tester la résistance des paysans.

La riposte paysanne ne s'est pas fait attendre.

Les organisations paysannes ont demandé aux paysans et soutiens de marcher en masse sur les campements de Tikri, Singhu et Ghazipur à Delhi tandis que Rakesh Tikait, le dirigeant paysan le plus populaire, celui des moments critiques, déclarait qu'à la moindre tente d'un de ces campements enlevée par la police, ils marcheraient sur la résidence du premier ministre qu'ils occuperaient comme ils occuperaient les commissariats, les bureaux de l'administration et le Parlement et qu'ils transformeraient ce dernier en un vaste marché de leurs produits agricoles.

Par ailleurs Rakesh Tikait a donné un nouvel ultimatum au gouvernement : si celui-ci ne renonce pas à ses lois anti-paysannes avant la date du 26 novembre - date anniversaire d'un an d'occupation des entrées de Delhi - le soulèvement paysan ne se contenterait plus de campements de tentes à Delhi, mais mettrait en place de véritables fortifications en dur, comme signe du durcissement de la lutte qu'ils comptaient mener pour leur seconde année de mouvement.

PHOTOS

Mahapanchayat commun entre étudiants et paysans à Jind dans l'Haryana le 1er novembre ; deux photos du Mahapanchayat des paysans et soutiens à Amroha le 31 octobre dans l'Uttar Pradesh où Rakesh Tikait a donné son ultimatum du 26 novembre et a appelé à monté la lutte d'un cran à partir de cette date.

En complément tous les jours le dossier Soulèvement en Inde et la rubrique Asie/Océanie de la Revue de Presse Emancipation! 

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Santé
En laissant courir Omicron, l’Europe parie sur un virus endémique
Un à un, les pays européens lèvent les restrictions comme les mesures de contrôle du virus. Certains, comme le Danemark ou la France, sont pourtant touchés par une contamination massive. Ils font le choix d’une immunisation collective, avec l’espoir de vivre avec un virus circulant tout au long de l’année à basse intensité.  
par Caroline Coq-Chodorge
Journal
Nouveaux vaccins, traitements… : des pistes pour protéger les plus fragiles
Avec des vaccins peu efficaces pour limiter la transmission d’Omicron, le raz-de-marée des infections se poursuit. Si une quatrième dose est écartée, des vaccins plus adaptés et de nouveaux traitements sont attendus pour aider à protéger les plus vulnérables.
par Rozenn Le Saint
Journal — Énergies
Nord Stream 2 : le gazoduc qui ébranle la diplomatie allemande
Entre intérêts économiques et alliances, Nord Stream 2 se retrouve au cœur des contradictions de la politique allemande. Sous pression, la coalition gouvernementale accepte finalement que le gazoduc construit pour écouler le gaz russe vers l’Allemagne par la mer Baltique soit inclus dans les sanctions en cas d’invasion de l’Ukraine.  
par Martine Orange et Thomas Schnee
Journal — Politique
À Drocourt, le bassin minier oscille entre abandon et vote Le Pen
Dans cette petite ville communiste du Pas-de-Calais, les échanges avec les habitants laissent apparaître l’ampleur de la déconnexion avec les thèmes et paroles qui rythment la campagne électorale médiatique.
par Jean-Louis Le Touzet

La sélection du Club

Billet de blog
Pour la « primaire populaire »
[Archive] Partout, dans mes relations comme sans doute dans les vôtres, les gens se désespèrent de la multiplicité des candidatures de gauche. C’est le découragement, la démobilisation des électeurs potentiels, et la probabilité d’un désintérêt conduisant à l’abstention. Même si les chances de réussite sont faibles, tout, absolument tout, doit être tenté pour éviter une cinglante déroute.
par Jean Baubérot
Billet de blog
L'étrange éthique de la « primaire populaire »
La primaire populaire se pose en solution (unique) pour que la gauche gagne aux présidentielle de 2022. Si plusieurs éléments qui interpellent ont été soulignés, quelques détails posent problème et n'ont pas de place dans les média. Il faut une carte bancaire, un téléphone portable et une adresse e-mail pour participer. La CNIL est invoquée pour justifier l’exigence d'une carte bleue.
par Isola Delle Rose
Billet de blog
Pour en finir avec la Primaire populaire
[Archive] Allons ! Dans deux semaines aura lieu le vote de la Primaire populaire. On en aura fini d'un mauvais feuilleton qui parasite la campagne « à gauche » depuis plus d'un an. Bilan d'un projet mal mené qui pourrait bien tourner.
par Olivier Tonneau
Billet de blog
La Chimère Populaire (bis)
Un prolongement du billet du chercheur Albin Wagener, sur les erreurs de la Primaire Populaire pour organiser la participation aux élections présidentielles, avec quelques rapides détours sur les formes de participation... Alors que la démocratie repose bien sur des techniques, elle est tout autant une affaire sociale et écologique !
par Côme Marchadier