Jean-Marc B
Abonné·e de Mediapart

10962 Billets

0 Édition

Billet de blog 4 mars 2022

Changement d'époque : guerre ou révolution -Jacques Chassaing

L'enlisement de la guerre en Ukraine de l'hypothèse à la réalité. En même temps, ce qui révèle l'air du temps, et pas qu'en Ukraine, c'est la résistance les armes à la main du peuple ukrainien comme les manifestations continues du peuple russe contre l'invasion militaire de l'Ukraine et contre Poutine malgré la répression féroce.

Jean-Marc B
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

SOUS LA GUERRE, LA REVOLUTION

L'enlisement de la guerre en Ukraine avec ses cortèges d'horreurs, de destructions, de massacres et de viols passe malheureusement de plus en plus de l'hypothèse à la réalité. En même temps, ce qui a surpris tout le monde et révèle ce qui est aussi dans l'air du temps, et pas qu'en Ukraine, c'est la résistance les armes à la main du peuple ukrainien comme les manifestations continues du peuple russe contre l'invasion militaire de l'Ukraine et contre Poutine malgré la répression féroce.

La guerre a déclenché un soulèvement populaire en Ukraine et sa possibilité en Russie.

D'une certaine manière, dans son discours du 2 mars, Macron en a parlé.

Il a dénoncé ceux qui disent « Ni Otan, ni Poutine ». C'est étonnant parce qu'aucune grande force politique ou syndicale en France ne s'est fait explicitement le porte-parole d'une telle formule même si Mélenchon ou Zemmour tournent autour ou encore certains à l'extrême gauche. Par contre, il y a un véritable courant d'opinion populaire autour de ce slogan. Et c'est ce courant que vise et combat Macron. Car si ce slogan n'est pas subversif tel quel parce qu'il lui manque un troisième terme, ce troisième terme sous-jacent, lui, est dangereux pour Macron et l'ordre établi. C'est « révolution ». C'est-à-dire ne plus voir la guerre en Ukraine d'en haut mais d'en bas, non plus du point de vue des États-majors et leurs stratégies, mais du point de vue des peuples, non plus voir le conflit guerrier mais la révolution en germe. Or ce troisième terme est non seulement dans la logique de la situation, il est déjà là dans le soulèvement populaire ukrainien. S'il y a bien quelque chose d'important en Ukraine aujourd'hui, c'est ce soulèvement, parce que dans ce moment bien noir, il est gage d'espoir. C'est ce soulèvement que visait Macron. Derrière sa posture bonapartiste, au dessus des partis et de la mêlée, Macron comme tous les capitalistes est inquiet. On sait quand commence les guerres. On ne sait jamais quand elles finissent et surtout si elles ne pourraient pas se transformer en révolution.

« NI OTAN, NI POUTINE » OU BIEN « GUERRE OU REVOLUTION »

Beaucoup de ceux qui se retrouvent dans le slogan « Ni Otan ni Poutine » l'ont fait leur le plus souvent, parce qu'à juste titre, ils ne veulent pas que Macron et les dirigeants occidentaux puissent paraître les chevaliers blancs de la situation alors qu'ils ont plus que tous du sang des peuples sur les mains. Ils ne veulent pas en France que Macron vole la situation et éteigne les luttes sociales en cours au nom de la guerre. Ils disent par ce slogan qu'ils ne veulent pas marcher dans l'union nationale que Macron essaie de construire derrière lui et l'Otan.

En même temps, tel quel, ce slogan est ambigu parce qu'il met un trait d'égalité entre l'Otan et Poutine alors que c'est Poutine qui envahit l'Ukraine. Aussi certains peuvent se cacher derrière cette formule pour essayer de minimiser l'horreur de l'invasion militaire de l'Ukraine par l'armée russe, parce qu'ils ne veulent pas réellement la dénoncer, ni exiger le retrait des troupes russes, bref parce qu'ils se rangent derrière Poutine et sa dictature et choisissent quand même un camp contre l'autre. Poutine plutôt que l'Otan. Il ne sert à rien de s'envoyer des invectives à ce sujet. Il faut par contre œuvrer à différencier les deux significations de ce slogan, entre un refus de l'union nationale et un soutien à Poutine..

