Inde: les partisans de Modi se cachent, ses soutiens milliardaires fuient en jets

La colère grandit contre l'ampleur de la catastrophe covid. Le soulèvement paysan avertit que si Modi ne cède pas immédiatement aux ouvriers et paysans, il interdira aux autorités toute participation a n'importe quel événement social ou politique, des simples mariages jusqu'aux élections. Et les marches sur Delhi reprennent.

Par Jacques Chastaing

Avec officiellement 5 millions de nouveaux cas en seulement 15 jours, l'épidémie de covid fait des ravages dans un pays où le système de santé publique s'est écroulé, sapé par des décennies de grignotage et achevé par Modi, où les hôpitaux manquent de tout, de lits, d'oxygène, de médicaments, de bras... et où on ne trouve même rien de tout ça dans les campagnes, ni hôpitaux, ni lits, ni oxygène, ni médicaments, où les rares pharmacies ont été dévalisées de leurs médicaments et où les gens sont abandonnés à eux-mêmes, à leur désespoir mais aussi à leur colère.

Car associée au désespoir, la colère grandit partout et les responsables du BJP se cachent, sont injoignables, invisibles tandis que les milliardaires qui ont mis Modi au pouvoir ont fuit à l'étranger dans leurs jets privés.

Dans ce contexte, le SKM (Front Uni paysan), la coordination qui anime le soulèvement paysan, a appelé hier 3 mai une nouvelle fois les paysans et les ouvriers à se mettre au service de leurs concitoyens, en difficulté, malades ou ayant perdu leur travail, leurs revenus et leurs logements du fait des confinements et de transformer chaque lieu de mobilisation en un lieu d’accueil avec médicaments, soins, nourriture et logements pour tous les nécessiteux.

En même temps, si elle a annoncé qu'elle repoussait sa marche sur le Parlement prévue début mai en raison des circonstances, elle n'y renonçait pas, au contraire, sa nécessité en était encore plus grande et serait encore grossie des colères nées de la compréhension que le gouvernement était plus dangereux que le virus.

En s'appuyant sur le résultat des élections régionales dans 5 Etats et en particulier au Bengale occidental où le pouvoir a subi une claque monumentale et une autre défaite encore ce dimanche aux élections de panchayats dans l'Uttar Pradesh, le SKM a averti le pouvoir que s'il ne cédait pas aux revendications paysannes et ouvrières, il serait désormais banni encore plus qu'hier, de toute activité sociale et politique, de tout événement public, et ne pourrait plus tenir ne serait-ce qu'un mariage ou même participer aux élections.

En même temps, le BKU (ugrahan) et le KMSC, les deux plus importantes organisations de paysans et d'ouvriers agricoles du Pendjab, ont annoncé que les récoltes étant terminées, en plus des 100 lieux occupés en permanence au Pendjab, péages autoroutiers, stations services, hypermarchés... 1 000 tracteurs et 15 000 paysans et soutiens arriveraient aux campements de Delhi le 5 mai et beaucoup plus encore jusqu'au 10 mai, date d'une réunion nationale ouvriers et paysans pour décider de la stratégie à mener dans cette période de covid et organiser la seconde vague... de la révolte populaire.

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Les tracteurs partis du Pendjab en route pour Delhi ; funérailles de morts du covid à Varanasi dans l'Uttar Pradesh où la colère grandit contre le BJP alors que les hôpitaux publics ne font plus face, qu'il n'y a ni médicaments, ni médecins dans les campagnes et que les hôpitaux privés demandent des fortunes pour y accéder; images des combattants sur le front des campements paysans de Delhi qui illustre l'idée : "nous mourrons peut-être du covid mais nous sommes sûrs de mourir de faim si nous cessons la lutte"

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En complément tous les jours le dossier Soulèvement en Inde et la rubrique Asie/Océanie de la Revue de Presse Emancipation!

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