Sentant cela, certains complètent le slogan avec « guerre de classe » : « Ni Otan, ni Poutine, guerre de classe ». Mais cela ne suffit pas. Il faut être plus précis et ne pas souhaiter une « révolution » abstraite mais voir que la révolution est en cours en Ukraine, là, maintenant, et la soutenir. Il faut souhaiter la défaite de l'armée russe, souhaiter la chute de Poutine et le dire clairement. Cela ne signifie pas pour autant souhaiter la victoire du camp de l'Otan, Biden et Macron. Il faut le dire aussi. Et c'est là que le troisième terme prend toute sa dimension : « Révolution ». Nous ne voulons pas la « paix » en général comme les grands partis et syndicats d'opposition le proclament. Nous voulons la paix entre les peuples et la guerre de classe, la paix aux chaumières et la guerre aux palais. Tout s'éclaire alors. Nous souhaitons la défaite de l'armée russe et la chute de Poutine parce que nous souhaitons la victoire du peuple russe dont de nombreuses associations et syndicats ont clairement dit que si Poutine était incapable d'aller vers la paix, il fallait qu'il quitte la place et parce que nous voulons la victoire du peuple ukrainien en soulèvement. Nous voulons la victoire du peuple ukrainien parce qu'elle peut être la victoire du peuple russe. La défaite de l'armée russe, ce n'est pas la victoire de l'Otan, de Biden ou Macron, ni même celle de Zélenski, c'est la victoire des peuples russes et ukrainiens. C'est la victoire de la démocratie par le peuple.

LA GUERRE A DECLENCHE UNE LEVEE REVOLUTIONNAIRE

Si Zélenski a montré un certain courage personnel et politique, ce n'est pas lui qui a déclenché la résistance ukrainienne comme les médias en ont construit la légende, même si son attitude l'a certainement amplifiée. C'est la résistance populaire qui l'a entraîné à ses positions courageuses. S'il distribue des armes aux unités de défense territoriale où vont les ukrainiens qui veulent se battre, c'est parce que le peuple ukrainien cherchait déjà à s'armer, sa fabrication de cocktails molotov en témoigne. Zélenski a distribué des armes parce qu'il ne voulait pas que les syndicats ouvriers le fassent. C'est pourtant ce qui serait nécessaire : l'armement du prolétariat en tant que tel. Que chaque entreprise, chaque quartier, ait sa milice, devienne une place forte d'organisation du peuple en armes. Et qu'ainsi ce prolétariat en armes approfondisse la révolution à travers la guerre et y encourage aussi le peuple russe. Passera-t-on en Ukraine, du peuple en armes derrière Zelenski au prolétariat en armes pour lui-même ? C'est bien possible parce que ça a commencé comme ça. Des ouvriers d'entreprises, des salariés d'écoles, s'organisent sur leur lieu de travail pour fabriquer des cocktails molotov, des gilets pare-balles ou des défenses anti-chars. Et puis, ce sont aussi les mains nues que la population affronte les chars russes, protège ses centrales nucléaires, et surtout, s'adresse au soldats russes pour leur dire de rentrer chez eux. Plus encore, par delà l'armée ou les unités de défenses territoriale, sont apparus un peu partout des comités d'auto-défense populaire et des assemblées populaires, en particulier dans les villages, prenant de fait le pouvoir qui prennent déjà un certain nombre de décisions ensemble et, la plus importante, faut-il résister ?

DES ARMES POUR L'UKRAINE ?

C'est un armement moral et politique du peuple ukrainien. On parle à ce propos de sentiment national ukrainien. Peut-être, mais c'est plus que cela, car ce sentiment n'est pas nationaliste, il n'est pas anti-russe – en tous cas pour le moment, - il est anti-Poutine. Il pourrait être celui des russes eux-mêmes mais aussi celui des Biélorusses ou de ceux du Kazakhstan qui en se battant contre leurs propres dictateurs se battent aussi contre Poutine. Il peut devenir celui des prolétaires du monde entier car il abrite un sentiment contre tous les dictateurs et toutes les oppressions. Ce sentiment est le nôtre.

Quoi qu'il en soit, nous ne sommes pas pacifistes. Oui, il faut des armes pour l'Ukraine, et pas « neutraliser » l'Ukraine ni être neutres, mais des armes pour son peuple, qui se bat et est en train de construire son auto-organisation et sa marche possible vers l'indépendance de classe, des armes pour la révolution.

Bien sûr, les puissances occidentales livrent des armes à Zélenski, pas au peuple ukrainien et même afin de renforcer Zélenski contre lui. Mais pour le moment, le peuple et Zélenski font front commun. Et entre les unités territoriales de l'armée ukrainienne, les comités d'auto-défense et le peuple ukrainien, les frontières sont poreuses. Les armes passent de uns aux autres. Il faut des armes pour le peuple ukrainien, des brigades internationales comme il s'en dessine ici ou là l'idée et la réalisation, mais pas d'intervention militaire de l'Otan qui pourrait retourner le peuple russe et le resolidariser avec Poutine.

En même temps que des armes militaires il faut surtout des armes politiques.

LA REVOLUTION CONTRE LA GUERRE

Zélenski s'adresse au peuple russe et aux soldats russes pour qu'ils se révoltent et il a raison. Mais la meilleur manière de s'adresser au peuple russe, aux soldats russes et de saper l'autorité de Poutine, c'est de lui retirer son principal argument : l'armée russe envahirait l'Ukraine selon lui pour la libérer de l'emprise nazie. Le régime du libéral Zélenski impliqué dans les Pandora Papers n'est pas nazi, loin de là, mais il a des complaisances avec les nazis. Exactement – en plus ou en moins - comme la plupart des régimes occidentaux aujourd'hui, tout comme Macron, l'admirateur de Pétain, qui non seulement mène une politique à résonance raciste, attentatoire aux libertés mais a une forte complaisance envers les chroniqueurs d'extrême droite qui envahissent les rédactions des médias. Zélenski devrait dissoudre la brigade Azov, ouvertement nazie et intégrée à l'armée ukrainienne, tout comme cesser de rendre un hommage national les 14 octobre et 1er janvier aux milices et dirigeants nazis. Il devrait promettre un véritable référendum sur le Donbass puisque Poutine assied aussi sa propagande sur sa prétendue défense des républiques auto-proclamées de cette région.

Tout cela couperait l'herbe sous le pied à la propagande de Poutine et renforcerait les manifestants russes dont un des slogans est «la lutte contre le nazisme, commence chez nous » faisant référence à l'extrême droite dans l'appareil d'Etat russe, à ses milices dirigées par l'extrême droite comme la milice Wagner, au soutien de Poutine à de nombreux groupes d'extrême droite en Europe, en commençant par Marine le Pen en France.

Zélenski n'ira probablement pas jusque là. Ne cachons pas nos critiques à son régime sous prétexte de ne pas affaiblir le peuple ukrainien et de gagner la guerre avant de faire la révolution. C'est un vieux débat, nous ne gagnerons la guerre qu'avec la perspective d'un monde meilleur, par la perspective de la révolution sociale, en montrant qu'au travers du soulèvement populaire ukrainien, il y a la révolution en marche. Et que cette révolution, c'est aussi celle qui est en marche partout dans le monde, celle que nous voulons aussi ici.

La résistance des peuples russe et ukrainien qui a tant surpris est déjà une victoire de la démocratie révolutionnaire parce qu'il faut la situer dans la foulée de la montée mondiale des luttes qu'on voit surgir sur toute la planète depuis 2018 au moins. Celle des paysans en Inde, celle du peuple soudanais en passant même par les Gilets Jaunes. Cette résistance est de même nature que ces révoltes des peuples : on ne veut plus des exploiteurs, des oppresseurs et des fauteurs de guerre. Une victoire de Poutine serait une défaite pour ce mouvement mondial. Une défaite de Poutine serait une victoire pour ce mouvement mondial.

Macron de son côté, voudrait bien arrêter cette vague de luttes en cours en France en utilisant cette guerre à cette fin. Il ne le pourra pas si nous montrons que cette résistance des peuples russes et ukrainiens n'est pas qu'une guerre, c'est un soulèvement populaire qui a le même sens que celui de nos luttes ici. Ne pas le soutenir de toutes nos forces, c'est isoler notre propre combat. Le soutenir, c'est donner plus de force, de détermination et de conscience au nôtre.

LIER NOS LUTTES A CELLES EN UKRAINE ET EN RUSSIE

Il y a de nombreuses grèves et luttes sociales en France depuis des mois. Les prix vont bondir, les licenciements continuer.

Le gouvernement et les capitalistes vont tout mettre sur le dos de la guerre pour nous faire accepter de nouveaux reculs sociaux au nom de l'union nationale. Ils ont déjà commencé. Jadot, Hidalgo et d'autres marchent déjà dans cette union. Ne laissons pas les profiteurs de guerre s'engraisser au prétexte d'aider l'Ukraine comme les profiteurs du covid l'ont déjà fait au prétexte de protéger la santé de la population. Les luttes actuelles doivent continuer et s'amplifier. Elles renforceront le camp des prolétaires du monde, le nôtre, celui des ukrainiens et des russes en lutte et seront renforcées de leurs luttes. Pour cela, nous devons tout faire pour lier les peuples contre la guerre de Poutine, c'est-à-dire pour la révolution.

Nous ne gagnerons nos luttes ici que si nous les unifions, nous le savons. Nous ne pourrons les unifier que si nous avons la volonté de nous débarrasser de Macron. Cette guerre ne sera pas un renforcement de Macron comme certains le craignent, si nous savons montrer qu'elle a déclenché une marche vers la révolution. Et qu'on peut faire de même.

Certes, des luttes économiques s'arrêteront peut-être les semaines à venir parce que beaucoup ont le sentiment qu'il y a plus grave par ces temps de guerre ou parce qu'il faut participer à l'effort de guerre. D'autres continueront au contraire parce que la guerre paraît lointaine, ne semble pas les concerner ou encore parce que beaucoup se sentent impuissants. Mais nous nous sentons impuissants seulement parce que nous voulons arrêter la guerre par en haut, par des solutions diplomatiques, des sanctions économiques, parce que nous nous sentons étrangers à cette guerre, n'y voyant que les horreurs, mais pas le soulèvement de nos frères. Si nous voyons d'abord dans ce qui se passe en Ukraine ce soulèvement populaire, tout change, leur guerre devient la nôtre. Nous n'en sommes pas loin.

En effet, avec les luttes sociales quasi continues à l'échelle du monde et en France depuis 2016, un changement significatif de conscience était déjà en train de s'opérer au sein de larges couches des masses. De plus en plus de travailleurs comprenaient que l'unité est nécessaire pour gagner leurs luttes. Une couche importante de la classe ouvrière commençait à sentir qu'elle existait en tant que classe, en sentant sa force montante, y compris à l'échelle internationale.

Après un moment de sidération, le retour de la guerre en Europe et ses risques de généralisation pourraient bien faire gravir une marche à cette conscience. Il est bien possible qu'on passe d'un sentiment de classe qui sourd spontanément des luttes économiques actuelles à une conscience de classe plus politique et à l'échelle internationale, à l'envie de nous libérer de toux ces exploiteurs et fauteurs de guerre pour aller vers une société de paix et de fraternité. En tous cas, nous pouvons ouvrir cette perspective plus facilement qu'hier.

Les gouvernements affirment par exemple avec la guerre qu'ils sont capables de démolir l'économie russe en excluant ses banques du système swift. Exigeons qu'ils excluent les paradis fiscaux du même système. Ce qu'on peut faire pour les uns, on peut le faire pour les autres. Les milliardaires nous font la guerre économique et militaire. Faisons leur aussi la guerre.

Déjà, beaucoup sont solidaires des ukrainiens et des russes. Ils l'ont commencé par la générosité humaine, l'entraide, la solidarité. Nous pouvons donner à cette élan de fraternité contre la guerre l'objectif d'une autre humanité, de la prise en main des gouvernements du monde par les hommes de bonne volonté, ne pas laisser la direction du monde à des fous, et fixer l'objectif d'un gouvernement mondial des hommes pour les hommes contre toutes les frontières, tous les oppresseurs, les exploiteurs et tous les nationalismes.

Pour cette situation, nous devons avoir un programme transitoire qui relie les besoins économiques actuels des travailleurs exprimés par les luttes à l'objectif de prendre en main la société, de l'enlever des mains des fauteurs de guerre, en direction du socialisme : l'échelle mobile des salaires contre l'inflation, mais aussi prendre le contrôle de l'industrie de l'armement pour décider ensemble de comment orienter cette production, et puis encore renationaliser sans rachat ni indemnités des entreprises énergétiques et de santé, de la grande distribution, des assurances et des banques, des grands monopoles en général, tous placés sous le contrôle des travailleurs. Socialiser l'économie.

Enfin, dans l'action immédiate, nous pouvons lier nos luttes déjà programmées à celles en Russie et en Ukraine. Les féministes russes ont appelé à faire du 8 mars, cette journée de lutte internationale des femmes née en Russie, une journée de lutte contre l'invasion militaire de l'Ukraine par l'armée russe. Répondons à leur appel. Faisons du 8 mars 2022 une journée de lutte pour l'égalité et contre la guerre.

Et visons plus loin. Dans ce même esprit, il y a les mobilisations sociales déjà programmées en France pour les femmes, le climat, les salaires, les pensions, et puis les grèves à la RATP, la SNCF, chez les agents territoriaux, des 8, 12, 15, 17, 18, 24, 25, 31 mars. A quelques jours des élections présidentielles, nous pouvons les inscrire dans la construction d'un rapport de force répondant aux aspirations des peuples à une société plus juste débarrassée du monde du profit, portant ainsi un message mondial de paix et de fraternité.

Guerre ou révolution sociale : voilà le drapeau pour la période qui s'ouvre.

 En complément tous les jours la rubrique Politique de la Revue de Presse Emancipation!

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Écologie
Incendies en Gironde : « C’est loin d’être fini »
Dans le sud de la Gironde, le deuxième méga-feu de cet été caniculaire est fixé mais pas éteint. Habitants évacués, élus et pompiers, qui craignent une nouvelle réplique, pointent du doigt les pyromanes avant le dérèglement climatique, qui a pourtant transformé la forêt des Landes en « grille-pain ».
par Sarah Brethes
Journal
Été de tous les désastres : le gouvernement rate l’épreuve du feu
Le début du second quinquennat Macron n’aura même pas fait illusion sur ses intentions écologiques. Depuis le début de cet été catastrophique – canicules, feux, sécheresse –, les ministres s’en tiennent à des déclarations superficielles, évitant de s’attaquer aux causes premières des dérèglements climatiques et de l’assèchement des sols.
par Mickaël Correia et Amélie Poinssot
Journal
Des avocates et journalistes proches de Julian Asssange poursuivent la CIA
Deux journalistes et deux avocates américains ont déposé plainte contre l'agence de renseignements américaine et son ancien directeur, Michael Pompeo. Ils font partie des multiples proches du fondateur de WikiLeaks lui ayant rendu visite dans son refuge de l'ambassade équatorienne de Londres alors qu'il été la cible d'une vaste opération d'espionnage.
par Jérôme Hourdeaux
Journal — Écologie
Pour plus d’un quart des Alsaciens, l’eau du robinet dépasse les normes de concentration en pesticides
Dans le Bas-Rhin, des dépassements des limites de qualité ont été constatés dans trente-six unités de distribution qui alimentent en eau potable plus de 300 000 habitants, soit un quart de la population. Le Haut-Rhin est touché dans des proportions similaires.
par Nicolas Cossic (Rue89 Strasbourg)

La sélection du Club

Billet de blog
Russie, une guerre criminelle, une opinion complice ?
Une analyse du sociologue russe Lev Goudkov, qui démonte les leviers de la propagande du pouvoir russe et y voit l'explication du soutien passif, mais majoritaire apporté par la population russe à l'intervention militaire en Ukraine. Il ne cessera, selon lui, qu'avec un choc qui lui fasse prendre conscience des causes et des conséquences de la guerre, processus qui n'est pas encore engagé.
par Daniel AC Mathieu
Billet de blog
Quand la langue nous fait défaut
Les mots ne sont plus porteurs de sens, ils ne servent qu'à indiquer ce que l'on doit penser et ce qu'il est interdit de penser. La réaction du gouvernement français aux bombardements de Gaza le démontre une fois de plus.
par ekeland
Billet de blog
Les talibans en Afghanistan : un an de pédocriminalité, de mariages forcés et de suicides
[Rediffusion] Cela fait presqu'un an que les talibans ont repris le pouvoir en Afghanistan. Depuis août 2021, plus d'une centaine de femmes ont été assassinées ou se sont suicidées en Afghanistan. Les talibans apprennent aux enfants à tirer et les exploitent sexuellement.
par Mortaza Behboudi
Billet de blog
De Kaboul à Kyiv : femmes déchues de leur citoyenneté
[Rediffusion] Rien en apparence semble lier le sort des femmes afghanes à celui de leurs contemporaines ukrainiennes si ce n’est déjà la dure expérience d’une guerre sans fin. A travers leur corps de femme, peu importe leur âge, elles subissent une guerre menée contre leur statut durement gagné en tant que citoyennes ayant des droits, au nom d’une violence patriarcale que l’on espérait révolue.
par Carol Mann